Du drame à la renaissance : Priscille Deborah, première femme avec un bras bionique, raconte son histoire

Dans le livre "Une vie à inventer", Priscille Deborah retrace le chemin parcouru depuis sa tentative de suicide en 2006.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Priscille Deborah équipée d'un bras bionique vient d'écrire un livre "Une vie à inventer" (France 3 Occitanie)

Elle est considérée comme la première femme équipée d'un bras bionique en France : Priscille Deborah vient d'écrire un livre avec l'aide d'une amie romancière. Une vie à inventer (éditions Albin Michel) est un témoignage très fort. Elle y raconte sa profonde dépression, sa tentative de suicide en 2006 sous le métro parisien, la perte de ses deux jambes et de son bras droit et sa remontée de l'enfer.

Rencontre avec Priscille Deborah

Rebondir après la chute

Après le drame, Priscille Deborah passe de longues journées perdue avec ce nouveau corps à apprivoiser. Peu à peu, elle parvient à puiser en elle des forces qu'elle ne soupçonnait pas. "Quand je me suis retrouvée sur mon lit d'hôpital, il m'a fallu six mois pour retrouver un sens à ma vie, ensuite j'ai fait des rencontres déterminantes qui ont été des sortes de messagers, j'ai décidé de rebondir et d'en faire une force", confie-t-elle.

En 2013, aidée par son compagnon, elle décide de se lancer dans un long combat pour avoir une prothèse bionique. Sa ténacité porte ses fruits en 2019. Opérée à la clinique Jules-Verne de Nantes, Priscille Deborah est la première femme amputée à être équipée d'un bras bionique. Une opération délicate qui a permis de réveiller les nerfs en sommeil depuis l'amputation et leur permettre, grâce aux muscles restants, de faire fonctionner ce bras. Une véritable mécanique de précision : cinq capteurs transmettent à sa prothèse les ordres du cerveau.

Un bras bionique pour peindre et écrire

Après deux ans de rééducation, Priscille Deborah s'est appropriée les gestes du quotidien. Une nouvelle vie faite de nombreuses envies et de milliers de rêves qu'elle réalise grâce à une farouche volonté d'être le plus autonome possible. "La pratique du surf m'a appris à glisser sur la vague avec le plus de légèreté possible en m’accommodant des événements plutôt qu'en essayant de les tordre, j'ai expérimenté que la résistance génère de la résistance et qu'il faut accepter la vague pour ne pas couler", écrit-elle dans son livre Une vie à inventer. 

Priscille Deborah dans son atelier de peinture à Albi (France 3 Occitanie)

Aujourd'hui, Priscille Deborah est une artiste-peintre reconnue. Elle a quitté Paris pour s'installer à Albi dans le Tarn et mène plus que jamais son combat pour faire accepter le handicap. "Ce n'est pas parce qu'on est handicapée qu'on ne peut pas être sexy, qu'on ne peut pas avoir d'enfants, il y a plein de préjugés à combattre", dit-elle. Priscille se bat aussi pour rendre accessible aux plus grand nombre, ce type de prothèse. Car l'équipement complet coûte environ 160 000 euros et n'est pas remboursé par la Sécurité sociale.

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