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La Tortue rouge

Au cinéma le 29 juin
Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
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Jouez et gagnez des places pour découvrir La Tortue Rouge de Michael Dudok De Wit avec France Info !

Synopsis

A travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, La Tortue Rouge raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain.

Entretien avec Michael Dudok De Wit

Un des thèmes est à nouveau le « longing », cette attente du héros face à la mer… Mais aussi ce que vous appelez « timelessness », l’intemporel. C’est présent dans tous vos films, on le sent dans les plans sur les arbres, le ciel, les nuages, les oiseaux qui tourbillonnent…

Oui, ce sont des moments purs et simples, qu’on connaît tous. Il n’y a ni passé ni futur, le temps n’existe plus.

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Mais le temps est circulaire aussi. Les générations se suivent. L’enfant fait les mêmes gestes que le père, franchit les mêmes rochers, subit les mêmes dangers. Chez les animaux, c’est un autre cycle : le poisson mort nourrit les mouches, qui sont mangées par l’araignée, le crabe est emporté par l’oiseau etc…

C’est ça. Le film raconte l’histoire de façon linéaire et circulaire. Et il utilise le temps pour raconter l’absence de temps, un peu comme la musique peut mettre en valeur le silence. Ce film raconte aussi que la mort est une réalité. L’être humain a tendance à s’opposer à la mort, à avoir peur de la mort, à lutter contre et ceci est très sain et naturel. Et pourtant, simultanément, on peut avoir une compréhension intuitive très belle qu’on est la vie pure et qu’on n’a pas besoin de s’opposer à la mort. J’espère que le film transmet un peu ce sentiment.

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Autre élément essentiel : l’apparition de la tortue, son côté mystérieux.

L’idée de créer une histoire avec une grande tortue est venue assez vite. Il fallait une créature de l’océan impressionnante et respectée. La tortue de mer est solitaire, paisible et elle disparaît pendant des longues périodes dans l’océan infini. Elle donne l’impression d’être proche de l’immortalité. Sa couleur rouge intense lui va bien et la créature ressort visuellement. Nous avons beaucoup réfléchi à quel point nous voulions garder un certain mystère dans l’histoire. Dans les films du Studio Ghibli, par exemple, la présence du mystérieux est très bien utilisée, je trouve. C’est évident que le mystère peut être magnifique, mais il ne doit pas être tel que le spectateur déconnecte de l’histoire. Il faut gérer cela de façon subtile… Et sans paroles, puisque le film est sans dialogue. C’est tellement simple d’expliquer les choses par une réplique, mais il y a d’autres moyens, bien sûr. Je pense en particulier aux comportements des personnages, à la musique et au montage. Et, en l’absence de dialogue, les sons des respirations des personnages deviennent naturellement plus expressifs.

Comment a été conçue la musique ?

Elle est très importante puisqu’il n’y a pas de dialogue. Je n’avais pas d’idée précise pour un style de musique spécifique. Laurent Perez del Mar a fait plusieurs propositions, dont une avec une très belle mélodie qui était parfaite pour le thème musical principal et j’étais ravi. Très vite, il a proposé de la musique à des endroits où je n’aurais pas pensé en mettre et il avait raison. Oui, il m’a souvent surpris.

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Comment se sont passées les rencontres avec Isao Takahata ?

En fait, il y avait trois producteurs depuis le début : Isao Takahata et Toshio Suzuki, les deux producteurs du Studio Ghibli, ainsi que Vincent Maraval de Wild Bunch. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois au Studio Ghibli et les deux premiers sont aussi venus en France. Dans les conversations, j’échangeais surtout avec Takahata. On parlait parfois de détails comme les habits des personnes, par exemple, mais surtout de l’histoire, des symboles et des points philosophiques : ce que le film veut vraiment raconter. Il y avait des occasions où je sentais nos différences culturelles. Pour donner un exemple, à un moment donné il y a un feu dans l’histoire et pour lui, le feu avait une valeur symbolique un peu différente que pour moi. Généralement nous étions sur la même longueur d’onde, heureusement, et je trouvais nos conversations fines et passionnantes. Il a beaucoup participé et il est officiellement qualifié en tant que « producteur artistique ».

 

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