L'artiste Refik Anadol fait sensation avec ses hypnotiques sculptures de données générées par l'intelligence artificielle

Refik Anadol mise sur les "rêves et hallucinations" de l'intelligence artificielle. A partir notamment de ressources publiques collectées, il produit des œuvres numériques visuellement captivantes.
Article rédigé par Falila Gbadamassi
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
Des visiteurs découvrent l'exposition "Unsupervised" de l'artiste Refik Anadol au MoMA (Museum of Modern Art), le mercredi 11 janvier 2023, à New York. (JOHN MINCHILLO/AP/SIPA / SIPA)

Des mousses blanches et colorées qui semblent prêtes à jaillir de leur cadre, comme des volutes, et faire mouvement vers le spectateur... Sur la Toile ou exposées dans différents pays, les œuvres de l'artiste turc Refik Anadol, qui s'appuie sur l'intelligence artificielle (IA), attirent. Unsupervised (non supervisé), l'une de ses dernières productions, qui est exposée au MoMA (Museum of Modern Art) à New York depuis novembre 2022, en atteste au vu de son audience.

Tout le travail de l'artiste, installé aux Etats-Unis, repose sur une problématique qu'il a résolue grâce à son studio, lancé en 2014 et qui réunit diverses compétences : transformer des données en pigments (lien an anglais). Ce qu'il a réalisé au MoMA illustre une expérience artistique qu'il conduit depuis des années en appliquant des algorithmes d'IA à des bases de données publiques. Unsupervised fait partie de Machine Hallucinations, un projet "qui explore l'esthétique des données basée sur les souvenirs visuels collectifs" qui a démarré en 2016, peut-on lire sur le site de l'artiste. Les données collectées par Anadol et son équipe sont traitées "à l'aide de modèles de classification par apprentissage automatique". A contrario, "Machine Hallucinations apporte un élément de surprise auto-régénéré au public."

Place à l'imagination de la machine

Le travail de son studio s'appuie sur les algorithmes DCGAN, PGAN et StyleGAN qui sont non supervisés (les données sont regroupées en fonction de leur similitude, sans aucune intervention humaine). Les œuvres alors produites sont des sculptures, des peintures 3D ou encore des installations audiovisuelles, des réponses aux questions que se posaient Refik Anadol à propos de la capacité d'une IA à "rêver" ou "halluciner".

Pour l'exposition Unsupervised, il a puisé dans la collection du musée, un ensemble de données "couvrant plus de 200 ans d'art, de la peinture à la photographie en passant par les voitures et les jeux vidéo" issus de différentes archives publiques. "Pour moi, ce qui est inspirant, souligne Refik Anadol dans une vidéo consacrée à l'expo, c'est ce qu'il se passe quand on n'utilise pas une technologie telle qu'elle nous est imposée, mais qu'on l'utilise d'une manière différente. Dans ce contexte, l'exposition Unsupervised du MoMA fait quelque chose de différent. Elle ne suit pas exactement les données d'étiquetage et n'essaie pas d'imiter la réalité. Elle essaie de créer et de spéculer sur l'imagination d'une machine". L'intelligence artificielle offre ainsi une libre interprétation des ressources dont elle dispose ou pas.

En 2022, dans le cadre de Machine Hallucinations, Refik Anadol avait ainsi produit une sculpture de données pour le Centre Pompidou - Metz. Elle reposait "sur plus de deux cents millions d’images liées à la nature". Résultat : "une toile numérique de 10mx10m, soit 100m² d’image en mouvement permanent" baptisée Rêves de nature.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.