Festival d’Avignon 2023 :  Léonie Pernet revisite de fond en comble avec génie "Ziggy Stardust", de David Bowie

L’impatience était palpable dans la fraîcheur de la cour du Lycée Saint-Joseph d’Avignon pour découvrir la refonte, cinquante ans plus tard, de l’album phare du glam rock.
Article rédigé par Jacky Bornet
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
Yovan Girard, Léonie Pernet et Jean Sylvain le Gouic réinterprète "The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" dans la cour du Lycée Saint-Joseph au Festival d'Avignon le 16 juillet 2023. (RAYNAUD DE LAGE
CHRISTOPHE

)

Commande du Printemps de Bourges à Léonie Pernet, magicienne de l’électro, cette réinterprétation de The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, qui apporta la consécration à David Bowie en 1972, est coréalisée avec le festival d’Avignon. Concept album eschatologique, la fin du monde qu’il annonce colle à notre époque, avec la crise climatique, les guerres et les extrémismes politiques qui prolifèrent. Léonie Pernet, avec Jean Sylvain le Gouic et Yovan Girard en ont donné une version totalement réinventée, historique.

L’Afrique en orbite


Depuis l’ouverture du festival d’Avignon au spectacle vivant, donc à la musique et non plus au seul théâtre, elle reste intimement conditionnée à sa dimension dramatique. The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars entre dans ce cursus puisque l’album raconte une histoire. Celle d’un monde qui n’a plus que cinq ans à vivre, quand un extraterrestre vient délivrer un message d'amour et de paix, avant d'être anéanti par ses excès. Léonie Pernet adapte le conte à la donne contemporaine en imaginant une Afrique en orbite autour du Soleil qui revient vers la Terre, porteuse d’un message d’espoir.

Léonie Pernet ne voue pas une passion particulière pour David Bowie, et encore moins envers sa période glam. Mais musicienne, elle reconnaît les grandes œuvres, mieux, elle les transcende. Ce recul lui permet de mieux s’approprier Ziggy Stardust. Pas de solos de guitare nostalgiques ici, mais des synthétiseurs volcaniques soutenus par des percussions telluriques qui remplissent l’espace idéal de la cour Saint-Joseph. Le concert, mirifique, a soulevé d'enthousiasme toute l’audience.

Sombre et épique


L’instrumentation n’est pas qu’électronique, la basse de Jean Sylvain le Gouic charpente le set, et le violon de Yovan Girard joue d’harmonies orientales qui finissent dans des vrilles hallucinées. Le grand piano à queue Steinway au milieu de la scène est mis à contribution, et Léonie Pernet frappe des tambours rythmiques et résonnants. La tonalité musicale est sombre, jouant de basses fréquences vibrantes, mais la fougue l’emporte par ailleurs dans de grands instrumentaux grooves et épiques.


La voix de Bowie se mêle parfois à celle de Léonie Pernet, alors qu’un Ziggy africain (Oko Obombo) danse coiffé de la chevelure rouge de "l'homme qui venait d'ailleurs". Léonie Pernet emmène Ziggy Stardust sur la planète afro-futuriste, cette frange africaine de la science-fiction aux ambitions prospectivistes. Sa musique en phase avec son temps fait entendre l’avenir.

Dates de tournée
10 novembre 2023
Théâtre d’Angoulême
11 novembre
La Sirène Smac de La Rochelle
12 novembre
Stereolux, à Nantes

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