"Beau is Afraid" : Joaquin Phoenix dans un cauchemar psychologique délirant signé du cinéaste Ari Aster

Dans le troisième long métrage halluciné du nouveau maître de l'horreur américain Ari Aster, en salles mercredi 26 avril, Joaquin Phoenix vit un cauchemar éveillé dans la peau de Beau, un homme pétri d'angoisse et de culpabilité.
Article rédigé par franceinfo Culture avec AFP
France Télévisions - Rédaction Culture
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L'acteur américain Joaquin Phoenix incarne Beau dans "Beau is Afraid" d'Ari Aster. (TAKASHI SEIDA - A24 FILMS 2023)

C’est la BBC qui résume le mieux l’affaire en le qualifiant de "film le plus bizarre de l’année". Beau is Afraid est la nouvelle fantaisie dérangée d’Ari Aster, 36 ans, l’un des nouveaux maîtres de l’horreur américain, en salles mercredi 26 avril.

Beau évolue dans une réalité alternative

"Ce film c’est comme si vous envoyiez un enfant de 10 ans bourré de Zoloft [un antidépresseur] faire les courses", décrit Ari Aster à propos de son nouveau film, qu’il voit aussi comme "une version juive du Seigneur des anneaux". Vous ne comprenez pas de quoi il retourne ? Les spectateurs qui l’ont vu non plus. Durant près de trois heures, leurs nerfs sont mis à rude épreuve au fil d’une épopée malaisante à bord de la psyché d’un personnage paranoïaque joué par le génial Joaquin Phoenix.


Le film se déroule sur une semaine dans la vie de Beau Wasserman, un juif américain entre deux âges, bedonnant et malheureux, suivi par un psychiatre. Pétri d’angoisse et de culpabilité, il évolue dans une réalité alternative dystopique et se débat surtout avec une figure maternelle toxique et castratrice qui vient le hanter dans sa sexualité. Lorsque qu'il tente de rejoindre sa mère, le monde semble se liguer contre lui.

Un collage surréaliste


Le rôle est porté par un Joaquin Phoenix qui se donne une nouvelle fois à corps perdu, campant un personnage aussi sombre que dans l'inoubliable Joker (dont il tourne actuellement la suite avec Lady Gaga), la violence en moins. Les tableaux baroques et virtuoses se succèdent dans un tourbillon ininterrompu et le spectateur, secoué, perd régulièrement le fil. De fait, ce collage surréaliste à bord d'une âme humaine torturée fait voler en éclat la notion même de narration.  

Auteur des remarqués Hérédité et Midsommar, des films qui renouvelaient les codes du genre horrifique, le réalisateur et scénariste américain Ari Aster signe avec ce long-métrage son projet le plus démesuré et le plus personnel à ce jour, dans lequel il avoue avoir condensé beaucoup de ses propres névroses. "Ce film me ressemble plus que tout ce que j’ai pu faire auparavant, confie-t-il dans les notes de production, "il contient ma personnalité et ma vision de l'humour". Aster y déploie en tout cas avec une liberté folle sa prodigieuse imagination et ses propres obsessions, laissant le spectateur pantelant, sonné. Un film à expérimenter autant qu'à voir.

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