Le tournage de "Mission : Impossible" à Paris a généré "entre 35 et 40 millions d'euros" de retombées

Michel Gomez, délégué cinéma à la ville de Paris, a expliqué, mercredi sur franceinfo, que le tournage du dernier volet de la saga "Mission : Impossible" avait eu des retombées positives pour la capitale, en termes financiers et d'emploi.

Le réalisateur Christopher McQuarrie et l\'acteur Tom Cruise, lors du tournage de \"Mission : Impossible\" à Paris, le 3 mai 2017.
Le réalisateur Christopher McQuarrie et l'acteur Tom Cruise, lors du tournage de "Mission : Impossible" à Paris, le 3 mai 2017. (STRINGER / AFP)

En salles mercredi 1er août, le dernier volet de la saga Mission : Impossible a été tourné en grande partie à Paris pendant plus de deux mois au printemps 2017. Un tournage qui a déjà généré des retombées économiques importantes "entre 35 et 40 millions de dépenses effectuées", a indiqué Michel Gomez, délégué cinéma à la ville de Paris, mercredi sur franceinfo. Le film aux nombreuses cascades devrait aussi avoir un impact en matière de tourisme : "On sait aujourd'hui parfaitement bien qu'un film comme Mission Impossible va accentuer et dynamiser l'image et la notoriété de la ville dans le monde entier."

franceinfo : Comment procède-t-on pour obtenir un tel tournage ?

Michel Gomez : Aujourd'hui, l'ensemble des productions internationales, qu'elles soient américaines, chinoises, brésiliennes et autres, connaissent l'attractivité de Paris en matière de tournage. C'est donc elles qui vont prendre contact avec nous. Il y a d'autres éléments qui peuvent les inciter à venir à Paris, puisque depuis quelques années, le gouvernement français a mis en place des systèmes d'incitation financière, ce qu'on appelle du crédit d'impôt, qui rend Paris aussi attractif que d'autres grandes capitales mondiales. Mais, la première motivation est une motivation qu'on peut qualifier d'artistique. C'est le choix de vouloir tourner dans cette ville et ces décors particuliers. On peut y ajouter du coté de Mission : Impossible un véritable volontarisme très particulier sur le fait de vouloir tourner à Paris, même s'il y avait eu dans les mois qui précédaient des événements tragiques et dramatiques.

C'est le réalisateur Christopher McQuarrie qui a voulu rendre hommage à Paris ?

Rendre hommage et montrer que la vie continuait, oui. Ce qui a d'ailleurs toujours été la politique de la ville et de la préfecture de police en matière d’accueil de tournage. Même dans ce contexte compliqué, ils se sont poursuivis à Paris. Ils ont même largement augmenté au cours de ces dernières années.

Il y a des scènes très impressionnantes dans le film avec des courses-poursuites et un hélicoptère qui se pose à Bercy. Comment s'est passé le tournage ?

La première chose à dire est que ce genre de tournage se prépare très longtemps à l'avance. Il a eu lieu en avril-mai de l'année dernière, une période complexe en plus avec les élections, ce qui faisait qu'il y avait un certain nombre de jours pendant lesquels on ne pouvait pas tourner. Mais on a commencé à travailler avec la production plus de six mois avant. Un film américain de cascades est compliqué à préparer parce qu'il faut neutraliser la circulation, gérer le stationnement des véhicules techniques. Il y a plus d'une centaine de véhicules techniques. Donc beaucoup de temps de préparation avec des équipes très professionnelles qui savent exactement ce qu'elles veulent faire.

Le plus compliqué était de faire en sorte que les Parisiens ne prennent pas peur.Michel Gomez

Concernant la séquence de l'hélicoptère à Paris, qui est un hélicoptère militaire, comme le survol de Paris par des hélicoptères est sous la compétence de la DGAC c'était plus simple à caler. On a fait fuiter l'information dans la presse et on avait fait mettre des panneaux tout le long des quais de manière à ce que l'automobiliste qui tourne la tête et qui voit tout d'un coup un hélicoptère avec des hommes en armes ne soit pas surpris.

Peut-on dire que les retombées économiques ont été importantes pour les acteurs économiques de la capitale ?

J'ai toujours eu le sentiment qu'en-dehors de quelques cas de figure particuliers comme Amélie Poulain, il est rare qu'une touriste décide juste à la vue d'un film de venir à Paris. Par contre on sait aujourd'hui parfaitement bien qu'un film comme Mission : Impossible va accentuer et dynamiser l'image et la notoriété de la ville dans le monde entier, puisque c'est un film qui a des sorties mondiales et qui va faire des entrées très importantes. Une ville qui reste dans l'imaginaire des gens, et cet imaginaire est largement entretenu par les films, par les séries, mais les pubs aussi, c'est une ville qui peut déclencher une visite. Et puis cette équipe est restée pendant deux mois à Paris. Il y a eu entre 35 et 40 millions de dépenses effectuées. Il y a eu par exemple plus de 7,5 millions de dépenses et de restauration, donc les retombées sont directes. Et puis surtout n'oublions pas le principal : l'emploi. Ce sont des centaines de techniciens qui ont travaillé pendant des mois sur ce film.