L'acteur Jean-Louis Trintignant, légende du cinéma et du théâtre, est mort à l'âge de 91 ans

Jean-louis Trintignant est entré dans l'histoire du cinéma avec trois sommets de sa carrière : "Un homme et une femme" de Claude Lelouch (Palme d'or en 1966), "Z" de Costa Gavras (prix d'interprétation à Cannes en 1969) et "Amour" de Michael Haneke (César en 2012). 

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France Télévisions Rédaction Culture
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L'acteur et réalisateur Jean-Louis Trintignant, le 20 mai 2012 à Cannes. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Jean-Louis Trintignant est mort, vendredi 17 juin, à l'âge de 91 ans, a annoncé sa famille à l'AFP. L'acteur de Et Dieu... créa la femme et Amour est "mort paisiblement, de vieillesse, ce matin, chez lui, dans le Gard, entouré de ses proches", a précisé son épouse, Mariane Hoepfner Trintignant. 

Cinéma : la légende Jean-Louis Trintignant s’est éteinte

Plus de 120 films

"Si on fait un passage sur cette terre, il faut essayer de faire quelque chose". Cette maxime, Jean-Louis Trintignant se l'est appliquée tout au long d'une vie bien remplie. On se souviendra de l'acteur aux mille facettes qui ne goûtait guère les apparitions publiques sur un tapis rouge et sous les flashs des photographes. On se souviendra aussi de cette voix si particulière.

Jean-Louis Trintignant a tourné dans près de 120 films depuis 1956, dont le cultissime Et Dieu créa la femme de Roger Vadim avec Brigitte Bardot dont il fut le compagnon. Il aurait pu jouer à l'infini des rôles de séducteur, mais il a choisi de s'engager dans un registre tout autre. Il opte pour les personnages de "faux faible" comme dans Le fanfaron de Dino Risi ou de "vrai salaud" comme dans Paris brûle-t'il ? de René Clément, où il endosse le costume d'un traître.

Cannes, la consécration

En 1966, il est à l'affiche du film de Claude Lelouch Un homme et une femme avec Anouk Aimée. Le film remportera une Palme d'or à Cannes. Trois ans plus tard, il revient sur la Croisette dans Z de Costa Gavras. Son rôle de petit juge qui tient tête aux militaires lui vaut le prix d'interprétation. 

Dans les années 80 et 90 il cultive les extrèmes au cinéma. De Rohmer à Chabrol en passant par Bertolucci. Il joue dans La Banquière mais aussi dans Le Bon Plaisir ou Le Grand Pardon.

Du cinéma au théâtre

En 1998, à la surprise générale, il annonce qu'il tourne son dernier film : Ceux qui m'aiment prendront le train de Patrice Chéreau. Il ne prend pas sa retraite pour autant. Il veut "simplement faire du théâtre". Au théâtre, où il ne se lasse pas de donner la réplique à sa fille dans Comédie sur un quai de gare mise en scène par Samuel Benchetrit au théâtre Hébertot à Paris. Mais en 2003, la mort de Marie sous les coups de Bertrand Cantat met fin à cette belle complicité. Trintignant est dévasté.

Ce décès tragique n'allait plus cesser de le hanter: "J'aurais pu arrêter ma vie à ce moment-là". Poussé par ses proches, il était remonté sur scène, trouvant une "thérapie" dans la poésie et le théâtre. Apollinaire, Jules Renard, jusqu'au bout il aura prêté sa voix aux auteurs qu'il vénérait.


Seule l'obstination de Michael Haneke le convaincra de revenir au cinéma dans Amour, aux côtés d'Emmanuelle Riva. Leur interprétation leur vaudra à chacun un César.



En 2017, il annonçait souffrir d'un cancer. En 2019, à la surprise générale, Jean-Louis Trintignant retrouve, à l'âge de 88 ans, 53 ans après Un homme et une femme, le réalisateur Claude Lelouch et sa partenaire Anouk Aimée, dans Les plus belles années d'une vie, présenté Hors compétition sur la Croisette. 

"Ce qui est intéressant, en 40 ans, c'est de pouvoir être plusieurs personnages, d'épouser plusieurs vies", avait déclaré Jean-Louis Trintignant dans les années 1990. "C'est un privilège qui est réservé à très peu de gens. Le grand bonheur dêtre comédien c'est ça".

  (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

 

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