Kambozia Partovi, figure du cinéma iranien, est mort du Covid-19

Kambozia Partovi s'est d'abord imposé comme pionnier du cinéma social pour enfants, avant d'élargir sa filmographie. Egalement scénariste, il a co-écrit "Le Cercle" de Jafar Panahi, primé à Venise et la super-production "Mahomet" de Majid Majidi.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Le scénariste et réalisateur iranien Kambozia Partovi lors de la remise de son prix du meilleur scénario au Festival international de la Berlinale, 12 février 2013 (AVENTURIER PATRICK/SIPA)

Le cinéaste Kambozia Partovi, scénariste du seul film iranien couronné par un Lion d'or à Venise, est mort mardi 24 novembre du nouveau coronavirus, a annoncé la Fondation Farabi, chargée de la promotion du cinéma de la République islamique. Réalisateur et scénariste, Kambozia Partovi, 64 ans, l'un des "cinéastes influents du cinéma iranien pour enfants" est décédé à l'hôpital Dey à Téhéran, a écrit la Fondation dans un message de condoléances sur son site internet.

Pionnier du "cinéma social" pour enfants

Né à Rasht, dans le nord de l'Iran, Partovi a commencé sa carrière en 1987 avec Mahi ("Poisson" en persan) et s'impose rapidement comme un représentant important d'un nouveau courant : le cinéma social pour enfants. Mais il ne s'est pas limité à ce genre.

En tant que scénariste, il a collaboré avec plusieurs réalisateurs iraniens de renommée internationale notamment Abbas Kiarostami, Jafar Panahi et Majid Majidi. Il est à ce jour le scénariste le plus primé (quatre fois) par le Festival Fajr de Téhéran.

Partovi a co-écrit le scénario de la super-production Mahomet, réalisée par Majid Majidi et qui passe pour le long-métrage le plus cher de l'histoire du cinéma iranien. Le film, qui retrace l'enfance du prophète des musulmans avait été condamné comme "païen" et "hostile à l'islam" par les autorités religieuses de l'Arabie saoudite rivale régionale de l'Iran chiite et tête-de-file d'un islam sunnite particulièrement rigoriste.

En 2000, Partovi est coscénariste du long-métrage Le Cercle, qui aborde la question des épreuves des femmes dans son pays et devient le premier film iranien - et à ce jour le seul - à remporter le Lion d'or de la Mostra de Venise.

"Café transit"

Quelques années plus tard, son film Café transit, racontant l'histoire d'une veuve qui décide de reprendre le petit restaurant de bord de route que tenait son mari, est choisi pour représenter l'Iran aux Oscars 2007, mais il ne sera pas sélectionné par le jury de Hollywood.

En 2012, il avait réalisé clandestinement avec Jafar Panahi un long-métrage intimiste, Pardé ("Le Rideau fermé"), éloge des libertés individuelles, qui reçoit l'année suivante l'Ours d'argent du meilleur scénario à Berlin.

La République islamique avait alors protesté auprès des organisateurs de la Berlinale, leur reprochant d'avoir récompensé un film tourné sans "autorisation".

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