"Papicha" : rencontre en Corse avec l'équipe du film algérien qui a ému Cannes

L'équipe du film algérien "Papicha" s'est retrouvée à Ajaccio pour une avant-première très attendue. 

L\'équipe du film Papicha lors du festival de Cannes 2019
L'équipe du film Papicha lors du festival de Cannes 2019 (© MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY)

Sélectionné à Cannes dans la section Un certain Regard, Papicha est également dans la course aux Oscars 2020. Choisi pour représenter l'Algérie, c'est le premier long-métrage de la réalisatrice algérienne Mounia Meddou. Il sortira en salles le 9 octobre.

Le film raconte le parcours, dans les années 90, d'une jeune femme, Nedjma, qui rêve de devenir styliste et vend, le soir, ses créations aux "Papichas" (terme qui désigne les jeunes filles d'Alger) dans les boîtes de nuit. Mais la situation politique se dégrade, tout comme la condition des femmes. Nedjma ne veut pas se soumettre et décide d'organiser un défilé de mode. Le film avait fait impression sur la croisette. 

Bande annonce "Papicha" de Mounia Meddour

Une avant-première en Corse

Avant sa sortie au mois d'octobre, Papicha a été présenté en avant-première à Ajaccio. Un moment particulièrement important pour l'un des producteurs du film, le Corse Paul-Dominique Vacharasinthu. "De par mon vécu, il y a des choses qui m’ont plus touché dans le scénario que d’autres. Ici, on a une histoire politique très forte. On a connu des moments de tensions plus ou moins forts ", explique-t-il. 

"Tout Algérien a son histoire dans le sang"

L'Algérie des années 90, les attentats, la peur, les représailles... une histoire récente qui résonne encore très fort. Comme le rappelle l'une des actrices, Shirine Boutella. "Mes grands-parents ont été menacés de mort, j'ai des amis qui ont connu des explosions... tout Algérien a son histoire dans le sang, donc on se sent automatiquement concerné. C'est pour ça que j'avais vachement envie de faire ce film".

Une révolte qui fait aussi écho aux récentes manifestations contre le régime de Bouteflika. Même si les combats n'étaient pas les mêmes. "A l'époque, cette jeune femme se battait contre une situation politique dure, l'intégrisme" explique la réalisatrice Mounia Meddour. "Aujourd'hui, c'est une population beaucoup plus mûre, très connectée au niveau des réseaux sociaux et qui dénonce une situation économique et sociale complètement différente de l'époque du film"