Coronavirus : Vincent Lindon se demande comment la France a pu en arriver là et propose une taxe Jean Valjean au profit des plus pauvres

Dans une longue vidéo sur Mediapart, Vincent Lindon livre ses réflexions sur la situation et propose une taxe sur les grandes fortunes en faveur des foyers les plus pauvres

Vincent Lindon au festival de Deauville (12 septembre 2019)
Vincent Lindon au festival de Deauville (12 septembre 2019) (JULIEN DE ROSA / EPA / MAXPPP)

"Comment avons-nous pu en arriver là ?", se demande le comédien Vincent Lindon dans une longue réflexion, intense et émouvante, qu'il a lue face caméra pour une vidéo publiée sur Mediapart mercredi 6 mai, et dans laquelle il propose d'assujettir les plus riches à une taxe "Jean Valjean" pour aider les foyers les plus pauvres.

"Comment ce pays si riche, la France, sixième économie du monde, a-t-il pu désosser ses hôpitaux jusqu’à devoir, pour éviter l’engorgement des services de réanimation, se résigner à se voir acculé à cette seule solution, utile certes, mais moyenâgeuse, le confinement ? Nous qui, au début des années 2000 encore, pouvions nous enorgueillir d’avoir le meilleur système de santé du monde", s'interroge l'acteur, dont le texte est aussi publié in extenso sur le site d'information.

Vincent Lindon, absent des réseaux sociaux comme le souligne Mediapart, se définit comme "spécialiste en rien, intéressé par tout", souhaitant faire entendre "une voix simplement citoyenne". Il se pense "pas plus (légitime) qu'un autre sans doute, mais pas moins non plus, ayant pris soin de consulter nombre d'avis autorisés".

"Start up nation" et "Gaulois réfractaires"

Il revient longuement sur la surdité du pouvoir face aux mouvements et aux mises en garde des personnels soignants et plus largement du secteur public, "qui subit depuis des décennies les coups de boutoir des présidents qui se succèdent avec toujours la même obsession : réduire la place de l'Etat dans l'économie".

Il fustige plus particulièrement la politique d'Emmanuel Macron et sa "'start up nation' où les 'premiers de cordée' allaient tirer vers les cimes ces 'Gaulois réfractaires'", revient sur l'affaire Benalla, le mouvement des gilets jaunes et sa "répression brutale, policière", la "réforme des retraites dont une majorité de(s) Français ne veut pas".

"Occupés à bâtir leur nouveau monde, les responsables n’accordent qu’une attention distraite à un virus agressif qui, parti de Chine, va très vite ravager la planète et envahir la totalité de l’espace politique, donnant à nos gouvernants l’occasion de montrer l’étendue de leur compétence", note le comédien qui épingle "les déclarations absurdes et contradictoires", de la gravité de la pandémie à la question des masques.

Une contribution exceptionnelle, baptisée "Jean Valjean"

"Déjà insupportables, les inégalités ont explosé avec la pandémie. Confinés dans des logements exigus ou contraints d’affronter les périls, les plus fragiles vivent des jours terriblement difficiles. Et leurs lendemains ne chantent pas. Après la crise sanitaire, ils seront sûrement les premières victimes de l’inévitable catastrophe économique et sociale", souligne Vincent Lindon.

Alors "Que faire ?" Il conclut sur des propositions, suggérant d'instaurer une "contribution exceptionnelle, baptisée 'Jean Valjean'" : elle serait financée par les patrimoines français de plus de 10 millions d'euros, "à travers une taxe progressive de 1 % à 5 %, avec une franchise pour les premiers 10 millions d’euros". Le produit serait distribué "aux quelque 21,4 millions de foyers trop pauvres pour être assujettis à l’impôt sur le revenu". Il ne "doute pas un instant que les plus riches de nos concitoyens se réjouiront de l’occasion ainsi offerte de montrer leur patriotisme et leur générosité".

Vincent Lindon propose aussi d'instituer des contre-pouvoirs, de responsabiliser les élus, de sanctionner sévèrement la corruption.