Attendue uniquement en ligne mercredi, "Wonder Woman 1984" sauvera le monde

Le deuxième volet des aventures de l'héroïne de DC Comics, très attendu par les cinémas, devait sortir fin 2020 mais la pandémie a ruiné les plans de Warner Bros, qui a fait une croix sur une sortie en salles en France et privilégié la sortie en ligne le 31 mars.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Photo du film "Wonder Woman 1984" (2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC.)

Wonder Woman 1984, la suite à gros budget des aventures de la super-héroïne, a fait une croix sur une sortie en salles en France, et sera disponible le 31 mars en ligne. Le deuxième volet des aventures de l'héroïne de DC Comics, très attendu par les cinémas, devait sortir fin 2020, mais la pandémie a ruiné les plans de Warner Bros.

Aux Etats-Unis, le film est sorti en ligne et dans les salles qui étaient ouvertes

Devant l'absence de perspective de réouverture en France, la major américaine s'est résolue à mettre en ligne son blockbuster sur les plateformes : dès le 31 mars à l'achat pour les plus mordus, le 7 avril en VOD sur la plupart des plateformes et en DVD, puis ensuite sur Canal+.

Du fait du système français de chronologie des médias, Wonder Woman fait donc une croix sur le grand écran. Il n'est pas le premier : Soul, de Pixar, n'a été vu que sur Disney +, mais d'autres y croient encore, comme le prochain James Bond, Mourir peut attendre, qui table sur une sortie en octobre, ou Cry Macho, le dernier Clint Eastwood (10 novembre).

Aux États-Unis, Wonder Woman est sorti à la fois en ligne (HBO Max) et dans les salles qui étaient ouvertes, illustration des nouvelles stratégies des studios. Le film a rapporté 165 millions de dollars au box-office, dont 45 millions aux États-Unis, selon la base de données professionnelle IMDB.

Film de comics

Pensant renouer avec le succès, DC Comics a confié Wonder Woman 1984 au même duo de femmes que le premier, qui a rapporté 822 millions de dollars : l'Américaine Patty Jenkins devant la caméra, l'actrice israélienne Gal Gadot dans le costume à la bannière étoilée.

Les fans, qui avaient découvert la super-héroïne dans un décor de Première guerre mondiale, retrouvent Diana Prince en 1984, dans l'Amérique du consumérisme triomphant. Elle mène une vie anonyme et tranquille, jusqu'à ce que les évènements l'obligent à chevaucher à nouveau la foudre. Armée de son lasso de vérité, elle doit rétablir la paix, la justice et éviter l'apocalypse.

Si le premier film narrait la naissance de Wonder Woman, celui-ci ambitionne de creuser la psychologie d'une super-héroïne qui n'a qu'une ambition : "aider l'humanité à s'améliorer", a résumé la réalisatrice lors d'une conférence de presse en ligne. "Etre un héros n'est pas facile, c'est même super-difficile" d'autant "qu'elle n'est pas parfaite elle-même et doit lutter pour faire les choses comme il faut", a-t-elle ajouté.

Mais Wonder Woman 1984 reste un film de comics, avec sa pincée d'humour et sa grosse dose de combats et de cascades, tournés pour le grand écran. "Nous avons utilisé le moins d'effets spéciaux possibles, le maximum de ce que vous voyez est vrai", a promis Gal Gadot, racontant avoir vécu en huit mois "le tournage le plus difficile" de sa carrière. De nombreuses cascades ont été tournées au moyen de câbles et de poulies, sans trucage numérique.

Se battre "à sa façon"

A l'écran, Gal Gadot se lance à pied dans une course poursuite avec une armée de chars dans le désert, ou mène un combat aérien sans temps mort face à la méchante Cheetah (Kristen Wiig). Cette dernière forme l'axe du mal avec l'homme d'affaires Max Lord, interprété par un Pedro Pascal inspiré en magnat ivre de pouvoir, à la Donald Trump, mais au bord de la faillite.

Trois ans après le premier volet, puis le triomphe côté concurrence d'une autre héroïne, Captain Marvel (Brie Larson), Gal Gadot se dit fière que Wonder Woman aide à faire émerger "des personnages féminins forts", qui vont influer de façon "puissante" le public. "Les filles ne se battent pas comme des garçons, nos corps sont différents", ajoute-t-elle : "On le fait de notre façon, et c'est bien qu'on puisse le voir à l'écran". Wonder Woman prend soin d'éviter quelques écueils : l'héroïne n'est pas là uniquement pour afficher sa plastique, et ne se bat pas pour les beaux yeux de son cher et tendre, Chris Pine.

Mais pour Sophie Bonadè, spécialiste de ce pan de culture populaire et des questions de genre, ce "féminisme" de Wonder Woman a ses limites. Certes, "dans ces films, on a des femmes qui combattent des hommes à l'écran. On le voit et on se dit, oui, les femmes peuvent se battre. Ça donne un imaginaire de femmes d'action, c'est important. Cependant, les super-héroïnes souffrent toujours d'un certain nombre de stéréotypes : la sur-sexualisation, le fait d'être toujours mises dans des relations amoureuses... Elles restent souvent cantonnées à des rôles secondaires, ou ce sont des personnages rajoutés, pas les premiers auxquels on pense. La super-héroïne reste une variation du super-héros. En multipliant les films, on finira par voir moins de stéréotypes".

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