"Un Américain à Paris" au Châtelet

C’est la première au Châtelet à Paris d’une création et d’un événement... "Un Américain à Paris", le film mythique de la Metro Goldywn Mayer qui avait révélé au public français et américain Leslie Caron sur les musiques de George Gershwin, est transformé en comédie musicale.

("Un Américain à Paris" au théâtre du Châtelet du 22 novembre au 4 janvier © Sylvain Gripois)

1951... Gene Kelly chante "I got rythm" dans les rues de Montmartre entouré d’enfants en technicolor. Soixante trois ans plus tard, le film est transformé en un spectacle d’environ deux heures et demi, comme à Broadway, avec une équipe anglo-saxonne, avec toujours la musique du compositeur, mais adaptée.

Laurent Valière a assisté vendredi soir à la générale de la comédie musicale "Un Américain à Paris", jusqu'au 4 janvier au théâtre du Châtelet
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Il y a trois ans, Jean-Luc Choplin, le directeur du théâtre du Châtelet a joint ses efforts à ceux d’un producteur américain du circuit privé de Broadway. Tous les deux avaient la même idée, transformer pour la scène ce film qui raconte les amours d’un jeune Américain à Paris et sa rencontre avec une jeune vendeuse en parfumerie. Un film qui se terminait en apothéose par un ballet audacieux d’une durée de 15 minutes sur un poème symphonique de George Gershwin intitulé "Un Américain à Paris". La danse devait être pour les deux producteurs l’ingrédient essentiel de cette nouvelle production. 

Le spectacle n’est pas une photocopie du film. Tous les dialogues ont été modifiés, des chansons du film supprimées, d’autres rajoutées pour coller au personnage, et le scénario a été entièrement revu afin de devenir plus réaliste. Désormais le héros est un GI américain resté juste à la libération de Paris et Lise, son amoureuse, vendeuse dans un grand magasin, est une jeune fille juive qui a dû se cacher durant la Seconde guerre mondiale et prend des cours de danse.

Sur scène, c’est toute l’imagerie de Paris qui est convoquée, le Pont des Arts, la Tour Eiffel, les bancs verts, les bords de la Seine. La musique a des sonorités jazz, les 19 musiciens de l’orchestre swinguent comme à la libération de Paris.Le spectacle est tellement produit à l’américaine qu’on a aussi conservé les habitudes de Broadway. 

Van Kaplan est le partenaire américain, qui va dépenser des millions en mars lorsque le spectacle ouvrira en plein cœur de Times Square : "Quand vous créez un spectacle qui n’a jamais existé auparavant, vous avez besoin d’un peu de temps pour le regarder avec un public, car la dernière phase des répétitions se déroule avec le public. Et ce sont certainement les représentations les plus excitantes pour le public également. A Broadway, le  public aime venir durant cette période et il revient ensuite ". 

Alors si vous y allez avant le 10 décembre, les représentations pourraient évoluer d’un jour à l’autre, des dialogues pourront être changés, des liaisons entre séquences revues, des mouvements de décors affinés. Paris est en fait quasiment un test avant l’ouverture dans le circuit privé à Broadway en mars. Rien ne dit que d’ici là on ne changera pas encore des notes.