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Plus de 200 œuvres de Picasso et de Giacometti exposées à Paris jusqu'au 5 février

Un dialogue entre deux maîtres de l'art moderne, c'est ce que propose jusqu'au 5 février prochain, l'exposition Picasso-Giacometti, au musée Picasso à Paris. Plus de 200 oeuvres des deux artistes sont exposées.  

Article rédigé par
Anne Chépeau - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Alberto Giacometti et Pablo Picasso sur l'affiche de l'exposition au musée Picasso, à Paris. (DR / MUSÉE PICASSO)

Plus de 200 oeuvres (peintures, sculptures, croquis) on été rassemblées au musée Picasso à Paris. Deux cents pièces à voir jusqu'au 5 février 2017 dans le cadre de l'exposition Picasso-Giacometti, deux artistes amis qui se sont inspirés l'un de l'autre.

Une amitié méconnue du grand public

Les deux peintres et sculpteurs, l'un espagnol, l'autre suisse, furent amis pendant une vingtaine d’années à partir du début des années trente, se voyant quotidiennement avant la guerre, plusieurs fois par semaine après. Une amitié méconnue, mise en lumière pour la première fois dans cette exposition. "Ils allaient dans les ateliers de l'un et de l'autre, regardaient les oeuvres de l'autre. Le dialogue artistique qu'ils ont entretenu a été oublié dans l'histoire de l'art" explique Catherine Grenier, directrice de la fondation Giacometti.

Malgré leur différence d’âge (20 ans les séparent), les deux artistes ont la même volonté d’inventer des formes nouvelles. La confrontation de leurs sculptures dans une des premières salles du musée montre d'ailleurs l’évolution respective de leur travail, du réalisme à la déconstruction cubiste.

Les femmes et la mort, deux inspirations communes

L’exposition offre ainsi de saisissants rapprochements visuels entre les œuvres des deux artistes qui partagent notamment la même fascination pour la femme, objet de désir. La "Boule suspendue" conçue en 1931 par Alberto Giacometti fait ainsi écho au "Grand nu au fauteuil rouge" peint deux ans plus tôt par Pablo Picasso. Le Suisse "schématise le corps humain à sa plus simple expression : une sphère, un croissant, des objets mobiles et tout ça induit bien sûr, une idée d'érotisme très forte. Chez Picasso, on a exactement la même façon de démenbrer le corps féminin" analyse Catherine Grenier.

La "Boule suspendue" de Giacometti, exposée au musée Picasso à Paris. Le 23 décembre 2016. (ANNE CHÉPEAU /franceinfo)

Le "Grand nu au fauteuil rouge" de Pablo Picasso, exposé au musée Picasso à Paris, le 23 décembre 2016. (ANNE CHÉPEAU /franceinfo)

La mort est aussi très présente dans l’œuvre des deux artistes qui ont pour elle, la même hantise. Ils se rejoignent dans la représentation qu’ils en font : leurs têtes de morts et crânes sculptés se répondent comme les peintures de proches sur leur lit de mort. 

Les relations entre Picasso et Giacometti étaient faites d’admiration réciproque mais aussi de rivalité : au début des années cinquante, ils se brouillent et le décès de Giacometti en 1965 les prive de tout nouveau dialogue.

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