Le musée de la Résistance de Haute-Garonne présente les photographies puissantes de Michael Kenna sur les camps de concentration

À travers l’exposition "La lumière de l’ombre, photographies des camps nazis" , le photographe anglais Michael Kenna, livre un regard profond et sensible sur ces lieux de mémoire
Article rédigé par Léna Thobie-Gorce
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le bâtiment des gardes SS, dit "Porte de la mort" à Birkenau en Pologne. (MRN - Don de Michael Kenna)

Le musée départemental de la résistance de Toulouse accueille le travail du photographe britannique Michael Kenna.  L'exposition La lumière de l’ombre, photographies des camps nazis met en avant ses images sobres et puissantes. Pendant douze ans, il a parcouru les camps de concentration et d'extermination nazis en quête d'images et de traces des horreurs passées

Exposition Michael Kenna -
Exposition Michael Kenna Exposition Michael Kenna - (France 3 Midi-Pyrénées : O. Debacker / E. Coorevits / J. Touleron)

Alors jeune étudiant, Michael Kenna est frappé par une photographie qui montre un tas de blaireaux de rasage. "C’était une montagne de blaireaux provenant des victimes et des survivants du camp d’Auschwitz-Birkenau. Ça a été la première image qui m’a frappé puissamment, parce que c'est aussi l'un des rares souvenirs que j’ai de mon propre père. C’était à la fois surréaliste et douloureux", raconte-t-il. 

Photographier pour se souvenir

Michal Kenna commence par photographier le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, près de Strasbourg et dès lors, une urgence s'impose : celle de saisir l’obscénité de tous ces lieux. "En 1986, lorsque Michael Kenna débute cette série, il se pose la question de ce qu'il restera de ces traces dans 10, 15 ans. Aujourd'hui, il y a de nombreux lieux de mémoire, mais à l'époque en 1986, ce n'est pas le cas, donc il est aussi dans une mission de préservation de ces traces", explique Antoine Grande, directeur du Musée de la Résistance et de la Déportation de Haute-Garonne.

Michael Kenna a photographié ce qu'on appelle "L'escalier de la mort", un lieu de spectacle macabre, dans le camp de concentration de Mauthausen en Autriche. (France 3 Midi-Pyrénées : O. Debacker / E. Coorevits / J. Touleron)

Les photos exposées montrent des lieux déserts, presque sanctuarisés, où l'on devine ce qui s'y passait. Il y a par exemple, cet escalier nommé "escalier de la mort", marqué par de nombreux massacres, certains hommes étaient poussés dans le vide, d'autres, contraints de s'y jeter.

"La charge émotionnelle était à son paroxysme."

Michael Kenna

Sur ces lieux, le photographe porte un regard très sensible : "Il y a un temps pour chaque projet et c’était le bon moment pour moi. La charge émotionnelle était à son paroxysme. Quand j’y suis retourné plus tard, je n’ai pas eu le même ressenti, mon regard de photographe n’avait plus la même puissance émotionnelle", explique-t-il.

Michael Kenna, a fait don de son travail photographique sur les camps de concentration et d'extermination au Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne. Cela équivaut à près de 7 000 photographies. Une partie d'entre elles est donc exposée à Toulouse jusqu’au 27 mai, puis elles le seront de nouveau au Mémorial du Camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) jusqu’au 1er octobre 2023.

Exposition "La lumière de l’ombre, photographies des camps nazis" de Michael Kenna. Musée départemental de la Résistance & de la Déportation à Toulouse. Entrée gratuite. Jusqu'au 27 mai 2023. Plus d'informations sur le site du musée.

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