Anita Conti : écrivaine, photographe et pionnière de l'océanographie

Les pêcheurs l'appelaient la "dame de la mer", elle qui avait su se faire une place sur les chalutiers. Plus de vingt ans après sa mort, il reste d'Anita Conti des livres, des clichés et des cartes, des documents conservés avec amour et admiration par son fils adoptif. Portrait d'une légende de l'océanographie.

Anita Conti Terre-Neuve, 1952
Anita Conti Terre-Neuve, 1952 (Anita Conti / Agence VU)

C'était une femme de terrain. Une femme qui n'avait pas froid aux yeux. En 1936, elle part en mer sur un bateau de pêche. Seule femme dans un monde d'hommes, elle observe, elle photographie, elle raconte, malgré la houle, malgré la rudesse de la vie à bord, malgré le froid. Elle fait sa place sur les chalutiers, au point d'être bientôt surnommée "la dame de la mer" par les pêcheurs. C'est une femme au destin extraordinaire, une aventurière, une pionnière de l'océanographie. C'est l'histoire d'Anita Conti.

Cette histoire, elle l'a transmise à Laurent Girault-Conti, son fils adoptif. Il s'attache à faire vivre aujourd'hui son héritage et environ 40 000 clichés qu'elle a pris en mer.

Lanceuse d'alerte 

En 1953, elle publie Racleurs d'océans qui retrace son périple de six mois aux côtés des pêcheurs de Terre-Neuve. Dès cette époque, elle dénonce la surexploitation maritime, telle une lanceuse d'alerte.

"J'ai su nager avant de savoir marcher", aimait à dire Anita Conti, elle qui vécut une enfance faite de voyages à travers l'Europe. Pourtant, c'est la terre et le papier qu'elle choisit d'abord. Elle devient relieuse d'art. Mais la mer l'attire et l'appelle. D'échantillonnages en reportages, elle se fait engager sur le premier navire océanographique français.

Son aventure hors du commun venait de commencer, celle d'une femme qui avait la mer dans le coeur et dans le sang.

Pour l'écouter raconter la vie en mer, à bord des chalutiers, rendez-vous sur le site de l'Ifremer, l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer.