"Le ciel comme atelier" : l'univers d'Yves Klein au Centre Pompidou Metz

La dernière exposition du centre Pompidou-Metz ouvre grand ses portes au plasticien Yves Klein. Bleu outremer, peintures de feu, monogolds, sculptures éponges sont à admirer jusqu'au 1er février 2021. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Yves Klein travaillant à l’Opéra-Théâtre de Gelsenkirchen, 1958 - (Charles Wilp / BPK, Berlin © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris, 2020)

Jusqu'au 1er février 2021, le centre Pompidou Metz présente une exposition autour de l'oeuvre d'Yves Klein (1928-1962) et de ses contemporains. 

Le ciel comme lieu de paix

En neuf sections, un dialogue thématique se construit entre Yves Klein (1928-1962), peintre emblématique de l'après-guerre, et des artistes allemands, italiens, japonais, contemporains avec lesquels il avait "des affinités profondes".

La première salle, baptisée Le monde année zéro, fait référence aux destructions de la Seconde Guerre mondiale sur lesquelles il faut créer "un art nouveau". Une Anthropophagie bleue, hommage à Tennessee Williams, d'Yves Klein, et le Combattant chinois d'un rouge carmin de l'artiste japonais Kazuo Shiraga sont côte à côte. "Les artistes ont été très marqués par la guerre et ils vont trouver cet espace sans frontières comme un lieu de paix et un lieu de nouvelles possibilités artistiques", analyse Colette Angeli, chargée de recherches et d'exposition.

 Exposition "Le ciel comme atelier. Yves Klein et ses contemporains" au Centre Pompidou-Metz (Centre Pompidou-Metz / Photo Jacqueline Trichard / 2020 /)

Bleu IKB, monochromes et hapenning

Hypnotique et énigmatique, Le bleu IKB de Klein est exposé dans les plus grands musées du monde. Une obsession qui se transforme en signature. Selon lui, cette couleur a une "dimension" que n’ont pas les autres. Spirituelle et infinie. "Cette couleur lui rappelait la mer et le ciel, il l'a utilisée à l'état pur et laissé les pigments parler pour eux-mêmes et rayonner dans l'espace", détaille encore la chercheuse

Yves Klein, Sculpture aérostatique, 1957  (Succession Yves Klein c/o ADAGP, Paris – Cliché : Archives Klein / ADAGP Images)

Si le bleu prédomine sur la palette d'Yves Klein, d'autres couleurs se déclinent également. Orange, vert, rose, jaune, dès 1955, Klein fait à Paris sa première exposition de tableaux recouverts d’une seule teinte. Il se fait immédiatement repérer et devient célèbre sous le nom d’"Yves le Monochrome"

Créateur d'objets et d'artefacts, Yves Klein ne se cantonne pas à la création solitaire. A partir de 1958, il se lance dans les Anthropométries de l’époque bleue. Une série d’environ 180 œuvres dans laquelle il développe un maximum sa technique de pinceaux vivants.

Pionnier de la performance et du happening, il convie des modèles nus enduits de peinture qui se roulent sur une feuille posée au sol. Malgré sa carrière artistique très courte, de 1954 à 1962, Yves Klein laisse une empreinte indélébile dans la peinture contemporaine. 

Yves Klein, Anthropométrie de l’Époque Bleue, (ANT 82), 1960
Pigment pur et résine synthétique sur papier marouflé sur toile, 156,5 x 282,5 cm (Paris, Centre Pompidou, Musée national d'art moderne© Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris, 2020 Photo : © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Adam Rzepka/Dist. RMN-GP)

L'eau, le vent et le cosmos

Artiste protéiforme, Yves Klein utilisait tous les éléments de la nature pour créer. L'eau, le vent et aussi le feu. Ses monogolds ou ses sculptures éponge à la feuille d'or évoquent encore cette fascination pour la matière. L'exposition met aussi en avant son travail sur le cosmos. Dans l'espace intitulé Visions cosmiques, se côtoient les installations lumineuses des Allemands Otto Piene et Günther Uecker.

Yves Klein travaillant aux Peintures de Feu à la Plaine Saint Denis. (© Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris, 2020 © Janos Kender © Shunk Harry Photo : © Centre Pompidou,)

L'exposition Le ciel comme atelier, programmée jusqu'en février 2021 au Centre Pompidou Metz

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