Palme d'or à Cannes, ce cinéaste thaïlandais explore le monde des rêves à Villeurbanne

Deux fois primé à Cannes, le cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul livre une vision très personnelle et poétique du monde des rêves à l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Apichatpong Weerasethakul, Power Boy (Villeurbanne), 2021 (Kick the Machine)

Periphery of the night, c’est le titre de cette exposition qui ouvrira ses portes du 2 juillet au 28 novembre 2021 à  l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne (IAC), près de Lyon. Le lieu a donné carte blanche au cinéaste Apichatpong Weerasethakul pour créer une installation immersive qui promet aux visiteurs une expérience à la fois sensorielle et psychique.  

Expo rêves Villeurbanne

Une vingtaine d'œuvres mêlant rétroprojection, projections suspendues, filtres holographiques rythment cette exposition de 1200 m² dans un parcours qui plonge le visiteur au cœur d’un univers peuplé d’hommes et d’animaux, de fantômes et de forêts. Un univers troublant, parfois inquiétant, à l’image de cette jungle en lisière de laquelle Apichatpong a vécu durant son enfance thaïlandaise.

Cette lisière, c’est aussi celle qui sépare le jour de la nuit, le monde réel et celui des rêves. Entre les deux, la frontière est ténue et le sommeil permet parfois de l’abolir. C’est ce monde là que le cinéaste a tenté d’explorer à l’IAC.  

Les rêves sont pour moi un monde qui intrigue et fascine. C'est l'endroit où les gens produisent leurs propres images.

Apichatpong Weerasethakul

Cinéaste

"C'est comme si dans votre sommeil, vous faisiez votre propre cinéma, poursuit le réalisateur. Dans cette exposition, j'ai souhaité m'attarder sur cette frontière entre le conscient et l'inconscient, ce passage du jour à la nuit. Cette sorte d'entre d'eux que l'on peut traverser ou dans lequel on peut rester coincé."  

Apichatpong Weerasethakul, Fireworks (Archives), 2014 (Kick the Machine)

On peut aussi être coincé dans une réalité qui nous opprime. Artiste engagé,  Apichatpong Weerasethakul a suivi et soutenu les étudiants thaïlandais qui ont régulièrement manifesté en 2020 pour demander des réformes constitutionnelles (parmi lesquelles un encadrement de la monarchie). Une jeunesse qui a besoin de rêves et d'évasion. "Les rêves, c'est la liberté, explique le cinéaste. Vous pouvez sortir de votre corps, sortir de vos problèmes. Quand vous rêvez, vous n'êtes pas contraint par votre situation sociale ou par la politique. C'est ce dont nous avons besoin en Thaïlande, d'un endroit pour nous échapper."

Un habitué de Cannes

Si son patronyme ne dit rien au grand public, les cinéphiles connaissent bien Apichatpong Weerasethakul. Ce réalisateur cinquantenaire a fortement imprimé la rétine des spectateurs cannois et des critiques à deux reprises. En 2002, il a décroché le Prix du Meilleur film dans la section un certain regard avec Blissfully yours. Puis en 2010, avec Oncle Boonme (celui qui se souvenait de ses vies antérieures), il remporte la prestigieuse Palme d’or. Cette année, Weerasethakul sera une nouvelle fois présent sur le Croisette avec Memoria, un long métrage tourné en Colombie, qui réunit Tilda Swinton et Jeanne Balibar.

Peryphery Of The Night / Exposition personnelle Apichatpong Weerasethakul

Du 2 juillet au 28 novembre 2021 à  l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne (IAC), 11 rue Docteur Dolard 69100 Villeurbanne – France t. +33 (0)4 78 03 47 00 - Du mercredi au vendredi de 14h à 18h & le week-end de 13h à 19h - Tarifs de 4 € à 6€

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Art contemporain

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.