Woody Allen pose lors du festival de Cannes, le 11 mai 2016.
Woody Allen pose lors du festival de Cannes, le 11 mai 2016. (REGIS DUVIGNAU / REUTERS)

GRAND FORMAT. Du tapis rouge à la liste noire : comment le mouvement #MeToo a fini par rattraper Woody Allen

L'ouragan Weinstein a très vite emporté des poids lourds du cinéma, mais pas ce frêle New-Yorkais de 82 ans. Woody Allen, accusé publiquement d’agression sexuelle par Dylan Farrow, sa fille adoptive, continue à réaliser des films. Longtemps oubliée et ignorée, Dylan Farrow, portée par les mouvements #MeToo et Time's Up, fait désormais entendre sa voix. Sa première interview télévisée, accordée à CBS jeudi 18 janvier, a même convaincu l'acteur Colin Firth de ne plus jamais travailler avec Woody Allen. Combien de films Allen pourra-t-il, de toute façon, encore tourner ? 

La sortie française de Wonder Wheel, avec Kate Winslet et Justin Timberlake, prévue mercredi 31 janvier, sera sans doute troublée par l'affaire qui oppose Woody Allen à sa fille. Comme la plupart de ses films, celui-ci est traversé par les fantômes de Woody Allen : le goût d'un homme âgé pour les jeunes femmes, l'explosion d'un couple, la nostalgie d'une époque révolue et fantasmée… 

"En langage codé, Wonder Wheel danse sur le fil de la vie privée du réalisateur", observe le Chicago Tribune. Codé ? A peine. "Woody Allen passe son temps à dire à son public : 'regardez, c'est moi, je ne vous mens pas !'", résume pour franceinfo Emmanuel Ethis, sociologue du cinéma. Cette fois, le cinéaste va jusqu'à nourrir ses dialogues des mots de son ex-compagne, Mia Farrow, et de ses propres arguments, empruntés à l'époque de leur tumultueuse séparation.

Cet article a d'abord été publié en janvier 2018. Nous le republions après de nouvelles informations selon lesquelles la société  Amazon Studios a suspendu la sorti du prochain film de Woody Allen, A Rainy Day in New York.

Woody Allen, Mia Farrow et leurs enfants Dylan (au centre) et Satchel (à droite), en 1992.
Woody Allen, Mia Farrow et leurs enfants Dylan (au centre) et Satchel (à droite), en 1992. (TIME LIFE PICTURES / THE LIFE PICTURE COLLECTION / GETTY IMAGES)

"Il ne devait jamais rester seul avec Dylan"

En janvier 1992, Mia Farrow découvre des photos de sa fille Soon-Yi Previn – adoptée lors d'une précédente union –, alors âgée de 21 ans, posant nue, dans l'appartement new-yorkais de Woody Allen. Il épousera la jeune femme en 1997. L'actrice enrage, le couple éclate. Woody Allen continue toutefois de se rendre régulièrement à Bridgewater, dans le Connecticut, dans la maison de Mia Farrow, pour rendre visite à leurs enfants, Dylan, Ronan et Moses. Woody Allen est très proche de la petite Dylan. Trop, pour Mia Farrow. Une "règle implicite" s’impose à Bridgewater : "Woody Allen ne devait jamais rester seul avec Dylan", raconte Vanity Fair. A cause de son comportement "inapproprié" et "trop intense" avec Dylan, Woody Allen consulte même une thérapeute.

Le scandale explose le 4 août 1992, quand une baby-sitter raconte à Mia Farrow avoir trouvé Woody Allen le visage "plongé entre les cuisses" de Dylan Farrow, 7 ans, vêtue d'une robe, assise devant la télévision. Mia Farrow conduit sa fille chez le pédiatre, qui l'examine et l'écoute, avant d'avertir les autorités. Il ne trouve pas de trace physique d'agression sexuelle, mais le récit de Dylan l'inquiète. C'est le début d’une éprouvante bataille judiciaire.

Deux enquêtes sont ouvertes, à New York et dans le Connecticut, mais Woody Allen ne semble pas vouloir coopérer. Il annule les premiers rendez-vous qui lui sont fixés à New York et quand il se présente enfin, il "regarde ailleurs avec dédain et refuse de répondre" aux questions, détaille la biographe Marion Meade, dans The Unruly Life of Woody Allen. L'enquêteur chargé de l'affaire perd son emploi quelque temps plus tard, pour "conduite contraire à l’éthique", et le dossier est enterré.

Les unes du \"New York Daily News\" sur la guerre judiciaire entre Woody Allen et Mia Farrow, les 14, 18, 19 et 20 août 1992.
Les unes du "New York Daily News" sur la guerre judiciaire entre Woody Allen et Mia Farrow, les 14, 18, 19 et 20 août 1992. (GETTY IMAGES / FRANCEINFO)

Dans le Connecticut, le procureur Frank Maco dirige l'enquête criminelle et fait appel au service spécialisé dans les abus sexuels infantiles de l'hôpital de Yale-New Haven. Face aux policiers, Woody Allen tergiverse, "essaie de poser des conditions, exige que ses déclarations ne puissent pas être retenues contre lui", détaille une enquête du Connecticut Magazine. Le procureur Frank Maco apprend aussi par ses supérieurs que "l’entourage d’Allen a engagé des détectives privés pour trouver des dossiers compromettants". Ils cherchent à savoir si l'un des enquêteurs "boit, joue ou a des problèmes de couple". Pour le procureur, il s'agit d'une "campagne destinée à perturber l’enquête, orchestrée depuis New York".

Après tout, le réalisateur est l'un des citoyens éminents de la ville de New York, aussi symbolique qu'une grosse pomme.

Marion Meade, dans The Unruly Life of Woody Allen

Au printemps 1993, le groupe d'experts de Yale-New Haven conclut que la fillette "n'a pas été abusée sexuellement par M. Allen". Dans une déclaration publique, le procureur Frank Maco déclare, malgré cela, détenir "des éléments suffisants pour poursuivre" Woody Allen. Mais afin "de protéger l’intérêt de l’enfant victime", il préfère lui éviter de témoigner dans un procès médiatique et abandonne les poursuites.

Pendant ce temps, le couple Farrow-Allen se déchire autour de la garde des enfants, réclamée par Woody Allen une semaine après les premières accusations de Dylan. Le réalisateur prétend vouloir les protéger de Mia Farrow, qu'il accuse de manipulation. Dans son jugement du 7 juin 1993, le juge Elliott Wilk, de la Cour suprême de New York, critique vivement les conclusions "catégoriques" du rapport des experts de Yale-New Haven, et estime que "les opinions de certains psychologues ont pu être biaisées par leur loyauté à M. Allen". Le juge n'est "pas certain que les preuves permettent de conclure qu’il n’y a pas eu d’abus". Il attribue la garde des enfants à Mia Farrow et prive Woody Allen de tout droit de visite à Dylan.

Kate Winslet, Woody Allen et Juno Temple, lors d\'une projection de \"Wonder Wheel\" à New York, le 14 novembre 2017.
Kate Winslet, Woody Allen et Juno Temple, lors d'une projection de "Wonder Wheel" à New York, le 14 novembre 2017. (ALLOCCA / STARPIX / SHUTTER / SIPA / REX)

Hollywood et la "culture du génie"

Woody Allen a toujours nié les faits dont l’accuse sa fille. Libéré de toutes poursuites judiciaires, il peut continuer à travailler, sous l'œil bienveillant de Hollywood. Dans les années 1990 et 2000, rien ne l'arrête et il tourne chaque année, de New York à Barcelone, certains de ses films les plus connus : Maudite Aphrodite, Tout le monde dit I love you, Harry dans tous ses états, Celebrity, Accords et Désaccords, Le Sortilège du scorpion de jade, Hollywood Ending, Melinda et Melinda, Match Point, Scoop, Vicky Cristina Barcelona… 

Les stars de Hollywood se révèlent prêtes à ignorer les soupçons qui pèsent sur lui, dans l'intérêt de leur carrière. Pour les actrices, "vu les propositions de rôles féminins à Hollywood, accepter de jouer pour Woody Allen a toujours du sens", estime Aurélien Ferenczi, journaliste à Télérama. "Allen conserve un statut d’artiste-artisan", ajoute le sociologue Emmanuel Ethis, contacté par franceinfo. Filmées par lui, ces stars trouvent "une profondeur aux yeux de tout Hollywood, qui contrebalance leur image bankable, mais la renforce aussi, paradoxalement", détaille-t-il.

Parfaitement entretenue à Hollywood, la "culture du génie", qui confère des droits étendus aux artistes, jusqu'à excuser leur comportement, agit comme une protection pour Woody Allen. En outre, l'affaire Allen n'est pas une affaire de harcèlement sexuel au travail. Il est donc d'autant plus aisé de cacher la poussière sous le tapis. Ainsi, Kate Winslet peut détourner le regard ("Je ne sais rien de cette famille", dit-elle au New York Times) et vanter "l’incroyable expérience de travail" qu'ont été ses tournages avec Woody Allen et Roman Polanski.

Je savais que mes parents seraient incroyablement fiers de me voir travailler avec Woody Allen.

Kate Winslet

Surtout, Woody Allen s'est entouré d'une redoutable chargée de relations publiques, pour éviter toute question sur cette part obscure de sa vie. La puissante Leslee Dart travaille avec lui depuis le milieu des années 1980. Lorsque le New York Daily News révèle la rupture entre Woody Allen et Mia Farrow, en 1992, l'auteur de l'article évoque avec elle la relation entre le réalisateur et Soon-Yi, qui serait à l'origine de la séparation. "Comment pouvez-vous dire ça ? C’est horrible !", ment-elle, alors que le réalisateur reconnaîtra plus tard être tombé amoureux de la fille adoptée par Mia Farrow. La scène, racontée dans The Unruly Life of Woody Allen, contribue à coller l'étiquette d'"école de menteurs" sur l’agence de Leslee Dart. 

La publiciste Leslee Dart prend la parole durant une conférence sur le cinéma, le 7 juin 2014, à Burbank, en Californie (Etats-Unis). 
La publiciste Leslee Dart prend la parole durant une conférence sur le cinéma, le 7 juin 2014, à Burbank, en Californie (Etats-Unis).  (JORDAN STRAUSS / AP / SIPA)

Au fil des ans, Leslee Dart érige un mur solide autour de son client, lui permettant d'être rarement gêné en interview. Dans les années 1990, elle fait promettre aux journalistes de ne pas poser de questions sur l'affaire et de ne pas mentionner Mia Farrow. Et encore moins Dylan, qui, pendant que son père enchaîne tournages et montées des marches à Cannes, garde le silence. Elle ne reprend la parole qu'en 2014, dans une lettre ouverte publiée sur un blog du New York Times. "Quand j’avais 7 ans, Woody Allen m'a prise par la main et emmenée vers le grenier. (...) Là, il m'a agressée sexuellement (...), murmurant que j'étais une gentille fille, que c'était notre secret, qu'il m'emmènerait à Paris et que je deviendrais une star dans ses films", détaille-t-elle.

Woody Allen n’a jamais été condamné pour aucun crime. Qu’il s’en sorte m’a hantée tandis que je grandissais. J’étais pétrie de culpabilité.

Dylan Farrow dans le New York Times

A cette période, Dylan Farrow n'est toujours pas devenue une star de cinéma, mais son père reçoit le prix Cecil B. DeMille, pour l'ensemble de sa carrière. La récompense choque son frère, Ronan Farrow, journaliste et activiste. "J'ai raté l'hommage à Woody Allen. Ont-ils évoqué la fois où une femme a publiquement confirmé qu'il l'avait agressée à 7 ans, avant ou après Annie Hall ?", tweete-t-il pendant la cérémonie.

Woody Allen répond à sa fille, dans le New York Times. Il accuse à nouveau Mia Farrow d'avoir manipulé Dylan et tente de mettre un point final à la polémique, en disant ainsi son "dernier mot sur cette affaire". Leslee Dart continue à propager la version de son client. Au lendemain de sa tribune, la chargée de relations publiques envoie aux journalistes de son carnet d’adresses "quatre e-mails en moins de 3h30", rapporte The Wrap, avec les éléments de langage et tous les liens nécessaires vers de multiples articles mettant en doute le témoignage de Dylan Farrow. La communicante n'a jamais relâché la pression. Aujourd'hui, après l'affaire Weinstein, la condition pour interviewer le réalisateur est de "ne surtout pas évoquer les scandales sexuels à Hollywood", rapportent les journalistes contactés par franceinfo. Une pratique courante en période de promotion. "Il est déjà assez compliqué d’en dévier pour évoquer leur travail passé", explique à franceinfo Aurélien Ferenczi, journaliste à Télérama.

D'autant que froisser Leslee Dart, c'est prendre le risque de compromettre son accès à un épais carnet d'adresses. Elle représente aussi Martin Scorsese, Francis Ford Coppola et les frères Coen. Selon le New York Magazine, sa liste de clients a inclus Tom Hanks, Nicole Kidman, Harvey Weinstein, Meryl Streep ou encore Hugh Grant. Les journalistes hésitent. "Y a-t-il vraiment un intérêt à poser une question à laquelle Woody Allen refusera à nouveau de répondre ?", s’interroge Aurélien Ferenczi. Selon le journaliste, c’est "à chacun de décider ou non d’interviewer Allen, selon ses convictions". Pour d'autres, "la question ne se pose même pas". Grégory Valens, qui a réalisé un long entretien avec Woody Allen pour le numéro de janvier de la revue spécialisée Positif, explique ainsi à franceinfo qu’il lui "semble évident qu'analyser l'œuvre d'un metteur en scène se fait de façon indépendante de sa vie"

Le réalisateur Woody Allen donne une conférence de presse, le 15 mai 2015, au festival de Cannes, pour son film \"L\'Homme irrationnel\".  
Le réalisateur Woody Allen donne une conférence de presse, le 15 mai 2015, au festival de Cannes, pour son film "L'Homme irrationnel".   (REGIS DUVIGNAU / REUTERS)

Woody Allen ending ?

Ces dernières années, le vent a tout de même commencé à tourner. En 2016, quelques heures avant l'ouverture du festival de Cannes et alors que Woody Allen vient présenter Café Society, Ronan Farrow publie une tribune dans laquelle il dénonce le silence de la presse : "Ce soir, le festival de Cannes s'ouvre, avec un nouveau film de Woody Allen. Il y aura des conférences de presse et un tapis rouge, où marcheront mon père et sa femme (ma sœur). Il aura des stars à ses côtés (...) Ils peuvent faire confiance à la presse pour ne pas poser de questions. Ce n'est pas le moment, ni le lieu, ça ne se fait pas", écrit-il dans le Hollywood Reporter.

Pendant la cérémonie d'ouverture, le comédien Laurent Lafitte lâche tout de même une plaisanterie à destination de Woody Allen, assis au premier rang. Une blague sur des accusations de viol, qui évoque à tous l'affaire Polanski et glace l'audience. "Ça fait plaisir que vous soyez en France parce que, ces dernières années, vous avez beaucoup tourné en Europe, alors que vous n'êtes même pas condamné pour viol aux Etats-Unis", moque l'acteur.

L'affaire est remise sur la table et les questions brûlent les lèvres des journalistes. Susan Sarandon, venue à Cannes pour recevoir un prix récompensant son engagement pour la cause des femmes, ouvre les hostilités : "Je n'ai rien de bien à dire sur Woody Allen, donc je ne pense pas que nous devrions aller sur ce terrain", répond-elle à un journaliste. Priée de préciser sa pensée, elle charge : "Je pense qu’il a agressé sexuellement une enfant."

Eclate alors le scandale Weinstein, en octobre 2017. Il éclabousse le monde du cinéma, à quelques jours de l'avant-première américaine de Wonder Wheel. Le 13 octobre, Amazon Studios, qui produit le long-métrage de Woody Allen, évince son patron, Roy Price, accusé de harcèlement sexuel. Mal à l'aise, Amazon annule le tapis rouge, prévu le lendemain, pour tenter de faire profil bas et éviter toute question sur Roy Price... ou Woody Allen. Le surlendemain, l'acteur Griffin Newman prend cette décision lourde de symboles : "Je dois m'enlever ce poids de la poitrine. J'ai travaillé sur le prochain film de Woody Allen. Je crois qu'il est coupable. J'ai donné l'intégralité de mon salaire à RAINN." RAINN (Rape, Abuse and Incest National Network) est la plus grande association américaine de lutte contre le viol, les abus sexuels et l'inceste.

Peu à peu, le mur se fissure et certains acteurs partagent leur trouble. En novembre, Ellen Page, qui a tourné dans To Rome with Love, sorti en France en 2012, écrit sur Facebook : "Faire un film avec Woody Allen est l'un des plus gros regrets de ma carrière". "J'ai honte de l'avoir fait (...) j'ai commis une terrible erreur", enchaîne-t-elle. Un mois plus tard, une nouvelle tribune de Dylan Farrow, dans le Los Angeles Times, réveille d'autres consciences. En janvier, l'acteur David Krumholtz déclare regretter "profondément" d'avoir joué dans Wonder Wheel. Même sentiment chez l'actrice Mira Sorvino (Maudite Aphrodite), victime de Harvey Weinstein, et l'actrice-réalisatrice Greta Gerwig (To Rome with Love). "Les textes de Dylan Farrow m'ont fait réaliser que j'avais aggravé la souffrance d'une autre femme, et cette prise de conscience m'a brisé le cœur", raconte Greta Gerwig au New York Times.

Timothée Chalamet et Rebecca Hall, qui jouent tous les deux dans le prochain film de Woody Allen, A Rainy Day in New York, dont la sortie est prévue fin 2018, ont, eux, choisi de renoncer à leur cachet. Timothée Chalamet refuse de "tirer profit de son travail sur ce film" et reverse "l'intégralité de son salaire à trois organisations" : la fondation Time's Up, RAINN et le centre LGBT de New York. 

Cette année a changé ma façon de voir et ressentir tellement de choses.

Timothée Chalamet, sur Instagram

Désormais, comment réagira un public qui ne peut plus ignorer les accusations martelées à chaque occasion par Ronan Farrow ? Chacun peut choisir de croire, ou non, le récit de sa sœur Dylan et les témoignages de ses proches. Chacun peut continuer à voir Woody Allen, à travers ses personnages, comme un "type chétif, inoffensif mais mentalement trituré, toujours susceptible d’attendrir la belle fille de l’assemblée", comme le décrit Emmanuel Ethis. Cette image du réalisateur reste rassurante, car "très différente de l’aspect que renvoie Weinstein", archétype du prédateur, puissant et physiquement imposant. Pour Emmanuel Ethis, Woody Allen "possède ses spectateurs, ses aficionados". "Ce noyau lui accordera toujours un crédit sans faille", estime-t-il.

L'affaire Weinstein et le mouvement #MeToo ont toutefois permis "de définir une nouvelle norme", poursuit le sociologue. Aujourd'hui, "le silence n'étant plus de mise, cela permet de déplacer la norme en disant : 'Nous ne l'acceptons plus'. Tout ce qui va se passer désormais va être lu à l'aune de cette norme partagée", poursuit le sociologue, interrogé par franceinfo. Et cela fait dire à certains observateurs que la carrière de Woody Allen "est finie". Sur le site IndieWire, le critique David Ehrlich est affirmatif : "A Rainy Day in New York sera son dernier film". Verra-t-il seulement le jour ? Fin août, 2018, les studios Amazon ont déclaré qu'"aucune date de diffusion n'était prévue".