(YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

GRAND FORMAT. Bienvenue à Longyearbyen, la ville de l'Arctique interdite aux faibles

Ce serait bête de mourir dans un cimetière. Pourtant, en cet hiver polaire, chaque pas jusqu'aux tombes de Longyearbyen laisse craindre le pire. Sur les hauteurs de cette petite ville de Norvège, plus proche du pôle Nord que de la capitale, Oslo, le sol gelé est recouvert d'une couche de neige. Pour atteindre les sépultures, il faut quitter la route, traverser la petite piste de ski de fond et, sur une quinzaine de mètres, défier le dénivelé de la montagne Sverdruphamaren. Deux rennes, imperturbables, cherchent un brin d'herbe sauvage à grignoter, sans prêter attention à notre pas mal assuré.

Nous y voilà, par -13 °C en plein après-midi, mardi 27 mars : le cimetière de Longyearbyen, la nécropole de tous les fantasmes. Selon d'innombrables articles parus dans la presse internationale, repris notamment par franceinfo en mars, il est illégal de périr à Longyearbyen. "Mourir a été interdit dès 1950, après qu'on a découvert que les cadavres enterrés dans le cimetière local ne se décomposaient tout simplement pas à cause du froid", assurait ainsi le site du Guardian (en anglais) en 2015. Aucun mort n'aurait acquis le droit d'y reposer depuis près de soixante-dix ans.

Pourtant, sur les croix rivalisant de blancheur avec la neige, plusieurs plaques prouvent le contraire. Des morts ont été déposés sous terre au cours des dernières décennies. Alors, qu'en est-il vraiment ? Peut-on rendre l'âme en paix dans cette contrée de l'Arctique ? Longyearbyen, la ville la plus au nord de la planète – et, par certains aspects, la plus "à l'ouest" – ne demande qu'à révéler ses secrets.

Le cimetière de Longyearbyen (Norvège), le 27 mars 2018.
Le cimetière de Longyearbyen (Norvège), le 27 mars 2018. (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

A l'Arctique de la mort

C'est une journée tranquille dans le petit hôpital de Longyearbyen, un bâtiment en bois de deux étages, isolé du gel grâce à des pilotis. Aucun des sept lits n'est occupé et le personnel n'a que quelques consultations à mener. John Aksel Bilicz se présente en avance à notre rendez-vous et nous conduit dans la salle, déserte, qui accueille les proches des patients. S'il y a un homme qui côtoie les défunts dans cette ville de 2 100 habitants, c'est bien lui. "On a généralement cinq ou six morts par an, parfois aucun", affirme le patron des lieux, en poste depuis 2004.

Presque tous les décès enregistrés dans l'archipel du Svalbard surviennent de manière brutale : crise cardiaque, suicide, accident de motoneige, avalanche, voire attaque d'ours polaire. Sourire en coin, le soignant de 61 ans, assis dos aux montagnes enneigées, lance : "Les morts n'écopent d'aucune amende." Toutefois, en l'absence de services spécialisés dans cet hôpital, les patients nécessitant une prise en charge à long terme sont systématiquement renvoyés vers le continent.

Aucune personne âgée ne reste ici plus de quelques jours. On leur dit de partir.

John Aksel Bilicz

Le responsable du "Longyearbyen Sykehus" garde le souvenir de deux patientes, obstinées, qui ont souhaité défier les consignes et rendre leur dernier souffle sous le 78e parallèle nord. "L'une était vraiment très malade et avait besoin de soins, raconte-t-il. Elle a été renvoyée dans sa ville d'origine en Norvège, sans heurt mais le cœur lourd. La seconde était gravement malade, je lui ai expliqué que nous n'avions pas les moyens de prendre soin d'elle. Elle est morte si vite que la question ne s'est pas posée plus de quelques jours."

John Aksel Bilicz marche dans l\'hôpital de Longyearbyen, le 28 mars 2018, où est exposé un jeune ours polaire tué en 1988 alors qu\'il agressait un homme.
John Aksel Bilicz marche dans l'hôpital de Longyearbyen, le 28 mars 2018, où est exposé un jeune ours polaire tué en 1988 alors qu'il agressait un homme. (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

Dans les rares cas où des habitants du cru meurent à Longyearbyen, ils peuvent prétendre à une place dans le cimetière local. A une condition : s'être préalablement fait incinérer sur le continent. Des avions postaux se chargent du transport des corps jusque-là et les pompes funèbres prennent le relais.

"On n'enterre que des urnes funéraires pour des raisons pratiques, explique le pasteur du Svalbard, Leif Magne Helgesen. Il est difficile de creuser la terre, et puis les corps risqueraient d'être conservés dans la glace." Une telle préservation des cadavres favoriserait la survie de bactéries, qui risqueraient de ressurgir en cas de dégel. Ce scénario a été pris au sérieux par une équipe internationale de scientifiques, qui, en 1998, est allée jusqu'à étudier les restes de victimes de la pandémie de la "grippe espagnole" de 1918 enterrées ici. Aucun virus actif n'a finalement été retrouvé.

Leif Magne Helgesen pose devant l\'église du Svalbard, le 27 mars 2018, à Longyearbyen.
Leif Magne Helgesen pose devant l'église du Svalbard, le 27 mars 2018, à Longyearbyen. (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

La loi du plus fort

Bien conscients de l'hospitalité toute relative de leur hôpital, les retraités de Longyearbyen font souvent leurs valises avant les premiers ennuis de santé. Certains avec un pincement au cœur, surtout s'ils font partie des meubles, selon le pasteur de 57 ans, un homme aux airs de Russell Crowe. "Mais la plupart sentent que le moment de partir est venu et que cette ville n'est plus faite pour eux."

Privée de service de gériatrie, Longyearbyen l'est aussi de maison de retraite ou d'infirmières à domicile. Tout est fait pour indiquer la sortie aux personnes devenant dépendantes. Même avoir un chat pour occuper ses vieux jours est impossible, car des règles environnementales strictes interdisent la présence de félins dans l'archipel.

La sélection naturelle au Svalbard ne s'arrête pas là. Dans cette microsociété où chacun est prié de pouvoir se débrouiller seul, la prise en charge sociale est quasi inexistante. Ne cherchez pas d'hébergement d'urgence ou de logement social à Longyearbyen, il n'y en a pas. Les chômeurs peuvent prétendre à des allocations, mais à condition d'accepter rapidement des offres d'emploi. Ces dernières étant rares à Longyearbyen, ils sont contraints, in fine, de rejoindre le continent.

Ici, une simple défaillance économique peut même conduire à des expulsions. "De novembre 2016 à février 2018, la gouverneure a demandé à quatre personnes de quitter le Svalbard à cause de leur manque de ressources financières et d'hébergement", affirme son porte-parole. Des journalistes locaux gardent en mémoire le renvoi de travailleurs étrangers dormant dans une buanderie et d'un homme squattant les cuisines du bâtiment universitaire.

Installé à Longyearbyen depuis 2008, Mark Sabbatini redoute d'être le prochain sur la liste des expulsés. Après avoir ôté bonnet, écharpe et gants, nous le retrouvons assis, comme à son habitude, à la première table du café Fruene, dans la zone commerciale du centre-ville. Ce frêle Américain de 50 ans est le fondateur d'Icepeople (en anglais), "le journal alternatif le plus septentrional du monde", qu'il rédige bénévolement. Jusqu'ici, il vivait sur un gros héritage familial ; il peine désormais à payer son loyer.

L'idée de me faire expulser m'empêche de dormir la nuit. J'ai peur de ne plus être là la semaine prochaine.

Mark Sabbatini

Reconnaissable à son large chapeau noir et à son accent américain nasillard, Mark Sabbatini sait qu'il lui faut trouver un emploi pour poursuivre son rêve arctique. Mais, pour la deuxième fois en six ans, il s'est fracturé la hanche, fin janvier. Lui qui se déplaçait déjà avec des béquilles avec embouts neige a mis plus de 24 heures à alerter les secours. "J'étais terrifié à l'idée d'appeler l'hôpital, confie-t-il. Je savais que j'allais être transféré sur le continent, avec une énorme facture à la clé, et que je risquais d'être interdit de retour au Svalbard." En attendant de trouver une solution, il boucle un nouveau numéro de son hebdo et garde un œil sur ce coffee shop où le tout Longyearbyen défile.

La rue principale de Longyearbyen, le 29 mars 2018.
La rue principale de Longyearbyen, le 29 mars 2018. (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

"Un pour tous" ou "chacun pour soi" ?

Prêts pour une nouvelle ascension ? Pour rejoindre l'église depuis le centre-ville, il faut traverser la petite rivière Longyearelva, encore gelée en cette saison, et grimper par la route menant à une ancienne mine de charbon. Cette fois, des gravillons limitent le risque de chute. Non loin du but, une sculpture rend hommage à un adolescent de la ville, Johannes Buø, tué comme 68 autres personnes lors du massacre d'Utoya en 2011. A quelques jours des célébrations de Pâques, Leif Magne Helgesen nous attend dans sa "Svalbard Kirke", dont l'intérieur ressemble plus à un chalet qu'à une cathédrale.

Le pasteur s'inquiète pour la jeunesse locale. "Quand vous grandissez sans personnes âgées autour de vous, il y a quelque chose d'anormal, souligne ce globe-trotteur protestant, passé par les Etats-Unis, la France, les Balkans, les camps palestiniens ou encore les prisons norvégiennes. Certes, les personnes âgées ont besoin d'une forme d'assistance, mais elles apportent d'autres choses en retour."

Ici, sans anciens, sans SDF, sans toxicos, dans cette communauté de gens forts, l'égoïsme est un danger qui plane.

Leif Magne Helgesen

Le religieux en chaussettes – depuis l'âge d'or des mines, il est d'usage de se déchausser dans les bâtiments publics – s'emploie donc à sensibiliser les habitants aux problèmes liés à la pauvreté dans le monde, aux guerres et au changement climatique. Il salue leur capacité à se mobiliser pour des actions locales et internationales. "Il y a beaucoup d'entraide au sein de la communauté, qui forme une seule famille dépassant ses diverses nationalités, religions, opinions politiques", assure-t-il.

Ces dernières années, marquées par des avalanches mortelles en pleine ville, cette population de "gens forts" a découvert une forme de peur et de vulnérabilité inédite. "Cela rappelle que la vie est fragile et parfois dure, estime le pasteur. Mais cela a aussi révélé le meilleur en termes de solidarité. Quand quelqu'un souffre, que ce soit de la solitude, de l'obscurité ou d'autre chose, tout le monde souffre avec lui. C'est Les Trois Mousquetaires : 'Un pour tous et tous pour un'." Le journaliste Mark Sabbatini en sait quelque chose : lui a pu compter sur une cagnotte de soutien en ligne après sa récente fracture de la hanche.

Le maire de la commune, Arild Olsen, reconnaît que "cette société peut vite devenir un peu artificielle". Mais il préfère insister sur la qualité de la cohabitation entre les différentes communautés, preuve, selon lui, d'une "société très tolérante, où les habitants se soutiennent les uns les autres". Surtout, rappelle-t-il, "cela ne fait que quelques années que le Svalbard a commencé à accueillir une société normale, il faut donc avancer lentement et prudemment".

Longyearbyen est une ville récente, fondée en 1906, qui ne s'est dotée d'un conseil municipal démocratiquement élu qu'en 2002. Durant l'essentiel du XXe siècle, la vie dans cette vallée était régie par l'entreprise d'exploitation de mines de charbon Store Norske, qui contrôlait l'économie (y compris une monnaie locale), ainsi que l'immobilier, les services publics et les infrastructures. Les mineurs et leurs familles représentaient l'essentiel de la population.

A la fin du siècle, le gouvernement norvégien a repris les affaires en main pour faire de cette cité minière une ville plus ordinaire. Un tournant qui s'est accéléré avec l'effondrement de la production de charbon depuis 2007. Désormais, l'industrie touristique a supplanté les mines, qui n'emploient plus qu'une centaine de personnes. La recherche scientifique s'est aussi développée, en lien notamment avec le réchauffement climatique. C'est à Longyearbyen qu'a été installé, en 2008, le "grenier de l'humanité", un bunker de réserves de semences devant résister à tous les aléas.

Rebekka Nordtømme pose dans son jardin au bord du fjord de Longyearbyen, le 28 mars 2018. A l\'arrière-plan, la cheminée de la centrale à charbon de la ville.
Rebekka Nordtømme pose dans son jardin au bord du fjord de Longyearbyen, le 28 mars 2018. A l'arrière-plan, la cheminée de la centrale à charbon de la ville. (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

Une vie à court terme

Ce 28 mars, Rebekka Nordtømme fête ses 70 ans. Cela fait près de cinquante ans que cette femme de mineur vit au Svalbard, où elle a connu "l'ancien Longyearbyen". Elle y a élevé ses enfants (dont un, mort dans un accident de motoneige, a été enterré au cimetière), elle y a travaillé et elle y profite désormais de sa retraite. Cette ancienne commerçante sait que son histoire dans cette ville sans pareil touche à sa fin. "On a pensé à partir il y a deux ou trois ans, confie-t-elle, dans sa jolie maison au bord du fjord, avant son repas d'anniversaire. La plupart de nos amis sont morts ou sont déjà retournés en Norvège, à cause de leur état de santé, du climat ou de la fermeture des mines. On a rénové une maison sur le continent, on peut partir quand on veut."

Rebekka Nordtømme aimerait qu'il devienne possible de naître, de vivre et de mourir à Longyearbyen, avec une protection sociale adaptée. "On a essayé de le demander aux autorités mais on nous a répondu non, assure-t-elle, résignée. C'est politique. Le gouvernement n'en veut pas."

Sur ce point, les autorités à Oslo sont claires. Dans la feuille de route sur le Svalbard publiée en 2016 (en anglais), le gouvernement souligne qu'"il n'y a pas d'intention de développer davantage les services" proposés à la population.

Longyearbyen ne deviendra pas une communauté où l'on vit du berceau au tombeau.

Ministère norvégien de la Justice et de la Sécurité publique

Cette détermination découle d'un des principaux axes de la politique norvégienne au Svalbard : "maintenir des communautés norvégiennes dans l'archipel". Depuis le traité international de 1920 reconnaissant la souveraineté de la Norvège sur le Svalbard, les citoyens de la quarantaine d'Etats signataires ont le droit de s'installer et de travailler librement sur ces îles, même sans visa, titre de séjour ou permis de travail. Près d'un habitant sur trois est de nationalité étrangère, avec une forte représentation de Thaïlandais, de Suédois et de Russes.

A défaut de pouvoir renégocier le traité, les autorités cherchent à contenir l'accroissement de la population étrangère en limitant l'Etat-providence (sans en priver les Norvégiens de passage, qui continuent à en bénéficier sur le continent). Dans le même temps, elles tentent d'encourager l'installation de jeunes familles norvégiennes, en mettant l'accent sur la faible fiscalité locale et sur la qualité de l'offre éducative, sportive et culturelle. 

Selon Birgit Brekken, le gouvernement s'offre une forme de paix sociale en empêchant le développement d'un Longyearbyen multi-générationnel. Pour cette femme de mineur de 66 ans à la langue bien pendue, l'important turn-over dans la population, qui est renouvelée de 20% tous les ans, permet aux autorités norvégiennes d'assurer leur mainmise géopolitique sur le Svalbard. "Si vous vivez à un endroit pour une courte période, vous vous contentez des choses telles qu'elles sont, avance-t-elle. C'est un bon moyen pour le gouvernement d'éviter toute contestation." Un résident australien, Jason Roberts, oppose au cas de Longyearbyen l'exemple de l'archipel britannique des Malouines, au large de l'Argentine, "où des familles vivent depuis des générations et où le pouvoir central est rejeté".

Jason Roberts pose à Longyearbyen, le 29 mars 2018.
Jason Roberts pose à Longyearbyen, le 29 mars 2018. (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

"Il faut avoir un grain quelque part"

Conscients que la moindre faiblesse pourraient leur coûter leur place à Longyearbyen, les habitants acceptent la dure loi de l'Arctique, version polaire de la loi de la jungle. "On vit quand même dans un cadre extrême, avec un climat rude et quatre mois de nuit permanente ; il est normal de devoir être bien portant, juge Mark Sabbatini. Si l'on profite de la formidable liberté d'installation ici, il faut accepter, en retour, de devoir peut-être partir."

La vie ici est comme la nature du Svalbard : si attirante, et pourtant si cruelle.

Mark Sabbatini

"Pour venir ici, il faut avoir un grain quelque part, reconnaît l'Australien Jason Roberts, arrivé en 1991 en tant que plongeur dans un restaurant. Les gens ne viennent pas ici pour y faire leur vie mais pour vivre une expérience. Il n'y a pas de gens conformistes, normaux, tout le monde a en soi une part d'explorateur, d'aventurier."

Dans les rues, il n'est pas rare de croiser des promeneurs armés d'un fusil, qu'ils doivent décharger ou laisser à l'entrée des commerces où ils se rendent. Le vestiaire de l'église dispose d'un coffre-fort accueillant les armes des fidèles. Car, si Longyearbyen est l'une des villes les plus sûres du monde, s'aventurer hors du centre-ville sans précaution peut s'avérer fatal. Le port du fusil est obligatoire pour pouvoir se protéger des attaques d'ours polaires. Tous les étudiants de l'Université du Svalbard sont même formés au tir lors de leur arrivée.

Des panneaux interdisant le port d\'armes à feu, le 27 mars 2018, à l\'entrée du supermarché de Longyearbyen.
Des panneaux interdisant le port d'armes à feu, le 27 mars 2018, à l'entrée du supermarché de Longyearbyen. (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

Comme de nombreux habitants, Jason Roberts s'est installé à Longyearbyen après avoir été conquis par la beauté sauvage de l'archipel, dont il est devenu l'un des meilleurs connaisseurs. "C'est un endroit plein de paradoxes, résume-t-il, autour d'un thé et d'un bol de cookies importés. J'y ai perdu des amis morts sous la glace ou dans des avalanches, mais aucun dans un accident de la route." A 50 ans, il est aujourd'hui l'une des références mondiales du documentaire animalier, auteur de séquences avec des ours blancs pour la BBC qui ont fait le tour du monde. C'est en côtoyant ces redoutables mammifères qu'il a percé le secret de Longyearbyen.

L'ours polaire est à l'image de cet endroit : il est méga-dangereux et, pourtant, on a méga-envie de le câliner. Il faut être un peu fou pour s'y frotter.

Jason Roberts