"Depuis septembre, je ne touche qu'un tiers de mon salaire", témoigne une enseignante

Roxane, professeure dans un établissement professionnel, explique percevoir son salaire partiellement depuis la rentrée. Elle multiplie les démarches, sans succès.

Un enseignant dans une salle d'examen à Paris, le 17 juin 2015.
Un enseignant dans une salle d'examen à Paris, le 17 juin 2015. (MARTIN BUREAU / AFP)

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Cela ressemble à une bonne nouvelle. La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé la création d'un millier de postes dans les lycées professionnels, lundi 18 janvier. Mais cette annonce fait bondir Roxane. "C'est très bien, mais si on commençait par payer ceux qui font déjà cours ?" lance cette enseignante.

Professeure contractuelle dans l'enseignement supérieur professionnel à Paris, Roxane ne reçoit qu'une partie de son salaire depuis septembre dernier, raconte-t-elle à francetv info. Par ailleurs, son compagnon, également professeur contractuel dans l'enseignement secondaire professionnel, mais dans l'académie de Créteil, n'a toujours pas perçu son salaire depuis le début de son contrat, en novembre. "Neuf cent quarante et un euros par mois pour deux temps pleins, ça fait juste pour payer le loyer", confie-t-elle.

"On nous dit que ça va arriver"

L'enseignante a pourtant déjà effectué un CDD dans le même établissement l'an dernier. "Ils ont déjà tout, mes coordonnées, mon RIB, je suis dans les fichiers. Or, depuis septembre, je ne touche qu'un peu plus d'un tiers de mon salaire. Mon compagnon, lui, n'a rien touché. Pourtant on se lève tous les matins, on fait classe, on corrige les copies", explique Roxane.

Face à cette situation, l'enseignante assure multiplier les démarches. "Chaque jour, on appelle les rectorats, on nous dit que ça va arriver. On a aussi contacté les syndicats qui nous ont dit d'écrire en recommandé. C'est ce que l'on a fait. On a reçu un accusé de réception fin décembre et, depuis, toujours pas de salaire", détaille-t-elle.

Un passage obligé ?

Contacté par francetv info, le rectorat de Créteil indique ne pas avoir eu de "remontées générales de non versement de salaires". "Il est difficile de s'exprimer sur des cas individuels", ajoute-t-on.

Angelina Bled, du syndicat SE-Unsa, confirme qu'il n'y a pas de problème général. "Avec les contractuels, c'est souvent du cas par cas. Ça peut arriver, des retards de paiement. Cela peut avoir du mal à se mettre en place", ajoute-t-elle.

Selon Roxane, leurs cas ne sont pourtant pas isolés. "Quand on s'adresse à nos collègues titulaires, on nous dit : 'c'est normal, ça nous est aussi arrivé quand on était contractuels. Il faut puiser dans le plan d'épargne en attendant'. Mais moi, je n'ai pas de plan d'épargne. Et c'est pas normal que ce soit un passage obligé", s'indigne Roxane.

Sur Twitter, d'autres enseignants affirment eux aussi avoir subi ces retards de salaires.