Défilé du 1er-Mai du FN : un quadruple flop pour Marine Le Pen

Traditionnel moment fort de l'année pour le parti, le défilé 2015 du Front national a connu plusieurs ratés, vendredi, qui ont plombé l'ambiance.

Des militantes Femen perturbent le discours de Marine Le Pen à Paris, le 1er mai 2015.
Des militantes Femen perturbent le discours de Marine Le Pen à Paris, le 1er mai 2015. (MICHAEL BUNEL / NURPHOTO / AFP)
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L'édition 2015 du traditionnel défilé parisien du 1er-Mai du Front national ne restera pas comme un bon souvenir dans l'histoire du parti. Alors que tout avait été préparé au millimètre, dans un contexte déjà tendu dans la famille Le Pen, rien ne s'est passé comme prévu. Francetv info revient sur les quatre événements qui ont plombé cette journée symbolique pour le FN.

Les Femen interrompent le discours de Marine Le Pen

Alors que la présidente du Front national, Marine Le Pen, commence à parler depuis une estrade positionnée place de l'Opéra, trois militantes Femen ont surgi sur le balcon d'une chambre d'un hôtel tout proche, déroulant des banderoles où il était écrit "Heil Le Pen". La même inscription était peinte sur leurs torses nus. Un happening qui a contraint la présidente du FN à interrompre son discours durant de longues minutes.

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Après plusieurs minutes, le service d'ordre du Front national a finalement réussi à accéder au balcon, délogeant violemment les trois militantes. Comment ont-ils réussi à accéder à leur chambre ? Selon les informations de France 2, quatre à cinq personnes du service d'ordre du parti sont entrées dans l'hôtel. Il y aurait alors eu confusion. Un employé de l'hôtel les aurait pris pour des policiers en civil, et les aurait donc accompagnés à la chambre occupée par les Femen, avant de leur ouvrir la porte.

Un peu plus tôt dans la matinée, deux autres militantes Femen avaient déjà perturbé le défilé du Front national. Evacuées par le service d'ordre du FN puis par des policiers, elles ont été copieusement insultées par des militants frontistes. 

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Jean-Marie Le Pen s'invite sur scène

Après un mois d'avril marqué par de multiples provocations – chambres à gaz, défense de Pétain dans Rivarol –, Jean-Marie Le Pen n'était pas le bienvenu sur l'estrade. Aucune place ne lui avait d'ailleurs été réservée.

Le président d'honneur du FN est pourtant monté sur scène, vêtu d'une immanquable parka rouge, a levé les poings, applaudi par une partie de l'assistance, avant de repartir immédiatement en voiture, refusant d'assister au discours de sa fille.

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Des journalistes agressés

De son côté, une équipe de trois personnes du "Petit journal" de Canal+ a été agressée dans le défilé par des militants FN, avant d'être exfiltrée par le service d'ordre du parti frontiste. "L'une de nos deux équipes sur place a été prise à partie par des militants FN qui les ont frappés, notamment au dos et dans la nuque, mais ils vont bien", a expliqué une porte-parole de Canal+.

Un cameraman, un journaliste et un ingénieur ont été "encerclés par plusieurs militants après une interview de Bruno Gollnisch", puis frappés par des participants au défilé. Le député européen a lui-même longuement agrippé la perche du preneur de son de Canal+, après avoir tenté de l'atteindre avec son parapluie. La chaîne n'a pas encore décidé si elle allait porter plainte.

Un peu plus tard, la présentatrice de "C à vous" Anne-Sophie Lapix a signalé qu'un de ses équipes avait aussi été agressée, insultée et menacée. Une caméra a même été cassée.

Une affluence relativement faible

Sous un ciel gris, l'affluence n'a pas été au rendez-vous. Un journaliste de l'AFP fait état d'une fréquentation moindre qu'en 2014, de l'ordre d'une baisse de 30% selon la police et de 80% selon le FN.

Sur place, plusieurs journalistes et militants ont constaté cette moindre affluence.