Les derniers textes budgétaires élaborés sous Hollande sont entachés d'"insincérités", dénonce la Cour des comptes

Les sages de la rue Cambon prévoient un déficit public à 3,2% en 2017. 

La Cour des comptes, le 20 septembre 2016. 
La Cour des comptes, le 20 septembre 2016.  (BERTRAND GUAY / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Le déficit public devrait atteindre 3,2% du produit intérieur brut (PIB) en France en 2017 "sans mesures fortes de redressement", soit 0,4 point de plus que l'objectif fixé sous François Hollande, estime la Cour des comptes dans son audit des finances publiques remis jeudi 29 juin au gouvernement. Dans ce document, les sages de la rue Cambon se montrent très sévères sur les textes budgétaires du gouvernement sortant, jugeant qu'ils sont entachés "d'insincérités".

Commandé par le Premier ministre, Edouard Philippe, à la haute juridiction financière afin de disposer d'une publication "transparente" avant l'élaboration du premier budget du quinquennat Macron, ce rapport évalue le risque de dérapage budgétaire "à politique inchangée". En d'autres termes, il ne se base que sur les décisions publiques prises lors du précédent quinquennat, et non sur les promesses de campagne d'Emmanuel Macron.

"Efforts sans précédent" pour respecter les engagements européens

Le risque de dérapage en 2017 résulte "quasi exclusivement d'une sous-estimation des dépenses de l'Etat, sur lesquelles les pouvoirs publics disposent pourtant des capacités d'action les plus directes", déplore la Cour des comptes. Or, les constats effectués par la Cour "étaient, pour l'essentiel, identifiés par les administrations, et donc connus du gouvernement dès l'automne 2016, et de manière plus précise encore, en avril dernier", ajoutent les magistrats financiers.

Dans ce contexte, pour ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB en 2017, conformément aux engagements européens de la France, et le réduire encore plus ensuite, le nouveau gouvernement devra mettre en œuvre des efforts d'économie "sans précédent", avertit la Cour. En 2017, cela "suppose de reporter ou annuler toutes les mesures d'accroissement de dépenses publiques non encore mises en œuvre, et de prendre des mesures d'économies supplémentaires portant sur toutes les administrations publiques", selon la juridiction financière.