Calais : la Défenseure des enfants inquiète pour plus de 300 mineurs isolés avant le démantèlement partiel de la "jungle"

Alors que la partie sud du bidonville doit être évacuée avant mardi soir, l'adjointe de Jacques Toubon dénonce le sort réservé à plus de 300 enfants.

L'entrée sud de la "jungle" de Calais (Pas-de-Calais), le 20 février 2016. 
L'entrée sud de la "jungle" de Calais (Pas-de-Calais), le 20 février 2016.  (JULIEN PITINOME / NURPHOTO / AFP)
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La Défenseure des enfants alerte sur le sort de plus de 300 mineurs isolés dans la "jungle" de Calais. "Quand on voit des enfants dans la boue et le froid, on ne peut envisager de démantèlement de la 'jungle' comme cela est prévu par l'Etat", a déclaré Geneviève Avenard, lundi 22 février. Et l'adjointe du Défenseur des droits Jacques Toubon de continuer : "La prise en charge et le recensement de chaque enfant doivent être organisés et les catégories d'enfants doivent être déterminées."

Dans un communiqué diffusé lundi soir, la préfecture du Pas-de-Calais rappelle que deux recensements ont été effectués sur ce point par l'association France Terre d'asile, spécialement missionnée, un le 5 janvier dénombrant "316 mineurs isolés étrangers au sein de la lande" et un second réalisé les 9 et 12 février en recensant 326. L'Etat a donné aux migrants vivant dans la moitié sud du camp jusqu'à mardi soir, 20 heures, pour évacuer les lieux. Un référé pour suspendre l'exécution de cette mesure sera examiné dans l'après-midi par le tribunal administratif de Lille (Nord).

"Les conditions de vie sur le camp ne sont pas dignes"

La Défenseure des enfants a passé la matinée de lundi à recueillir "les témoignages et constats des associations" sur le sort des mineurs vivant dans le bidonville. "Leurs conditions de vie ne sont pas dignes et décentes", a-t-elle jugé. "Nous avons vu un enfant de 7 ans isolé, c'est-à-dire sans famille", déplore Geneviève Avenard. Selon elle, il est "urgent de mettre en œuvre un plan structuré, précis, d’accompagnement lors de ce démantèlement", a-t-elle déclaré au micro de France Info. Il faut proposer "des lieux d’hébergement dans lesquels ils vont pouvoir bénéficier d’un accompagnement psychologique", ajoute-t-elle.

Selon la préfecture, des maraudes "spécifiques" ont bien lieu sur le camp afin de recenser et de mettre à l'abri les mineurs isolés étrangers et "d'identifier les mineurs isolés en situation de détresse" pour une "mise en relation avec les opérateurs du conseil départemental en vue de leur placement""C'est bien l'ensemble des services de l'Etat et de ses opérateurs qui identifient et orientent quotidiennement les mineurs présents sur la Lande vers une mise à l'abri", indique la préfecture.