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RECIT. Alcool, drogues, vitesse... Comment Johnny Hallyday a brûlé la vie par les deux bouts

Vincent Matalon, Elise Lambert le vendredi 8 décembre 2017

La première fois que je suis mort, je n'ai pas aimé ça, alors je suis revenu", confiait Johnny Hallyday en 2013, dans son autobiographie Dans mes yeux (éd. Plon). Quatre ans après avoir été plongé dans un coma artificiel pendant trois semaines pour soigner les complications d'une opération du dos, le chanteur racontait sa lente remontée vers la lumière. Pendant soixante-quatorze ans, Jean-Philippe Smet, puis Johnny Hallyday, n’a cessé de flirter avec le danger, l’ivresse et la mort. Le chanteur lui-même qualifiait sa vie de "destroyance". Grand fumeur de Gitanes, le rockeur a confessé à la fin de sa vie avoir consommé de l'opium, du haschich et de la cocaïne. Mercredi 6 décembre, quelques heures après l'annonce de sa mort, dans la tête des fans venus lui rendre hommage devant son domicile des Hauts-de-Seine résonnait sans doute "noir c’est noir, il n’est jamais trop tard, pour moi du gris, je n’en peux plus dans ma vie oh oh..."

"Il conduit comme un fou, à fond la caisse"

Johnny Hallyday sur le tournage du film "A tout casser" de John Berry en 1968. (CFPF / FINISTERE FILMS)

Année 1950. Un jour d'été ou d'hiver, Johnny Hallyday ne se souvient plus vraiment. Le futur chanteur a sept ans, il est assis à l'arrière d'une "super voiture" que Lee Ketcham, danseur américain et compagnon de sa cousine vient d'acheter. Il y a du vent, "on doit chantonner, comme toujours", raconte-t-il dans son autobiographie Dans mes yeux, écrite par Amanda Sthers.

La voiture roule vite, le petit Jean-Philippe Smet tient près de lui un chien et une tortue. Bercé par le ronflement de la voiture, son corps frêle est ballotté par les courbes de la route. "Je pense être un gosse heureux", dit-il. Et puis, sans réfléchir, il attrape la poignée, ouvre la portière et tombe d'un coup sur le goudron alors que la voiture continue de rouler à vive allure. Son corps roule sur le bas-côté.

"Je me souviens d'avoir eu mal, peur, la sensation qui précède la mort, se remémore-t-il, soixante ans plus tard. Je m'en sors, je tombe sur des graviers, je m'écorche juste, j'ai comme une bonne étoile." Ce jour-là, Jean-Philippe Smet n'est pas au volant, mais il expérimente pour la première fois, la "sensation de vitesse, de dépassement de soi".

Ce "premier souvenir, c'est celui de la survie. Je m'y suis accroché depuis", explique-t-il. Devenu adulte, il se passionne pour les gros bolides, ceux qui touchent les 200 km/h. Ils lui donnent le sentiment d'être libre, fort, presque immortel.

La Jaguar de Johnny Hallyday emboutie après un accident dans un lieu non précisé, le 22 octobre 1962. (DALMAS / SIPA)

Mot laissé par Johnny Hallyday sur les lieux d'un accident de voiture, le 1er octobre 1967 à Paris. (PARIS-JOUR PHOTOGRAPHIE / SIPA)

Dix ans après cet accident, à l'aube des années yéyé, Johnny Hallyday est devenu "l'idole des jeunes". L'artiste est adoubé par toute une jeunesse française née après-guerre, fan de rock anglo-saxon, portant blazers et mini-jupes colorées. Pied au plancher, Johnny Hallyday traverse la décennie comme il conduit ses voitures : à toute vitesse.

Le 17 octobre 1961, sur une route entre Boulogne-sur-Mer et Lille (Nord), il finit dans le fossé avec sa Triumph TR3. Il s'en sort avec quelques blessures au visage, selon le JDD. En août 1967, sur la route entre Tarbes (Haute-Pyrénées) et Pau (Pyrénées-Atlantique), la Lamborghini 400GT de Johnny Hallyday est lancée à 150 km/h, elle dérape sur une tache d'huile. Dans un grand fracas, après avoir percuté un arbre, elle finit par s'immobiliser dans un fossé. Par miracle, le chanteur et son passager, le photographe Jean-Marie Périer, s'en sortent légèrement blessés. Johnny Hallyday a un "traumatisme léger à la jambe gauche", son ami sort des urgences avec l'arcade sourcilière droite ouverte.

La mort ne veut pas de moi, même quand le destin m’envoie me fracasser contre un arbre à une vitesse de dingue.

Johnny Hallyday

Johnny Hallyday fume une cigarette à la fenêtre de la clinique du Belvédère de Boulogne-Billancourt, le 24 février 1970, quatre jours après son accident de voiture avec Sylvie Vartan. (MICHEL GINFRAY / SYGMA / GETTY IMAGES)

Ses accidents les plus traumatisants surviennent dans les années 1970. Le 20 février 1970, il quitte Strasbourg (Bas-Rhin) vers 18 heures pour rejoindre Besançon (Doubs) où près de 3 000 personnes l'attendent, se rappelle L'Est républicain. Il fait froid, la route est recouverte de verglas. Le chanteur quitte l'Alsace à bord de sa DS en compagnie de son épouse Sylvie Vartan et de trois amis. Le Code de la route n'impose pas encore le port de la ceinture de sécurité. Dans un virage sur la RN83, Johnny Hallyday perd le contrôle de sa voiture. Endormie, Sylvie Vartan est projetée contre le pare-brise, note France 3 Bourgogne-Franche-Comté. La tête du chanteur heurte le volant, son nez se brise.


Le chanteur, méconnaissable, porte sa femme ensanglantée jusqu'à la maison la plus proche. Les passagers sont transportés à l'hôpital. À sa sortie, Johnny déclare que son épouse n'a que "quelques égratignures". En réalité, Sylvie Vartan a été sévèrement touchée et a échappé de peu à la mort.

Une semaine plus tard, elle quitte la France pour New York et passe quatre mois dans un établissement spécialisé dans la chirurgie esthétique. "Il a la fureur de vivre, il l'a toujours eue. Il conduit comme un fou, à fond la caisse. Il aime avoir des frissons. Il a souvent eu besoin de flirter avec la mort", décrit son cousin Michael Ketcham, dans l'émission "Un jour, un destin", en 2014.

La vitesse, le dépassement, l'adrénaline. Avec le temps, Johnny Hallyday lève le pied, mais ne lâche jamais le volant. En 2002, il participe ainsi au Paris-Dakar, pour "l'endurance, et la course mentale". Il termine ce rallye à la 42e position et confie : "Mon tempérament, c'est d'être le premier. Peu importe ce que je fais."

Si je n'avais pas été chanteur, j'aurais été pilote.

Johnny Hallyday

"La cocaïne, j’en ai pris en tombant du lit"

Johnny Hallyday se déchaîne devant 6 000 spectateurs lors d'un concert au Palais des sports de Paris, le 15 novembre 1967. (AFP)

Paris, un soir de 1974. Johnny Hallyday emmène son ami Gérard Depardieu dîner au King Club, un établissement de la capitale à la mode. Ils doivent retrouver Monique Le Marcis, programmatrice musicale historique de RTL et découvreuse de talents. "Depardieu vient avant pour qu’on aille ensemble à la boîte et il insiste pour qu’on trouve la drogue à la mode chez les rockeurs : du brown sugar [de l’héroïne]. C’était son obsession du moment", se souvient l’artiste dans son autobiographie. La star passe quelques coups de fil et réussit à se faire livrer le produit, pour le plus grand bonheur du comédien. L’acteur est si excité que Johnny Hallyday doit le retenir "de ne pas en prendre dans la voiture" qui les conduit au restaurant. "Mais à peine arrivés au King Club, il nous traîne dans les toilettes et en sniffe 2 grammes. Moi aussi, du coup... Solidarité oblige !"

A table, le dîner prend une drôle de tournure. La robe à fleurs de Monique Le Marcis, qui a commandé un pot-au-feu, fascine le chanteur : "Je voyais les fleurs danser, j’étais à deux doigts de les cueillir et de respirer leur parfum." Mais Johnny Hallyday s’en sort mieux que Gérard Depardieu. Après quelques minutes de conversation, l'acteur s’écroule "la tête la première dans la soupière", et tache au passage la robe si captivante de la programmatrice.

Johnny Hallyday et Gérard Depardieu plaisantent en compagnie de Babette, l'épouse du chanteur (à gauche), le 21 janvier 1982 lors d'un combat de boxe organisé à l'hippodrome de Pantin (Seine-Saint-Denis). (JOEL ROBINE / AFP)

"Je rassure tout le monde en m’écriant : 'C’est du brown sugar, c’est pas un infarctus', comme si c’était super rassurant...", raconte encore l’interprète de Gabrielle. Johnny envoie l’acteur se faire soigner chez son médecin et retourne à son pot-au-feu, avant de tomber dans les pommes à son tour. Le lendemain matin, chez le docteur, Gérard Depardieu se réveille en sursaut et s’esclaffe "avec son rire de bon géant : 'Il t’en reste ?'".

L’anecdote peut prêter à sourire, mais la consommation de drogues du chanteur n’a pas été que festive. Dans les années 1970, cet éternel fumeur de Gitanes "plonge" dans la cocaïne sous l’influence, dit-il, d’une de ses choristes, Nanette Workman, dont il est tombé amoureux alors qu’il traversait une passe difficile avec sa femme Sylvie Vartan. "C’était Johnny en femme, avec les mêmes excès, la même folie, se souvient le parolier Michel Mallory devant les caméras d'"Un jour, un destin". Il y avait compétition entre les deux. Ils faisaient le concours de celui qui dormirait le moins." "C’était à qui irait le plus loin dans la drogue, dans les défis, abonde Amanda Sthers, la biographe du chanteur. Il m’a raconté qu’un jour, il s’est regardé dans un miroir et il a vu qu’il était gris. C’est à ce moment-là qu’il s’est dit que ça devait finir."

Après ces années d’excès, Johnny Hallyday n’arrête pas la drogue pour autant. Interrogé en janvier 1998 dans les colonnes du Monde par l’écrivain Daniel Rondeau, il confesse qu'il n'a jamais vraiment arrêté la cocaïne :

La cocaïne, j'en ai pris en tombant du lit. Maintenant, j'en prends pour travailler, relancer la machine. Je n'en suis pas fier, c'est ainsi, c'est tout. Mais il faut bien savoir que nos chansons, on ne les sort pas forcément d'une pochette-surprise.

Johnny Hallyday

"Je n’ai jamais succombé à l’héro parce que je suis hyperactif. À l’époque, John Lennon voulait me faire essayer les buvards mais je n’ai jamais accepté", révélait-il aussi à Frédéric Beigbeider dans un entretien au magazine Lui, en 2014, avant d’admettre avoir "mangé des champignons avec M". Et d'ajouter : "Qu’est-ce que je trouvais tout le monde gentil, après ! Et j’étais bien plus en forme que lui. J’aurais pu baiser un tronc d’arbre."

"Je versais de l’alcool sur mes plaies béantes"

Johnny Hallyday prend un cocktail dans un bar à Cortina d'Ampezzo en Italie, le 3 janvier 1962. (ARCHIVI FARABOLA / LEEMAGE / AFP)

Décembre 2009, pour la première fois depuis longtemps, les fans de Johnny retiennent leur souffle. Depuis son mariage avec Laeticia Boudou en 1996, leur idole semble avoir mis fin à ses excès. Mais le 9 décembre, le chanteur est placé en coma artificiel à la clinique Cedars-Sinaï de Los Angeles, ville où il s’est installé avec sa famille.

Dans son dossier médical, les médecins écrivent que le chanteur présente "une dizaine de pathologies dont certaines sont liées à un long passé de tabagisme et à une consommation excessive d'alcool", remarque L’Express. Lors de son arrivée à l’hôpital, l’artiste a lui-même détaillé sa consommation aux médecins – une quantité d’alcool jugée "incroyable" par un cardiologue.

Le chanteur s’est fait opérer de la colonne vertébrale mais sa cicatrice suinte. "L’infection empirait et ma douleur était démesurée. Forcément mes démons m’ont repris et j’ai tenté de me soulager en buvant. Je me faisais des cocktails médicaments et alcool pour ne pas me taper la tête contre les murs", raconte-t-il dans le livre Dans mes yeux.

A l'occasion de l'inauguration de la brasserie du Bilboquet à Saint-Germain-des-Prés, à Paris, le 12 octobre 1970, Johnny Hallyday offre un verre à Mimile, un sans-abri du quartier. (AFP)

"Johnny était dans une sorte de crise de démence avec l’alcool et les médicaments ingurgités à haute dose pour tenter de calmer sa douleur. Il fallait l’apaiser", se souvient sa femme dans cette autobiographie. Le chanteur reste deux semaines en soins avant de ressortir avec une recommandation formelle, consulter "un spécialiste en addictologie qui pourra le suivre pour ses antécédents d'alcoolémie".

Johnny Hallyday a longtemps tu son penchant pour l’alcool et l’ivresse, laissant le show-business et la presse ébruiter seuls leurs indiscrétions à ce sujet. Comme de nombreuses stars de rock de son époque, l’alcool a été un compagnon de route. Une échappatoire lors de crises insurmontables, un remontant avant d'entrer en scène, un adjuvant avec les femmes. "Johnny brûlait la vie par les deux bouts, relate François Dimberton, auteur de Johnny, les années noires (éd. Prisma), à franceinfo. Il était très excessif, se bagarrait, buvait des quantités d’alcool."

Sylvie Vartan trinque avec son compagnon Johnny Hallyday, le 15 juin 1964 dans un lieu non précisé. (REX / SHUTTERSTOCK / SIPA)

Au début des années 1970, alors que son couple avec Sylvie Vartan bat de l'aile, l’interprète de Noir c’est noir se réfugie dans le whisky et la vodka. "Je me suis mis à ne faire que des conneries. Je me disais que je rattrapais ma jeunesse à grandes enjambées ; en fait, je versais de l’alcool sur mes plaies béantes. Oui, que de belles conneries de rock star, pas des virées de gamin", raconte-t-il.

La même décennie, en tournée avec Jacques Brel, il écume les bordels et passe ses courtes nuits dans les vapeurs d’alcool. "Il ne touchait jamais aux filles, mais, dans tous les bordels de France, les filles connaissaient bien Jacques. Il leur offrait le champagne, buvait avec elles, lâche Johnny Hallyday dans Télérama. Ensuite, de retour à l’hôtel, on sifflait des bières. Jusqu’à ce que, écroulé de fatigue, j’aille me coucher."

Après le concert, c’est un peu comme la troisième mi-temps. On reste ensemble, on boit des verres et on continue la fête jusqu’à ce que ça se calme, et qu’on aille tous au lit.

Erick Bamy, choriste de Johnny, dans "Un jour, un destin"

Jusqu’à sa rencontre avec Laeticia, Johnny gardera ce rythme effréné avant de lever doucement le pied, et de rechuter épisodiquement. "Là, je bois un peu de vin rouge mais je ne bois plus d’alcool fort", assure-t-il à Frédéric Beigbeider en 2014.

Problèmes de santé oblige, le chanteur s’enivre moins. Sauf cette fois où on lui offre une bouteille d’armagnac de 1943, son année de naissance. "Je pensais que tu la poserais sur une étagère pour faire joli. Et tu l’as descendue en une heure ! Laeticia n’était pas contente", raconte l'auteur de 99 francs.

Johnny Hallyday et Henri Leproux, fondateur du Golf-Drouot à Paris, en 1965. (ANDRÉ CRUDO)

Johnny s’est-il seulement assagi un jour ? En 2011, invité du "20 heures" de TF1 après une longue période de silence, il confie : "Assagi ? C’est drôle parce qu’en France on dit toujours ce mot... Ecoutez, je suis un rockeur avant tout... Mais j’ai de la chance, je suis assez costaud, solide, je suis né avec la santé."

Au fond, la seule substance qui ne s’est jamais démodée est l'alcool. Quand on voit tous ces gamins qui se mettent dans des états minables aujourd’hui. L’incertitude de la vie y est pour beaucoup, j’imagine. Ils ont besoin de quelque chose pour oublier leur peur matérielle de l’avenir.

Johnny Hallyday, dans "Télérama"

"J’ai besoin d’être au fond du trou pour remonter"

Johnny Hallyday lors d'un concert au Palais des sports à Paris, le 29 avril 1969. (DERRICK CEYRAC / AFP)

Vitesse, alcool, drogues... Johnny Hallyday n’a pas fait que jouer avec sa santé : il a cherché, une fois, à en finir. Le 10 septembre 1966, rien ne va plus entre la jeune idole de 23 ans et Sylvie Vartan. Le chanteur parcourt les scènes du monde à un rythme effréné. Il prend à peine le temps de passer embrasser son épouse lors de la naissance de leur fils, David, le 14 août, avant de s’envoler pour Venise où il doit donner un concert.

Lui qui n’a jamais vraiment connu son père se sent démuni face à la paternité qui a surgi dans une vie où "tout s’était passé à la fois trop vite et trop tôt". Ce jour-là, il sait que Sylvie Vartan veut divorcer. Il rejoint l’appartement familial après une virée à Londres. Les lieux sont déserts, Sylvie est partie avec David. Johnny doit être à la Fête de l'Humanité le soir même, mais le cœur n’y est plus.

Des fans de Johnny Hallyday patientent devant l’hôpital Lariboisière de Paris au lendemain de la tentative de suicide du chanteur, le 11 septembre 1966. (AFP)

"Défoncé de fatigue et de drogues", selon ses propres mots, il s’isole dans une pièce et plutôt que d’effectuer son rituel de préparation, il engloutit des barbituriques, avale de l’éther et s’ouvre les veines.

J’ai attendu. Et j’ai commencé à oublier. Je pense que c’était bien.

Johnny Hallyday

A l’extérieur de la pièce, l’inquiétude monte. L’attaché de presse, Gill Paquet, et le secrétaire de la star, Ticky Holgado, tambourinent à la porte et finissent par la défoncer. Ils trouvent Johnny en sang, à moitié inconscient. Comment l’évacuer discrètement, alors que des fans font le pied de grue devant son domicile ? L’idole des jeunes est finalement transportée aux urgences de l’hôpital Lariboisière en la cachant dans le coffre d’une voiture. Il prendra trois semaines de cure de repos en Suisse avant de remonter sur scène à Evreux, dans l'Eure, après qu'un certain Jimi Hendrix a assuré sa première partie.

Le jour où Johnny Hallyday a voulu se tuer
Le jour où Johnny Hallyday a voulu se tuer Le jour où Johnny Hallyday a voulu se tuer

Toujours attiré par le gouffre, Johnny Hallyday n'est pourtant jamais tombé : "On ne peut pas faire ce métier si on est normal. Il y a longtemps que je ne me sens pas comme les autres. Il faut que j’aille mal pour savoir que je pourrais aller bien. J'ai besoin d'être au fond du trou pour remonter. Je sens le danger", analysait la vedette dans Le Monde en 1998.

Interrogée en octobre 2009 dans l’émission "Sept à huit" sur les "excès et démons" de son mari, Laeticia Hallyday expliquait que ce dernier avait "besoin de ces descentes aux enfers pour remonter, se construire, pour réinventer sa vie". En elle, Johnny a sans doute trouvé l’âme d’une écorchée vive capable de lui faire surmonter ses tourments. "A 18 ans, je ne me voyais pas continuer à vivre. Je me sentais inutile, je n’avais aucune estime de moi. J’étais un loup apeuré, blessé, une âme en peine, déconnectée du réel", racontait ainsi Laeticia dans Paris Match en juin 2016.

C’est peut-être parce que moi aussi j’ai vécu des douleurs intimes que j’ai pu comprendre et accepter les démons de mon homme.

Laeticia Hallyday

Et lui apporter un certain équilibre. Celui qui assurait au Monde en janvier 1998 rêver "d'y passer violemment, sans [s'en] rendre compte, comme James Dean", est mort à son domicile, entouré des siens.

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