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Vrai ou faux Les enquêtes douteuses de Karl Zéro sur la pédocriminalité

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Durée de la vidéo : 4 min
6media Vrai ou Fake SJT KARL ZERO VOUF (franceinfo)
Article rédigé par franceinfo - N. Carvalho, N. Wattre
France Télévisions
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L’ancien animateur de télévision, qui s’efforce de lutter contre la pédocriminalité, diffuse, dans des articles et un documentaire, des supputations infondées sur les faits divers survenus ces dernières années.

Karl Zéro, ex-star de Canal +, a un nouveau combat quotidien : la lutte contre la pédocriminalité. Pour se faire entendre sur ce sujet essentiel, il avance des théories choc sur des faits divers médiatiques. Sur certaines affaires, comme celle de Fourniret ou de Lelandais, il réfute la conclusion de la justice, celle d’un tueur solitaire. Selon lui, ils auraient obéi à des réseaux pédocriminels, sans fournir de preuve.

Dans de longs articles d’une dizaine de pages, il ne donne aucun élément tangible accréditant la thèse d’un réseau derrière le criminel. Il y multiplie les hypothèses, comme lorsqu’il imagine un lien entre Michel Fourniret et Marc Dutroux, car le château du premier était à une trentaine de kilomètres d’un lieu où Dutroux commettait ses crimes.

Rapprochement entre pédocriminalité et la franc-maçonnerie

Ça ne tient pas. Tous les gens qui ont étudié ces dossiers, qui les ont suivis avec précision, les journalistes qui ont assisté au procès (...), vous disent tous que cela ne tient pas”, explique Paul Aveline, journaliste à Arrêt sur images. Dans son documentaire 1 sur 5, Karl Zéro donne la parole à des acteurs reconnus de la lutte contre la pédocriminalité, mais engraine aussi des théories non prouvées sur des réseaux pédocriminels dans les hautes sphères, comme lorsqu’il aborde les excuses de l’Église avant de dire que “d’autres institutions, partageant le goût du secret” devraient suivre. Il illustre cette accusation avec une image d’une loge maçonnique.

Karl Zéro a eu le mérite de se saisir de ce sujet. Moi, sur les histoires de Fourniret, de Nordahl Lelandais, ça nous fait oublier aussi d'une certaine manière que 80 % des violences ont lieu dans l'espace familial. Et donc si on attache trop d'importance à ces personnages, on oublie la majeure partie de l’iceberg, les violences intrafamiliales”, soutient Arnaud Gallais, cofondateur de l’association Be Brave France. Bien que ce soit un fléau qu’il faut combattre, l’utilisation de rumeurs et d’insinuation risque d'invisibiliser une partie du problème et de desservir la cause.  

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