Tour de France 2021 : Tadej Pogacar enfonce le clou et remporte la 18e étape à Luz Ardiden

Déjà vainqueur la veille, Tadej Pogacar a de nouveau frappé fort en s'imposant au sommet de Luz Ardiden, signant un superbe doublé dans les Pyrénées.

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Tadej Pogacar, le poing levé au sommet de Luz Ardiden, pour sa troisième victoire d'étape sur le Tour de France 2021, le 15 juillet. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

David Gaudu a fait le show dans le Tourmalet mais c'est bien Luz Ardiden qui, comme prévu, a officié en juge de paix. Emmené dans un fauteuil jusqu'au pied de l'ascension, Tadej Pogacar (UAE-Team Emirates) a parfaitement contrôlé ses rivaux, si on peut encore les appeler ainsi tant les écarts sont grands, Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma) et Richard Carapaz (Ineos Grenadiers). Sepp Kuss (Jumbo-Visma) et Enric Mas (Movistar), quant à eux, étaient déjà tout heureux de partager le festin. Mais la cour des prétendants n'a pu que regarder le roi danser dans les derniers mètres... 

À Luz Ardiden, le maillot jaune parvient à distancer Jonas Vingegaard et Richard Carapaz et lève les bras au lendemain de son succès au col du Portet.

Le bal, lui, est ouvert par Matej Mohoric. Ce dernier n'est pas du genre à se cacher. Alors que sa formation de Bahrain-Victorious est dans l’œil du cyclone depuis quelques heures, le Slovène n'a pas hésité à montrer le maillot controversé dès le premier kilomètre. La meilleure défense c'est l'attaque, c'est bien connu. D'abord accompagné par Christopher Juul Jensen (Team BikeExchange) et Sean Bennett (Team Qhubeka NextHash), il a reçu, cinq kilomètres plus loin, l'appui d'un certain Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step).

On ne pourra jamais reprocher au Français de ne pas essayer et c'est tout sauf un miracle de le voir passer en tête à Lourdes. Chaque jour, le champion du monde tente sa chance crânement, avec un panache qui illumine encore plus son maillot irisé. Mais chaque jour, depuis celui qui l'a vu s'imposer lors de la première étape, Alaphilippe se prend un retour de bâton. Parfois violent. 

Gaudu déploie ses ailes 

Ce fut encore le cas dans la montée du Tourmalet où, à moins de trois kilomètres du sommet, les jambes du Français ont dit stop. Elles ont déjà tellement donné. "J'ai couru comme si c'était la dernière étape", déclarait-il, exsangue, à l'arrivée. Avant cela, Alaphilippe avait vu les groupes se former et de déformer au rythme des attaques, des compatriotes pointer le bout du boyau (Périchon, Madouas, Elissonde, Latour...) mais un seul d'entre eux avait la caisse pour s'attaquer au duo Tourmalet-Luz Ardiden... 

D'abord tapi dans l'ombre, David Gaudu (Groupama-FDJ) a sagement attendu son heure avant de fondre sur le groupe de tête tel un gypaète barbu, oiseau du coin au nom aussi cocasse que ses attaques en piqué sont fulgurantes. Dans la descente du Tourmalet, Gaudu a profité de sa science de la trajectoire pour distancer Pierre Latour, le dernier qui pouvait encore voler aux mêmes altitudes que lui. 

Même un vieux rapace comme Rigoberto Uran s'est brûlé les ailes sur les pentes du géant pyrénéen. Le Colombien, déjà au rupteur la veille, a implosé dans les derniers lacets et assisté, impuissant, à l'évaporation de ses rêves de podium. Briseur d'illusions, le Tour a également étouffé celles de David Gaudu, finalement repris par le groupe Pogacar à 7 kilomètres de l'arrivée. Bien tenté mais, au final, cela fait encore un coup d'épée dans l'eau pour le cyclisme tricolore, contraint de se contenter des 8e et 11e places au général de Guillaume Martin (Cofidis) et Gaudu. 


Tadej Pogacar en patron ! Au lendemain de son succès au Col du Portet, le maillot jaune récidive et lève les bras à Luz Ardiden. Il devance Jonas Vingegaard et Richard Carapaz. David Gaudu a tenté d'attaquer mais il a été repris tandis que Rigoberto Uran a perdu gros en étant lâché dans l'ascension du Col du Tourmalet.

Pogacar d'assaut

Son visage poupin ne trahit aucun effort quand les autres ahanent péniblement sur leur machine. Mais il ne faut pas trop se fier à ce faciès angélique. Alors qu'il aurait pu faire preuve de magnanisme et laisser la victoire à un Vingegaard, avec qui il s'entend visiblement bien, le Slovène n'a pas laissé une miette. À personne. À l'image d'un Merckx, Pogacar cannibalise tout, le suspense en premier. 

Alors, quand il se dresse sur ses pédales dans les derniers 700 mètres pour définitivement régler Vingegaard et Carapaz, on sait très bien que le Danois et l'Équatorien ne le reverront plus. Si ce n'est sur le podium à Paris.

Un podium où s'affichera son insatiable appétit car "Pogi" récupérera, sauf cataclysme, trois tuniques, comme en 2020 : le maillot jaune, le maillot blanc de meilleur jeune (un classement qu'il domine depuis la première étape) et enfin le maillot à pois, récupéré jeudi avec cette nouvelle victoire d'étape. Finalement, le Slovène n'est pas seulement carnassier, il est omnivore. 

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