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Tour de France 2023 : des aménagements supplémentaires prévus dans certaines descentes pour renforcer la sécurité des coureurs

L’Union cycliste internationale (UCI) ainsi que plusieurs organismes représentant les coureurs et les organisateurs de course ont annoncé, vendredi, la création d’un organisme indépendant pour améliorer la sécurité des coureurs.
Article rédigé par Hortense Leblanc - De notre envoyée spéciale à Bilbao
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 3 min
Les coureurs du Tour de France dans la descente du col de Spandelles lors de l'édition 2022 de la course. (THOMAS SAMSON / AFP)

Deux semaines après le décès de Gino Mäder sur le Tour de Suisse, sa chute tragique à grande vitesse dans la descente du col d’Albula continue de hanter les esprits. Alors qu’une minute de silence en hommage au coureur suisse a été observée durant la présentation des équipes du Tour de France, jeudi 29 juin, les organisateurs de la Grande Boucle ont pris quelques mesures supplémentaires pour renforcer la sécurité dans certaines descentes, en insistant tout de même sur une volonté de ne pas dénaturer le cyclisme. Un organisme indépendant va également être créé dans le but d’améliorer la sécurité des coureurs.

Le Tour de France 2023 réserve deux arrivées sur des descentes techniques : celle du col de Joux-Plane, longue de 12 kilomètres vers l’arrivée à Morzine (14e étape), puis celle du col de la Loze, sur cinq kilomètres jusqu’à Courchevel (17e étape). "J’ai discuté avec plusieurs coureurs, et ils pensent que ce n’est pas correct de finir sur de telles descentes. Ce sont des coureurs qui ne jouent pas le classement général et qui sont prêts à ralentir, mais ils ont peur pour les coureurs qui tenteront de gagner le Tour de France et qui les descendront à bloc", expliquait Adam Hansen, président de l’association internationale des coureurs professionnels (CPA), joint plus tôt dans la semaine par franceinfo: sport.

Une réunion avec Amaury Sport Organisation (ASO), les organisateurs du Tour, et l’Union Cycliste Internationale (UCI) s’est tenue mercredi. Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, a annoncé deux jours plus tard la mise en place de mesures supplémentaires pour sécuriser ces points de passage. "Des matelas utilisés lors des derniers championnats du monde de ski seront installés à certains endroits dans le col de la Loze pour que les coureurs soient davantage en sécurité. Et dans le col de Joux-Plane, le département de Haute-Savoie, qui accueillera les championnats du monde de cyclisme en 2027, a refait deux kilomètres et demi de route dans la descente. Un certain nombre d’aménagements testés sur le Dauphiné seront aussi mis en place, en plus, avec des avertisseurs sonores et des flèches qui indiquent un danger", a-t-il précisé.

"Nous avons été écoutés, s’est satisfait Adam Hansen après cette réunion. Les coureurs doivent faire la descente, mais ils ont besoin d’être dans des conditions parfaites. Les organisateurs ne peuvent pas vraiment faire plus, donc maintenant, la sécurité est entre les mains des coureurs." Pour Christian Prudhomme, "l’instinct de champion reste leur meilleur élément de sécurité".

Ne pas dénaturer le cyclisme

Le directeur du Tour de France a également assuré que la possibilité d’arrêter les chronos au sommet de ces cols n’avait pas été étudiée. "Personne ne demande cela, car il ne s’agit pas de dénaturer le cyclisme, qui restera un sport magnifique et cruel", a-t-il affirmé. "Les descentes font partie intégrante de notre sport. Ce qu’il s’est passé en Suisse, c’est toujours difficile à encaisser. Mais c’est aussi à nous de faire attention au maximum, témoignait Warren Barguil (Arkea) en conférence de presse, jeudi. On ne peut pas faire sans les descentes, sinon on prendrait à chaque fois les temps au sommet du col pour désigner le vainqueur. Dans ce cas-là, on ne fait pas de pavés non plus, parce que c’est dangereux si on casse une fourche et si on tombe à 45 km/h… Ce n’est pas tout blanc ou tout noir."

"C’est peut-être dans les descentes les plus dangereuses qu’il y a le moins de chutes, car tout le monde est attentif, alors que dans les descentes moins dangereuses, on se dit que ça passe bien, on prend de la vitesse et on se relâche."

Warren Barguil

Selon des chiffres présentés par l’UCI vendredi, les incidents et blessures ont augmenté de 24% en 2023 par rapport à la même période en 2022, et 42% des accidents se déroulent dans les 20 derniers kilomètres, quand le peloton gagne en tension. Afin de diminuer ces chiffres, la fédération internationale ainsi que des représentants des organisateurs de courses, des coureurs et des équipes, ont annoncé la création d’une entité indépendante, appelée SafeR, qui verra le jour fin 2024.

"Le but est de travailler ensemble, et non pas de pointer du doigt untel ou untel pour la responsabilité d’une chute", a souligné Jaap van Hulten, team officer de l’équipe Jumbo-Visma et référent SafeR. Une base de données sur l’ensemble des incidents dans le cyclisme professionnel va être produite pour en identifier les causes, et des responsables de SafeR analyseront à l’avenir les parcours des courses, pour produire des recommandations. Il reviendra ensuite à l’UCI de les prendre en compte, ou non, mais aussi de rendre des comptes sur celles qui auront été appliquées, ou pas.

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