Aurélien Paret-Peintre : "Il y a des jeunes coureurs français capables de prendre la relève de Romain Bardet et Thibaut Pinot sur le Tour de France"

Le grimpeur de la formation AG2R-Citroën pourrait être une des révélations de la Grande Boucle, qu'il va découvrir à partir de samedi.

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Propos recueillis par Théo Gicquel - franceinfo: sport
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Aurélien Paret-Peintre lors du Critérium du Dauphiné 2021. (PHILIPPE VACHER / MAXPPP)

Privé de Thibaut Pinot et Romain Bardet, le grand public risque de chercher des têtes connues parmi les coureurs français susceptibles de jouer les premiers rôles sur le Tour de France, qui s'élance samedi 26 juin de Brest. Avec David Gaudu, Aurélien Paret-Peintre (AG2R-Citroën) pourrait être de ceux qui suivront les meilleurs grimpeurs pendant les trois prochaines semaines. Entretien avec le coureur de 25 ans, qui vise une bonne place au classement général et pourquoi pas le maillot blanc du meilleur jeune, si les circonstances de course lui sourient.

Franceinfo: sport : Aurélien, comment abordez-vous votre premier Tour de France ?

Aurélien Paret-Peintre (AG2R-Citroën) : C'était un objectif que j'avais au début de l'année, en fonction de mes résultats sur le Giro la saison passée. J'ai eu une première partie de saison satisfaisante, notamment sur Paris-Nice (9e) puis sur le Dauphiné (13e). J'ai montré que j'avais le niveau pour peser dans les courses World Tour [l'élite mondiale], notamment sur le Dauphiné où j'étais proche des meilleurs en montagne. Mon rôle sur le Tour sera de viser le meilleur classement général possible avec Ben O'Connor. Au fil des jours, on verra comment se passe l'association, et peut-être qu'on changera le fusil d'épaule. C'est important pour le futur de prendre des automatismes sur une course de trois semaines.

Vous avez réalisé un très bon Dauphiné, et vous prenez de plus en plus de consistance dans les classements généraux, êtes-vous satisfait de cette progression ?

Depuis deux ans, je suis même un peu en avance sur les temps de passage que je m'étais fixés en plan de carrière. Pour l'instant, j'ai constamment progressé et assez vite, notamment sur les courses d'une semaine où j'ai atteint un niveau intéressant. Avec le début de saison que j'ai fait, ça donne envie de continuer à jouer dans ces positions.

Qu'est-ce que vous a apporté votre premier Grand Tour – le Giro – l'année dernière, où vous avez terminé 16e du classement général ?

C'était important que je fasse le Tour d'Italie l'année dernière, pour la progression physique sur une course de trois semaines. Pour l'équipe et pour moi, c'était important de faire le test sur trois semaines, rester concentré sur les étapes de plaine, et voir comment je réagissais sur une troisième semaine. Je récupérais bien donc ça a validé mon attrait pour les grands tours.

C'est ce que vous voulez chercher dans un futur proche ?

Oui. Pour l'instant, je ne me fixe pas de limite avec l'équipe sur le classement général. On a un projet sur plusieurs années pour les courses par étapes. On va essayer de tirer le meilleur de moi-même. Finir dans le top 10 en Grand Tour dans les prochaines années, c'est un objectif. Quand j'aurai atteint ma limite dans plusieurs années, peut-être que je me concentrerai sur quelque chose d'autre mais, pour l'instant, c'est ça l'objectif.

Aurélien Paret-Peintre lors de Paris-Nice, le 11 mars 2021. (LAURENT LAIRYS / MAXPPP)

Quelle a été votre préparation pour ce Tour ?

Un début de saison traditionnel jusqu'à Paris-Nice, puis le Pays Basque et les Ardennaises, avant de couper fin avril. En mai, nous avons fait un stage de trois semaines avec Ben O'Connor et Bob Jungels à Isola 2000 pour pouvoir travailler et arriver sur le Dauphiné en bonne condition. Depuis le Dauphiné, c'est plus de la récupération et de l'entretien avec les championnats de France. La condition a été Dauphiné a été bonne, j'espère qu'elle le sera toujours au départ du Tour.

AG2R-Citroën arrive avec une équipe sans véritable leader pour le Tour, est-ce un avantage pour votre carte personnelle ?

Les ambitions de l'équipe ont d'abord été prudentes au début de l'année. On a été agréablement surpris des performances de Ben (O'Connor) et moi-même sur le Dauphiné. Pour l'instant, vu que nous n'avons plus de leader emblématique comme l'était Romain (Bardet), on ne se fixe plus d'objectif en termes de place. On essaye de courir sans faire d'erreur, et on verra ce qui se passe. L'équipe ne s'est pas cachée de ses ambitions sur les premières étapes avec le profil de coureurs qu'on a comme Benoît (Cosnefroy) et Greg (Van Avermaet). C'est aussi l'avantage de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Pinot et Bardet absents, Alaphilippe qui ne devrait pas jouer le général, il y a une place libre pour voir briller les jeunes Français...

Nous ne sommes pas la nouvelle génération, car ils sont encore présents, mais il y a une opportunité pour d'autres Français de briller. Le public découvre d'autres visages comme David (Gaudu), Guillaume (Martin) ou moi. C'est plaisant pour le vélo français de voir qu'il y a d'autres jeunes derrière les belles années qu'on a eues avec Romain et Thibaut. Ça ne me met pas plus de pression, je n'ai pas le statut de David qui performe depuis plusieurs années au meilleur niveau. Ce qui arrivera au Tour, ce ne sera que du bonus.

Aurélien Paret-Peintre (à dr.) en compagnie de Warren Barguil sur le Tour de la Provence en février 2021. (LAURENT LAIRYS / MAXPPP)

Avec Tadej Pogacar ou David Gaudu également en lice, le maillot blanc de meilleur jeune est-il un objectif ?

C'est difficile de se projeter avec de tels candidats au départ. Mais il peut y avoir plein de faits de course qui peuvent me rapprocher de ce maillot. Si je peux le disputer, c'est toujours un signe distinctif intéressant, même si ça risque d'être compliqué si mes adversaires ont le niveau qu'ils doivent avoir, comme Tadej Pogacar.

Allez-vous plutôt essayer de rester avec les leaders ou tenter des coups en échappée ?

L'objectif pour tous les leaders, c'est d'être le samedi 'à zéro', soit sans avoir pris de cassures ou avoir eu de pépins sur la première semaine, avec les étapes en Bretagne, le chrono ou la longue étape du vendredi. Dès le premier week-end des Alpes, je verrai si je suis dans le rythme. Si ce n'est pas le cas, ça ne servira pas à grand-chose de continuer à s'accrocher, mais peut-être plutôt à chasser des étapes.

Un Tour de France réussi, ce serait quoi ?

Sur le plan collectif, ce serait des victoires d'étapes. Personnellement, c'est de prendre du plaisir et de ne pas avoir de regrets sur les choses que j'ai produites, sur mes sensations. La cerise sur le gâteau, ce serait un top 10, même si ça reste compliqué, j'en ai conscience. Mais un classement général aux alentours de la 15e place, ce serait déjà intéressant.

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