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Toucher au smic pour endiguer le chômage : les différentes pistes évoquées

Plusieurs économistes proches de François Hollande sont favorables à une rémunération inférieure au salaire minimum. Le patron des patrons prône un dispositif proche. Explications.

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Manifestation devant le siège du Medef, le 27 février 2014, à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

Pour lutter contre le chômage, faut-il s'attaquer au smic ? La question fait débat. La création d'une rémunération inférieure au salaire minimum est évoquée pour encourager le retour à l'emploi des chômeurs. Une solution loin d'être consensuelle. Les précédentes tentatives, avec la création d'un smic jeunes sous les gouvernements d'Edouard Balladur et de Dominique de Villepin, ont d'ailleurs toutes échoué.  

Francetv info liste les pistes évoquées.

Revoir le niveau du salaire minimum

La question du niveau du smic a été remise sur le devant de la scène par les économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Elie Cohen, qui estiment que le salaire minimum français, un des plus élevés en Europe, est un frein à l'embauche autant qu'une machine à fabriquer des travailleurs pauvres, du fait des importantes exonérations de charges qui l'accompagnent.

Les trois économistes ont été reçus à déjeuner, mardi 15 avril, par François Hollande. Durant la campagne présidentielle, les trois hommes avaient planché sur son programme économique.

Le sujet est sensible. Au 1er janvier 2013, 1,89 million de salariés, sur les 15,2 millions recensés dans le privé (hors intérimaires et apprentis), touchaient le salaire minimum, selon le ministère du Travail. Soit environ 13% des salariés. 

Payer des "petits boulots" en-dessous du smic

Une autre personnalité proche des socialistes, l'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce Pascal Lamy, a plaidé de son côté pour la création de "petits boulots" payés en-dessous du smic.

"Quelqu'un qui a le pied dans l'entreprise est à moitié sauvé et c'est beaucoup mieux que de le garder au chômage", a renchéri Pierre Gattaz, le président du Medef, pour défendre l'idée d'un "smic intermédiaire temporaire".

Créer un "smic intermédiaire" temporaire

Pierre Gattaz a ainsi estimé mardi, lors de son point presse mensuel, que la création d'un "smic intermédiaire" à titre temporaire était une "des pistes à explorer". Il permettrait, selon le patron des patrons, aux jeunes d'entrer sur le marché du travail ou aux personnes en difficulté de sortir du chômage. "Par rapport au niveau de chômage que nous avons, il faut tout mettre sur la table, ne pas avoir de tabous", a-t-il estimé.

Pour le dirigeant patronal, le niveau élevé du smic "pose problème" car il constitue "une marche d'escalier à monter en France" pour les entreprises. "Une solution consisterait (...), quand on recherche du travail, quand on n'en trouve pas, quand on est jeune ou dans certaines configurations, à rentrer dans une entreprise avec un salaire adapté de façon transitoire, pas forcément le niveau du smic", a-t-il imaginé.

Ne surtout pas toucher au smic

Celle qui a précédé Pierre Gattaz à la tête du Medef, Laurence Parisot, ne fait pas la même lecture. Elle a dénoncé sur Twitter "une logique esclavagiste" et "une erreur d'analyse sur les véritables causes du chômage".

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