Syrie : parti à la recherche de sa soeur

a revoir

Présenté parDavid Pujadas

Diffusé le 13/02/2014Durée : 00h38

Ce direct est terminé et sera disponible en rattrapage dans quelques minutes.

Notre enquête maintenant sur ces familles désemparées qui ont vu un de leurs enfants partir en Syrie pour s'engager aux côtés de jihadistes. Voici ce document, l'une de nos équipes a pu suivre le frère d'une de ces jeunes filles. Elle n'a que 15 ans, elle ressemblait à une adolescente comme les autres. Ses parents, comme son frère, ont été stupéfaits d'apprendre qu'elle était partie dans ce pays en guerre. Son frère a décidé de partir pour tenter de la retrouver. C'est ce voyage que nous avons suivi.

C'est le voyage de la dernière chance pour Fouad EI Bathy, l'histoire d'un grand frère anéanti, prêt à aller chercher sa soeur de 15 ans en Syrie. Pour lui, il y a urgence. Noraa, 15 ans, est une lycéenne sans histoires, partie du jour au lendemain.

J'angoissais, je ne savais pas si elle était en bonne santé. Je pensais beaucoup à elle. Je ne pouvais pas la laisser, ce n'est pas possible.

Son entourage ne l'a pas vue basculer. Tout s'est fait sur Internet en quelques semaines. Elle y montre un tout autre visage.

"Oui, je vais tuer au nom d'Allah".

Derniere preuve de vie, cette photo d'elle entièrement voilée.

On l'a bien manipulée, ils sont très forts. Pour la faire changer comme ça, ils sont vraiment forts.

Depuis qu'elle est en Syrie, ils échangent quelques messages. "N'oublie pas dans quel endroit je suis", écrit-elle. "C'est impossible de revenir, je change de place demain". "Dis aux parents que je vais bien".

Au dernières nouvelles, Nora était promise en mariage en Syrie. Son frère est décidé de partir à sa recherche, en suivant ses traces, le même trajet de Marseille à Hatay en Turquie, 40 km de la Syrie. Fouad n'a qu'une obsession: traverser la frontière et la récupérer coûte que coûte. Il n'a ni plan ni contacts. Une quête désespérée qui commencé ici au bout dé cette route, la Syrie n'est qu'à quelques centaines de mètres. C'est un Syrien qui lui montre.

Juste derrière ces champs, c'est le premier village syrien.

Cela vous fait quoi d'être là, à quelques centaines de mètres.

J'ai envie d'y aller.

Si proche, si loin à la fois. Les douaniers turcs sont catégoriques.

Ici, on ne laisse passer que des Syriens. Les étrangers c'est non.

Environ 100 dollars pour un passage clandestin, Fouad n'a pas confiance. Il a peu d'argent, ne parle qu'un arabe approximatif, et il est seul. Tous ceux qui le croisent lui conseillent de renoncer.

N'y vas pas comme ça, c'est trop dangereux. Essaie d'entrer en contact avec elle.

J'y arrive pas.

Tu ne peux pas y aller clandestinement. Tu vas la chercher où ? C'est très vaste.

2 jours et 2 nuits au téléphone pour tenter de joindre sa soeur. En vain. L'espoir s'éloigne. Mais sur la route de l'hôtel, un coup de téléphone. C'est un Français, il se présente comme un combattant islamiste.

L'homme dit-il la vérité ? La soeur de Fouad est-elle réellement libre de partir ou de rester? De retour à son hôtel, après 3 jours d'échec et de déception, Fouad entend enfin la voix de sa soeur.

c'est important l'école.

Tu ne vas pas faire la gueule j'espère.

Pourquoi pas maintenant.

Tu ne fais pas la guerre.

La conversation dure plusieurs minutes. Difficile pour Fouad de savoir si la jeune fille parle sous la contrainte.

Elle dit être heureuse d'être là-bas. Ils disent tous ça mais est-ce vrai.

Lui qui s'était juré de la ramener avec lui repart en France le coeur brisé, sans elle. 600 Français seraient déjà partis en Syrie, dont 6 mineurs. Depuis le début du conflit, 21 ont déjà trouvé la mort.

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