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Vent brusque ou absent : quand le pot-au-noir fait trembler les skippers du Vendée Globe

Cette zone, qui oscille autour de l'équateur, met souvent les nerfs des navigateurs à rude épreuve.

Article rédigé par Jérôme Val - Édité par Noémie Bonnin
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le skipper Jérémie Beyou dans la course du Vendée Globe, le 17 novembre 2020 (illustration). (OLIVIER BLANCHET / ALEA)

Dans la course à la voile du Vendée Globe, les premiers bateaux ont déjà dépassé l'équateur, c'est toujours le Britannique Alex Thomson, aux commandes de son Hugo Boss, qui est en tête. Tous doivent traverser le célèbre pot-au-noir, une zone redoutée de tous les marins pour ses caprices météos, entre gros grains et vent parfois absent.

Son nom scientifique est "zone de convergence intertropicale". Sa principale caractéristique : enquiquiner au maximum les navigateurs qui s’y aventurent. Le pot-au-noir est un passage obligé, juste avant l’équateur, redouté à cause de ses violents coups de tabac, comme il y a quatre ans pour Jérémie Beyou. "C'est un champ de bataille !, décrivait-il alors. C'est bien un pot-au-noir. Un putain de nuage ! Il ne faut pas se faire surprendre."

Gros grain... ou calme plat

C’est aussi une zone où les bateaux restent englués à cause de la pétole. Sébastien Destremeau en avait fait les frais lors du précédent Vendée Globe : "Pas un souffle de vent depuis hier soir, pas un souffle, rien... On n'avance pas, on ne va nulle part, le bateau reste là, posé, comme si on était une île ! Je suis en train de m'énerver !"

Le pot-au-noir, à l’étymologie incertaine, est un phénomène météo bien connu. C’est à cet endroit de l’Atlantique que les masses d’air chaud et humide de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud se rencontrent. "Quand il y a un grain qui arrive, le vent peut être très violent en avant du grain, un petit peu comme les grains qu'on a sur la côte atlantique en hiver, explique Christian Dumard, le météorologue du Vendée Globe. Et puis une fois qu'on se retrouve sous ce grain, sous le nuage, le vent peut tomber complètement, donc là on peut rester encalminés pendant des heures, parfois des jours."

"C'était une zone très redoutée autrefois par les bateaux qui partaient vers l'Asie, ils pouvaient y rester parfois une semaine, sans avancer."

Christian Dumard, météorologue du Vendée Globe

à franceinfo

Aujourd’hui, la technologie permet de repérer ces nuages annonciateurs d’orages et ces vents erratiques. Il n’empêche, le pot-au-noir est une vraie nasse. "Il faut imaginer la température, l'eau est à 30 degrés, il fait très chaud, très humide, poursuit Christian Dumard. Dans les bateaux c'est encore pire, donc soit on est à l'extérieur en plein cagnard, soit on est à l'intérieur et la température est intenable. Ce ne sont pas des conditions faciles quand il n'y a pas de vent."

L’avant de la flotte du Vendée Globe a pu passer sans trop d’encombres ce pot-au-noir. En revanche, ça va se compliquer pour les concurrents qui arrivent derrière.

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