Vendée Globe : le skipper Thomas Ruyant assure que le "moral est bon" malgré une avarie, son bateau est "prêt pour rentrer dans les mers du Sud"

Le skipper a dû réparer une partie de son bateau en pleine mer. Il raconte aussi à franceinfo comment s'organise la vie à bord pour "se bichonner". 

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Radio France
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Thomas Ruyant avant le départ du Vendée Globe, le 8 novembre 2020.  (NICOLAS CREACH / MAXPPP)

Thomas Ruyant, actuellement deuxième du Vendée Globe 2020, a affirmé vendredi 27 novembre sur franceinfo que son "moral était bon" malgré une grosse avarie dans la nuit de mardi à mercredi. Alors que le skipper est toujours dans l’anticyclone de Saint-Hélène, en route vers le cap de Bonne Espérance, il assure que son bateau, maintenant réparé, est "bien prêt pour rentrer dans les mers du Sud".

franceinfo : Est-ce que le moral est bon après deux semaines et demie en mer ?

Thomas Ruyant : Le moral est bon surtout que cela redémarre. J’étais dans une zone sans vent toute la journée d'hier. Et cela fait du bien de retoucher un petit peu de vent. Le moral est bon aussi parce que tous mes petits pépins sont maintenant en partie derrière moi. Même si aujourd'hui, il me manque un petit morceau sur le bateau. Mais en tout cas, les avaries qui se sont enclenchées depuis quelques jours sont réglées, résolues et j'ai un bateau bien prêt pour rentrer dans les mers du Sud.

C’est l’un de vos foils, une des ailes du bateau en quelque sorte, qui lui permet de voler au-dessus de l'eau qui s'est fissurée. Comment l’avez-vous réparé ?

Ces grands foils sortent du bateau. Et plus la surface est grande et plus cela apporte de la puissance. Et donc, effectivement, il y a trois jours, j'ai fissuré le foil bâbord à gauche du bateau. On a pris la décision avec mon équipe déjà de le rentrer complètement et de couper une partie pour enlever de la puissance, pour qu'il n’y ait pas de risque de casse. Ce qui peut se passer, c’est le suraccident. Le foil finit par se casser complètement et vient endommager le bateau.

Comment répare-t-on tout seul au milieu de l’océan ce genre d’avarie ?

J’ai profité du peu de vent que j'avais hier. J'étais dans le centre de l'anticyclone hier après midi et on a beaucoup de matériels techniques à bord pour ce genre de pépins. j'ai dû me suspendre au-dessus du foil avec des systèmes, tout ce que j'ai à bord. J'étais positionné au-dessus de mon foil et j’ai coupé près de deux mètres.

Quand on fait le tour du monde comme vous, est-ce qu'il y a des moments où on peut se permettre quelques instants de rêverie ?

Oui, c'est une des clés je pense dans une course comme celle-là qui est longue. On a besoin de ces temps-là. Tout simplement pour divaguer, pour que l’esprit sorte un peu de la compétition et de la course. En tout cas, moi, sur mon bateau, j'ai besoin de ça. J'ai besoin de ces moments de pause. J’ai quelques petits bouquins à bord. J'ai des podcasts que j'ai chargés avant de partir. J'ai aussi quelques films, quelques séries que je picore de temps en temps quand je sens que j'ai besoin aussi de faire autre chose et de m'échapper. On prend soin de la machine, mais il faut aussi prendre soin du marin, du bonhomme. Ce sont des tours du monde qui font autour de 68 et 75 jours, en fonction de la météo. Ce sont des courses qui prennent du temps et donc, il faut se soigner, se bichonner.

Vous suivez l’actualité ou vous êtes coupé du monde ? Vous savez que Maradona est mort par exemple ?

J'ai appris ça hier. Je suis l'actualité. À bord de nos bateaux, on est connectés à Internet. J'essaye de me tenir au courant et de suivre l'actualité du moment, mondial et en France. J’ai besoin aussi de rester au contact avec ce qui se passe dans le monde.

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