Vendée Globe : la remontada de Louis Burton, qui joue la gagne après avoir frôlé l'abandon

Qui pour remporter la neuvième édition du Vendée Globe ? Alors que la tête de la flotte a passé l’Equateur, ils sont toujours une poignée à prétendre à la victoire dans ce tour du monde à la voile. Dont Louis Burton, un presque miraculé.

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Radio France
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Louis Burton, photo envoyée depuis le bateau "Bureau Vallée 2" pendant le Vendée Globe, le 13 Janvier 2021 (LOUIS BURTON / BUREAU VALLÉE 2)

Louis Burton a recollé à l’avant du Vendée Globe et le skipper du monocoque Bureau Vallée 2 fait désormais partie de la poignée de bateaux en lice pour la victoire aux Sables-d’Olonne. Il a éte le premier à passer l'Equateur, samedi 16 janvier dans la soirée, avant de se faire reprendre d'un rien par Charlie Dalin (Apivia). Louis Burton se dit prêt à en découdre pour ces derniers jours en mer, alors que juste avant Noël, son tour du monde à la voile en solitaire, sans assistance et sans escale a bien failli s’achever prématurément.

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Le 21 décembre, le navigateur se met à l’abri de l’île Macquarie, à l’entrée de l’océan Pacifique, pour gérer une importante avarie. Il doit monter en haut du mât de son bateau, réparer sa grand-voile : trois tentatives et 15 heures d’efforts sont nécessaires. Il se souvient qu’à ce moment-là, il est au bord de l’abandon. "Mon état d’esprit, c’était de me dire que c’était fichu pour la course, raconte Louis Burton à franceinfo. J’avais changé de mode, je suis passé dans un mode voyage et aventures, avec l’idée d’aller découvrir une terre du bout du monde. C’était un truc qui me plaisait assez, dans mon malheur."

Pourtant, le skipper répare et repart en course en onzième position, avec presque 2 000 kilomètres de retard sur la tête de course. Mille après mille, il rattrape tous ses concurrents : une remontada en version salée et iodée qu’il peine encore à réaliser. "C’est hallucinant, confie-t-il aujourd’hui. La réussite de cette cavalcade est étonnante. Elle me passionne et évidemment, je suis très satisfait. Le problème, c’est que maintenant, j’ai envie de faire encore mieux. Je ne vais pas me mettre trop de pression, mais j’ai bien envie de continuer à me battre jusqu’au bout."

Et en matière de lutte, Louis Burton est servi. Pour son troisième Vendée Globe (il avait fini 7e il y a quatre ans et il avait été contraint à l’abandon en 2012), le Francilien de 35 ans qui a pris Saint-Malo comme port d’attache joue désormais la gagne. Les obstacles sont encore nombreux sur la route des solitaires jusqu’en Vendée : la fatigue qui s’accumule (Louis Burton reconnait être un peu "crevé"), le trafic maritime qui se densifie ("Là, je croise un cargo et j’ai un bateau de pêche qui est sur ma route", nous indique-t-il au téléphone), le retour dans l’hémisphère Nord pas toujours évident, mais c'est un parcours que cet habitué des courses transatlantiques connaît par cœur.

"Tellement content d'être dans le match"

"Je m’amuse beaucoup, je ne m’ennuie pas alors qu’au même endroit il y a quatre ans, c’était vraiment très long", détaille le Malouin d’adoption. Ce final est un pur bonheur pour lui. "Je suis bien content que ce tour du monde se termine comme une grosse régate à l’échelle d’une transat. Je suis déjà tellement content d’être dans le match après tout ce que j’ai vécu que tout le reste n’est que du bonheur. Et ça sera la cerise sur le gâteau si les choses se passent bien jusqu’au bout."

L’histoire serait d’autant plus remarquable que Louis Burton navigue sur le bateau vainqueur il y a quatre ans avec Armel le Cléac’h.

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