Vendée Globe : "J'accepte pleinement le résultat final", assure le skipper Charlie Dalin

Le skipper a franchi la ligne d’arrivée en premier aux Sables-d'Olonne après 80 jours en mer, mais c’est Yannick Bestaven qui a remporté la 9e édition du Vendée Globe, grâce aux compensations de temps.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
La skipper Charlie Dalin a franchi en premier la ligne d'arrivée du Vendée Globe, aux Sables-d'Olonnes, mais il ne remporte pas la course. (NICOLAS CREACH / MAXPPP)

"Je ne suis plus le même homme après avoir vécu ce que j'ai vécu", a affirmé Charlie Dalin, le skipper qui a franchi la ligne d’arrivée en premier aux Sables-d'Olonne après 80 jours, 6 heures, 15 minutes et 47 secondes de mer. Mais c’est Yannick Bestaven qui a remporté la 9e édition du Vendée Globe, malgré sa troisième place, grâce aux compensations de temps accordées pour avoir participé aux secours Kevin Escoffier, le 30 novembre. "J'accepte pleinement le résultat final", a déclaré Charlie Dalin.

franceinfo : Qu’avez-vous ressenti à votre arrivée ?

Charlie Dalin : C’est beaucoup d'émotion. C'est vrai que la ligne d'arrivée, on l'attend. On se projette, on se projette sur ce passage, sur la suite des événements, les retrouvailles avec la famille, avec mon équipe et avec mes partenaires. C'était un superbe moment hier soir après 80 jours en mer à ne voir pratiquement personne, ne croiser pratiquement aucune embarcation. Juste l’océan à perte de vue, les Albatros dans les mers du Sud, les poissons volants dans l'Atlantique. ll n'y a pas eu de transition. Je suis passé d'un extrême à l'autre en un claquement de doigts. Mais voilà, ça fait du bien de retrouver la terre ferme.

Quel regard portez-vous sur votre course ?

J’ai pris beaucoup de plaisir sur ce Vendée Globe. Le Vendée Globe, c'est un énorme générateur d'émotions. J'ai cru abandonner quand j'étais au niveau de l'Australie. Si à ce moment-là, on m'avait dit que j'allais réussir à franchir la ligne d'arrivée en tête, je ne l'aurais pas cru. Comme quoi c'est une bonne leçon. Il ne faut jamais abandonner. Il ne faut jamais baisser les bras. Il n'y avait rien d'autre que l'eau à perte de vue pour moi pendant 80 jours. Mes réglages de voile, mes choix de trajectoires. Mais je suis content que la course soit terminée et de retrouver la terre même s'il y a beaucoup de sollicitations. J'y réponds avec plaisir.

Réalisez-vous votre performance ?

Je pense qu'il va me falloir du temps pour réaliser. C’est tout frais. Je viens de passer la ligne d'arrivée. Je pense qu'il va falloir un petit peu de temps pour intégrer tout ça. Ce qui est sûr, c'est que le Vendée Globe m’a changé. C'est une course qui est tellement forte, tellement puissante. C'est sûr, il m'a changé. Je ne sais pas encore de quelle manière, mais je pense que je ne suis plus le même homme après avoir vécu ce que j'ai vécu. J'ai suivi une énorme tempête dans les mers du Sud. C’était très compliqué. J'ai eu pas mal de soucis à régler. J'ai passé 80 jours seul sans voir personne. C’est une course, mais c'est aussi une aventure. Je suis un coureur, ce qui compte pour moi, c'est la compétition. Je me rends vraiment compte que le Vendée Globe, avec tout ce qui nous arrive, tout ce qui a à surmonter, la part d'aventure est extrêmement présent.

Avez-vous parlé à Yannick Bestaven ?

J'ai vu Yannick sur le ponton tout à l'heure. Il a dit que sur ce Vendée Globe, il y avait deux vainqueurs, c'est gentil de sa part de dire ça. Après, c'est lui qui soulève le trophée. Je l’avais vu ce trophée en rejoignant mon bateau le 8 novembre dernier, j'avais les yeux dessus. Malheureusement, ce n'est pas moi qui le soulève, mais j'espère que j'y arriverai, pourquoi pas à la prochaine édition.

Connaissiez-vous le résultat de la course à votre arrivée ?

J'avais un petit doute. Je n'osais pas regarder la cartographie. Je savais qu'en un coup d'oeil sur la cartographie, j'aurais ma réponse. J'ai préféré profiter du moment, de l'instant, savourer ce passage de ligne en première position et je n'ai pas trop voulu en savoir plus à ce moment-là. Je devais peut-être avoir un petit mauvais pressentiment. C’est comme ça. J'accepte pleinement le résultat final. C'est normal de toucher des bonifications quand on va aider quelqu'un.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Vendée Globe

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.