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Vendée Globe : Armel Le Cléac'h et Alex Thomson, dix semaines d'un superbe bras de fer

Armel Le Cléac'h a remporté jeudi la 8e édition du Vendée Globe devant Alex Thomson. Le fantastique duel entre les deux skippers aura marqué la course.

Article rédigé par
Aude Raso - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 6 min.
Aux Sables-d'Olonne, Armel Le Cléac'h le 30 octobre 2016 et Alex Thomson le 2 novembre 2016 (AFP)

Armel Le Cléac'h est décidément un adepte du suspense. Lui qui avait échoué à la seconde place du Vendée Globe 2012-2013 derrière François Gabart avec l'écart le plus faible jamais enregistré dans l'histoire de l'épreuve (3 heures et 17 minutes). Lui qui avait remporté la Solitaire du Figaro en 2003 avec 13 petites secondes d'avance sur Alain Gautier. L'édition 2016-2017 du Vendée Globe l'a vu gagner un incroyable bras de fer engagé dès les premiers jours de la course contre Alex Thomson.

Le Breton a finalement conclu le mythique tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance jeudi 19 janvier avec un nouveau record de 74 jours, 3 heures et 35 minutes, talonné par le Gallois jusque dans les derniers instants. franceinfo refait le film de dix semaines d'une bataille riche en rebondissements.

12 novembre : Thomson prend la tête

Après le départ des Sables-d'Olonne le 6 novembre, Armel Le Cléac'h prend les devants pour quelques jours parmi les skippers regroupés en tête de course. Légèrement distancé à l'approche des îles du Cap Vert, Alex Thomson engage une superbe remontée. Entre le pointage de 15h le 11 novembre et celui du 12 novembre, le Gallois parcourt près de 477 milles à pleine vitesse.

Contrairement à Armel Le Cléac'h, Alex Thomson choisit de glisser entre les îles du Cap Vert... et sort de l'archipel en tête le 12 novembre au soir. Avec en prime de superbes images sur sa page Facebook.

Jusqu'au 24 novembre, Alex Thomson parvient à conserver une centaine de milles d'avance sur Armel Le Cléac'h, qui, lui, distance Sébastien Josse, alors troisième.

27 novembre : Le Cléac'h reprend les rênes

Toujours en tête le 24 novembre, Alex Thomson pulvérise de cinq jours le record établi en 2012 par Armel Le Cléac'h sur la distance entre les Sables-d'Olonne et le cap de Bonne Espérance, en Afrique du Sud. Mais c'est ce même jour que le skipper français choisit pour entamer sa remontée.

Le 27 novembre, Armel Le Cléac'h passe devant. Les Îles Kerguelen approchent. Au coude-à-coude, les deux leaders ont définitivement lâché leurs concurrents.

Début décembre : cinq jours d'un incroyable bord à bord

Le Français et le Gallois ne se quittent plus. Le duo de tête longe la zone des glaces dans l'Antarctique, multipliant les changements de bord. Le 1er décembre, Alex Thomson repasse devant le Français... avant de se faire de nouveau doubler moins de 48 heures plus tard au niveau du cap Leeuwin. "Je continue d'attaquer autant que je peux pour rester au contact de ce gars-là", commente alors le skipper britannique en filmant le bateau tout proche de son concurrent.

Décembre : Le Cléac'h prend le large

Armel Le Cléac'h finit par mettre les voiles. Le 9 décembre, le Français arrive à mi-course et entre dans l'océan Pacifique avec 135 milles d'avance sur Alex Thomson, qui montre quelques signes de fatigue. Le 23 décembre, après 47 jours en mer, il franchit le mythique cap Horn avec plus de 780 milles d'avance sur le Britannique. Celui qu'on surnomme "le Chacal" en profite pour pulvériser de cinq jours le record de François Gabart sur la distance.

Mais rien n'est joué. Deux jours plus tard, Alex Thomson double le cap Horn à son tour à belle allure : son retard a quasiment été divisé par deux entre le 23 et le 25 décembre, passant de 819 à 448 milles.

29 et 30 décembre : Thomson, le retour fantastique

Dans les ultimes jours de décembre, le Gallois réduit considérablement l'écart, alors qu'Armel Le Cléac'h est ralenti par un anticyclone dans l'Atlantique Sud. L'écart entre les deux skippers n'est plus que de 280 milles le 27 décembre. 

Le 29 décembre, Alex Thomson file comme une fusée sur le Français. Accusant encore 193 milles de retard au pointage de 5h, il recolle à 35 milles à 22h. "Ça fout un peu les boules", commente Armel Le Cléac'h dans le journal L'Équipe. Le 30 décembre, au pointage de 5h, seuls 28 milles séparent les deux concurrents !

Début janvier : Le Cléac'h garde ses distances

Une nouvelle fois, Armel Le Cléac'h parvient à contenir l'incroyable retour du Gallois. Le Breton s'échappe de la bulle anticyclonique et reprend de la vitesse, tandis qu'Alex Thomson se retrouve à son tour bloqué par le manque de vent. Interrogé sur franceinfo le 31 décembre, Armel Le Cléac'h rappelle qu'il a "promis" à ses enfants d'arriver aux Sables-d'Olonne le premier. Le 10 janvier, les deux skippers sortent du Pot-au-Noir avec une centaine de milles d'écart.

Après quelques jours difficiles, le Français stabilise l'écart au large des Canaries le 14 janvier. "J'aurais aimé une fin de course plus détendue", commente-t-il dans le "Vendée live".

Près des Sables-d'Olonne : ultime duel acharné

L'ultime sprint vers les Sables-d'Olonne est haletant. Le 15 janvier, le retard d'Alex Thomson passe de nouveau sous la barre des 100 milles. Mercredi 18 janvier, Armel Le Cléac'h ne comptait plus qu'une quarantaine de milles d'avance. Les deux leaders longent les côtes bretonnes dans un final sous très haute tension.

Jeudi matin, au pointage de 5h, l'écart était remonté à 88 milles. "Je ne pense pas pouvoir rattraper Armel", confiait le Britannique mercredi midi lors de la vacation radio avec l'organisation. Il avait raison. Le lendemain, le Breton franchit la ligne d'arrivée le premier. Alex Thomson rejoindra les Sables-d'Olonne seize heures plus tard. "Il m'a mené la vie dure", commente alors Armel Le Cléac'h, saluant la performance de l'autre grand artisan de la beauté de cette 8e édition.

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