Deux semaines après sa deuxième place dans la Route du Rhum, François Gabart assure qu'il n'a "pas de regret"

Le navigateur de 35 ans était l'invité de franceinfo lundi.

Dimanche 11 novembre, à 62 ans, Francis Joyon a remporté la Route du Rhum au terme d'un corps à corps grandiose avec le jeune François Gabart. Ce dernier, est revenu lundi 26 novembre sur franceinfo sur sa deuxième place. "Il n'y a pas de regret", a-t-il assuré. "C'est terrible, c'est cruel, c'est horrible, mais c'est le jeu, c'est le sport, il faut l'accepter même si c'est dur", a déclaré le navigateur de 35 ans.

franceinfo : Avez-vous des regrets ?

François Gabart : Il n'y a pas de regret. Je n'en avais pas d'ailleurs sur la ligne d'arrivée, parce que je me suis battu jusqu'au bout, et j'étais bien obligé de m'incliner devant la course de Francis. L'écart est infime peut-être, mais au final il est devant. C'est terrible, c'est cruel, c'est horrible, mais c'est le jeu, c'est le sport, il faut l'accepter même si c'est dur.

Il y a tout de même eu de la casse dans cette édition. Est-ce qu'on arrive aux limites de la technologie ?

Il y a toujours eu de la casse, c'est un sport mécanique. On essaie d'aller le plus vite possible, on est toujours à la limite. Il y a des moments où il y a un petit peu plus de casse, des fois un peu moins. Sur nos bateaux, les multicoques, en 2002 il y avait eu une Route du Rhum catastrophique. Sur une vingtaine de bateaux, ils étaient trois à l'arrivée. Cette année, on était six au départ, on est quatre à l'arrivée, c'est déjà pas si mal que cela. On a fait des progrès tellement énormes ces dernières années. On a des bateaux qui ont progressé en termes de vitesse. C'est difficile de progresser aussi vite sans faire quelques petites erreurs.

En tant que navigateur et en tant que citoyen, percevez-vous le changement climatique et la pollution ?

Évidemment, comme tout le monde. On ne peut pas nier la dégradation de notre planète, c'est une évidence. Nous marins, on joue avec les éléments naturels, on joue avec le vent, la mer, pour essayer d'aller le plus vite possible sur l'océan. En mer on voit des plastiques, il y a des gros déchets qui peuvent se retrouver au milieu des océans. Le plus terrible, c'est que ce ne sont pas ces gros plastiques les plus dangereux, ce sont les microplastiques, la fragmentation de ces déchets, qui ont des conséquences terribles sur les poissons, et à un moment ou un autre sur notre alimentation.

Le navigateur François Gabart le 26 novembre 2018 sur franceinfo.
Le navigateur François Gabart le 26 novembre 2018 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)