VIDEO. Harcèlement chez Ubisoft : "Il faut que chacun prenne ses responsabilités", affirme Marlène Schiappa

"Il y a des employeurs et des organismes au sein desquels" des faits de violences sexuelles "se passent et ils doivent y mettre fin", a affirmé jeudi sur franceinfo la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

L'éditeur de jeux vidéo Ubisoft a annoncé avoir lancé plusieurs enquêtes internes concernant des allégations de violences et harcèlement sexuel à l'encontre certains de ses cadres dans plusieurs de ses studios de production, dans divers pays. "Je salue le fait qu'une fois encore cela puisse être mis au jour. Il faut que chacun prenne ses responsabilités", a réagi jeudi 2 juillet sur franceinfo Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Dans une longue enquête, Libération donne la parole a des salariés ou ex-salariés d'Ubisoft, 3e éditeur de jeux vidéo au monde, qui dénoncent les agressions sexuelles et le harcèlement au sein de l'entreprise. "Il y a du sexisme et des violences sexistes et sexuelles dans la société du jeu vidéo, comme en politique ou le sport. Il y a des employeurs et des organismes au sein desquels cela se passe et ils doivent y mettre fin. C'est leur responsabilité", a rétorqué Marlène Schiappa.

"Dans chaque milieu, il y a des enfants à protéger"

Dans le milieu sportif, près de 180 personnes ont été mises en cause depuis le début de l'année, selon la ministre des Sports Roxana Maracineanu. "Le problème ce n'est pas les violences sexuelles dans le sport, la littérature, je ne sais où, c'est les violences sexuelles en général. Dans chaque milieu, il y a une question de violences sexuelles à combattre et des enfants à protéger", a déclaré Marlène Schiappa.

Parmi ces affaires, 20% sont récentes, elles ont moins de deux ans. "On sait très bien que les violences sexuelles ne se sont pas arrêtées du jour au lendemain" malgré les mesures prises par le gouvernement. Pour aider les victimes, "on a allongé les délais de prescription. Désormais vous avez 30 ans après votre majorité pour déposer une plainte. Il est tout à fait possible de saisir la justice via une plainte. Quand on ne se sent pas à l'aise pour aller dans un commissariat, nous avons mis en place une plateforme arretonslesviolences.gouv.fr qui permet 24h/24 et 7 jours sur 7 de saisir les forces de l'ordre formées spécialement sur ces questions."

Partout où il y a des enfants, il y a des pédocriminels et des prédateurs.

Marlène Schiappa

à franceinfo

Face à la crainte de certains parents d'inscrire leur enfant dans les clubs, Marlène Schiappa a expliqué que "les parents savent très bien qu'il peut y avoir des violences sexuelles. C'est le rôle du politique de prendre des mesures c'est pour ça que nous travaillons avec des associations qui mettent en place des boîtes aux lettres dans les écoles pour permettre aux enfants qui n'osent pas parler de mettre un petit mot."

Jean-Michel Blanquer et Marlène Schiappa ont "commencé à travailler pour qu'il y ait des communications pour rappeler les numéros d'alerte" afin que tout le monde, enfant ou adulte, puisse être aidé.

Marlène Schiappa, invitée de franceinfo jeudi 2 juillet 2020.
Marlène Schiappa, invitée de franceinfo jeudi 2 juillet 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)