Le jour où le Tour de France a découvert la montagne

Les cols des Alpes et des Pyrénées ont offert au Tour de France ses plus belles images, ses plus beaux duels. Les coureurs n'ont pas attendu très longtemps avant de gravir leurs premiers cols. En 1905, Henri Desgranges décide de leur faire monter le ballon d'Alsace. Pyrénées et Alpes ne viendront que plus tard.

(Sipa)

Lors
des deux premières éditions du Tour, le peloton a bien gravit
quelques petits cols, dans le centre de la France notamment. Mais en
1905, pour offrir encore plus de spectacles au public, Henri
Desgranges décide d'inscrire un vrai sommet au menu des coureurs.
Ce sera le ballon d'Alsace. L'expérience est une réussite et la
montagne devient un élément essentiel de l'épreuve.

Dès
1907, le peloton s'offre une montée dans les Alpes. Ils
s'attaquent au col de Porte, dans le massif de la Chartreuse. C'est
Emile Georget qui franchit en premier ce sommet situé à 1.300
mètres d'altitude.

"Vous
êtes des criminels"

Mais
la vraie histoire d'amour entre le Tour et la haute-montagne débute
en 1910 avec deux étapes pyrénéennes. Des étapes repérées
quelques mois auparavant pour vérifier l'état des routes. Elles
sont praticables. Cette année là, les cyclistes découvrent donc le
Portet-d'Aspet, le col d'Aspin et le mythique Tourmalet.

Sur
de lourds vélos, la difficulté est immense pour les champions. L'un
d'eux, Octave Lapize lance aux organisateurs : "Vous êtes des
criminels. On ne demande pas à des hommes de faire un effort
pareil."
Octave Lapize fera finalement l'effort et s'imposera à
Paris.

Après
ces premières ascencion, le Tour de France est sans cesse parti à
l'assaut de nouveaux cols. Les noms s'égrainent comme autant
d'exploits : la Croix-de-Fer, l'Alpe-d'Huez, le Mont Ventoux.
Le plateau de Beille, Luz-Ardiden, ou Hautacam.

Depuis
1947, les coureurs ont grimpé 312 cols. Le plus escaladé par les
cyclistes, le Tourmalet (77 fois). Dans les Alpes, c'est le
Galibier qui a accueilli le plus de fois le passage du Tour de
France.

Lucien
Van Impe, premier maillot à pois

Un
prix pour récompenser le meilleur grimpeur fait son apparition sur
le Tour de France en 1933. Il est créé par le fondateur de
l'épreuve, Henri Desgranges, pour récompenser ces acrobates de la
montagne qui ravissent le public mais qui ne remportent jamais
l'épreuve. C'est l'Espagnol Vicente Trueba qui est sacré pour
la première fois.

Le
maillot distinctif, le fameux maillot à pois, n'a vu le jour qu'en

  1. Lucien Van Impe enfile pour la première fois cette tunique. Il
    remportera six fois ce grand-prix de la montagne.