Tour de France : à quoi servent les échappées ?

Lorsqu'un coureur fausse compagnie au peloton, ce n'est pas toujours pour la victoire d'étape. De la pause pipi à la banderille destinée au maillot jaune, FTVi liste tous les cas de figure.

Blessé au poignet gauche, le Français Anthony Roux s\'échappe du peloton lors de la deuxième étape du Tour de France, le 2 juillet 2012 en Belgique.
Blessé au poignet gauche, le Français Anthony Roux s'échappe du peloton lors de la deuxième étape du Tour de France, le 2 juillet 2012 en Belgique. (JOEL SAGET / AFP)

"Attaque dans le peloton !" Et c'est parti pour une échappée héroïque au long cours, un grandiose délit de fuite, un formidable exploit sportif... Face au vent, face au chronomètre, face à la solitude, il va falloir tenir, serrer les dents, ne pas se retourner. Avec une seule idée en tête : la victoire d'étape. Enfin, pas toujours... L'échappée peut être moins glorieuse, parfois limitée à la simple pause-pipi. Typologie de l'échappée, signée FTVi.

L'échappée anti-chute

C'est bien connu, en début de Tour, le peloton est nerveux, et les chutes fréquentes. Alors, pour éviter les roues qui frottent et le "soleil", l'échappée peut être salvatrice. "Se retrouver à l’avant permet d’éviter à la fois les chutes, et la fatigue aussi bien mentale que physique", explique Maxime Bouet (AG2R) à France TV Sport. Sinon, danger, surtout à l'approche du sprint. La preuve en vidéo lors de la deuxième étape :

France Télévisions

• L'échappée bisou

Au hasard du tracé, certains coureurs traversent parfois leur village d'origine. L'an dernier, Anthony Charteau est passé par le bourg de La Boizonnière, à Arthon-en-Retz (Loire-Atlantique), où les habitants ont organisé une fête en son honneur, comme il le racontait sur son blog. Le "régional de l'étape" a alors reçu un bon de sortie pour s'arrêter "quelques secondes" parmi les siens. Cette année, c'est le Belge Maxime Monfort qui s'est échappé lors de la première étape pour embrasser sa femme et sa fille à la maison.

• L'échappée pour blessures

Victime d'une chute lors de la première étape, dimanche 1er juillet, Anthony Roux (FDJ-BigMat) s'est extrait du peloton le lendemain pour soulager son poignet endolori. Curieuse façon de se reposer, non ? Il faut dire que le Français, incapable d'appuyer correctement la main gauche sur son guidon, devait parfois tenir son vélo d'une seule main. "Avec le passage sur les secteurs pavés, c'était la meilleure façon pour éviter que les vibrations ne se répercutent au niveau du poignet", a-t-il précisé à L'Equipe. Or, piloter un vélo d'une seule main, sur des pavés, est particulièrement périlleux au sein d'un peloton, où le moindre écart peut provoquer une collision avec son voisin de course. Mieux vaut donc courir en solitaire, si possible devant, le plus longtemps possible. 

• L'échappée télé

S'échapper, c'est la garantie d'avoir une caméra braquée sur soi. Pratique quand on veut se mettre en évidence devant d'éventuels recruteurs, voire devant des repreneurs (comme ce fut le cas pour le dernier Tour de l'équipe Bbox en 2010, depuis reprise par Europcar). Et puis s'offrir un passage télévisé lors d'une échappée, c'est un coup de pub qui fait toujours plaisir au sponsor.

Grégory Naboulet et Florian Le Moal - France 2

L'échappée pipi

Que c'est long, une étape du Tour. Surtout quand on avale des litres d'eau, qui ne s'échappent pas tous par la sueur. Pour satisfaire leurs besoins, certains équilibristes ne descendent pas de leur monture. D'autres préfèrent s'échapper, avant de reprendre le peloton en marche, comme le détaille le site de France Soir dans cet article sur "L'art délicat de la pause pipi". Mais attention aux contrefaçons : en 1989, le Français Joël Pelier feinte une échappée vessie, distance le peloton et remporte la 6e étape du Tour.

• L'échappée pour affaiblir l'adversaire

En montagne, face à un favori en difficulté, ses rivaux peuvent ourdir un plan visant à le tester, voire à le distancer. Par une vague d'attaques successives, ils l'obligent à des changements de rythme potentiellement ravageurs. Lance Armstrong pourrait en témoigner, lui qui a subi les attaques d'Iban Mayo, Alexandre Vinokourov, Joseba Beloki et Tyler Hamilton dans la montée de l'Alpe d'Huez en 2003. Ce qui n'a pas empêché Armstrong de remporter le Tour cette année-là.

• L'échappée éclair

C'est la spécialité des sprinteurs. Dans la lutte pour le maillot vert, ils n'hésitent pas à s'extraire du peloton avant chaque sprint intermédiaire, où des points sont en jeu. L'échappée ne dure que quelques centaines de mètres, mais la bataille peut être très disputée, n'est-ce pas Mark Cavendish ?

• L'échappée pour la gagne

On l'oublierait presque. Quitte à fausser compagnie au peloton, autant en profiter pour aller jusqu'au bout et s'offrir une victoire d'étape, ou au moins le prix de la compétitivité. A noter toutefois que, depuis le début du Tour 2012, la victoire a pour l'instant... échappé à tous les attaquants.