Calendrier WTA officialisé qu'à moitié, contraintes sanitaires et logistiques.. Le tennis peine à se projeter dans le temps

Le tennis tâtonne et peine à voir plus loin que le bout de sa raquette. La WTA a annoncé ce mardi 5 janvier son calendrier jusqu'à Wimbledon (28 juin - 11 juillet). Mais pour les futures actualisations, il faudra encore patienter : elles seront officialisées "en temps voulu". Difficile dans de telles circonstances d'y voir clair pour les joueuses... Aussi, les restrictions sanitaires (quarantaines, bulles sanitaires) et contraintes logistiques demeurent, conduisant les organisateurs à devoir trouver, parfois, des solutions in extremis pour mettre les joueurs dans de bonnes conditions.
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France Télévisions
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 (SAEED KHAN / AFP)

La WTA a officialisé mardi son calendrier jusqu'à Wimbledon (28 juin-11 juillet), confirmant notamment la tenue des WTA 1000 (selon la nouvelle nomenclature) de Dubai, Miami, Madrid et Rome. La saison WTA débute mercredi à Abou Dhabi et seuls les tournois des sept premières semaines de 2021 sont connus jusqu’à présent, soit jusqu'à la fin de l'Open d'Australie le 21 février. Mais l'instance qui gère le circuit féminin a souhaité donner aux joueuses une vision à un peu plus long terme.

"Le programme actuel ressemble au calendrier WTA habituel en ce qui concerne la majorité des épreuves à partir de la mi-mars, malgré quelques changements liés à la pandémie de covid-19", indique la WTA en soulignant l'absence d'Indian Wells, traditionnellement programmé en mars. "Des dates alternatives sont à l'étude pour plus tard dans la saison", précise l'organisation. "D'autres actualisations du calendrier WTA seront annoncées en temps voulu".

Une bulle sanitaire à Abu Dhabi

Car la Covid-19 n'a pas subitement disparu en ce début d'année et les joueuses en font les frais dès le premier tournoi de la saison. Elles retrouvent les affres des bulles sanitaires plus ou moins contraignantes ce mercredi, à Abu Dhabi. 

Exemptées de la quarantaine de dix jours imposée normalement par les autorités, les joueuses n'ont aucune liberté de déplacement autre qu'entre leur hôtel et le site du tournoi. "Honnêtement, j'espère que cette vie sous bulle se terminera bientôt. Je ne sais pas quand la Covid disparaîtra, mais on veut notre liberté", a commenté la Tunisienne Ons Jabeur avant le début du tournoi d'Abou Dhabi, organisé au dernier moment pour permettre aux joueuses de faire un peu plus de compétition avant l'Open d'Australie, déplacé de trois semaines (8-21 février).

"On en a assez de ces restrictions, mais que peut-on y faire ? Au bout du compte on est obligées de les accepter", a ajouté Jabeur qui s'était fait un nom l'an dernier à Melbourne en devenant la première joueuse du monde arabe à atteindre les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem.

Déçue de ne pas pouvoir se "promener en ville" à Abou Dhabi, Sofia Kenin tente de positiver et de voir la possibilité de jouer avant d'aller défendre son titre à Melbourne. "C'est dur, mais c'est pareil pour tout le monde", a souligné l'Américaine. Le concept de bulle sanitaire est difficile à gérer psychologiquement et certaines, comme Elina Svitolina, ont engagé un coach mental à l'intersaison. "En ces temps compliqués, il est très important de rester forte et fraîche mentalement", a expliqué l'Ukrainienne.

"Il y a beaucoup de pièces à ce puzzle logistique"

Mi-janvier, tous les joueurs inscrits à l'Open d'Australie, le premier grand chelem de l’année, seront acheminés à Melbourne en charters affrétés par l'organisation depuis Dubai, Los Angeles et Singapour... pour passer deux semaines en quarantaine dans des hôtels spécifiques. Ils n'auront le droit de quitter leur chambre que cinq heures par jour uniquement pour s'entraîner au Melbourne Park, le site du Majeur.

Les organisateurs de l'Open d'Australie ont d’ailleurs dû trouver de nouveaux logements de quarantaine pour les joueurs après la décision d'un hôtel (Le Westin) de renoncer à les accueillir, apparemment en raison d'inquiétudes de résidents menaçant de saisir la justice…. Cela à seulement dix jours du début du tournoi. "Plusieurs hôtels à Melbourne ont déjà été réservés, y compris un hôtel de remplacement pour le Westin, afin d'accueillir en toute sécurité le groupe international de joueurs", déclarent les organisateurs dans un communiqué publié mardi.

Le premier Grand Chelem de l'année a déjà été reporté au 8 février, pour permettre aux joueurs de subir une quarantaine obligatoire de 14 jours imposée à tous les arrivants étrangers avant de prendre part à une semaine de tournois d'échauffement sur le site de l'Open d'Australie. "Il y a beaucoup de pièces à ce puzzle logistique et les dernières sont en cours de finalisation en ce moment même", a souligné mardi sur Twitter Craig Tiley le patron de la fédération australienne de tennis.

Pour amener des joueurs du monde entier, "nous aurons jusqu'à 18 avions et chacun sera limité à une capacité de 20% afin de garantir que les vols soient aussi sûrs que possible pour tout le monde", a précisé celui qui est également le directeur du tournoi. "Nous faisons tout notre possible pour que les détails des vols soient communiqués à l'ensemble du groupe de joueurs dès que possible", a indiqué Craig Tiley. "Merci d'être avec nous, nous allons amener tout le monde à Melbourne", a-t-il promis.

Melbourne n'est sortie qu'en octobre d'une période de quarantaine de plusieurs mois, à la suite d'une deuxième vague de Covid-19, ce qui a compliqué la planification du Grand Chelem. L'Australie a largement contenu le nouveau coronavirus, bien que de nouveaux foyers de la pandémie apparus à Sydney et à Melbourne aient forcé les autorités à réintroduire certaines restrictions, notamment la fermeture des frontières des États.

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