Tennis : favoris, outsiders, l'état de forme du circuit vu par Justine Henin, Patrick Mouratoglou et Michaël Llodra à trois semaines de Roland-Garros

Trois des consultants France Télévisions analysent le début de la saison sur terre battue, à l'aube du Masters et du WTA 1000 et à moins d'un mois du début du Grand chelem de la Porte-d'Auteuil.

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France Télévisions
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Iga Swiatek, Rafael Nadal et Carlos Alcaraz font partie de ceux qui pourraient prétendre au titre à Roland-Garros, en mai prochain. (AFP)

Qui soulèvera la Coupe des Mousquetaires et la Coupe Suzanne Lenglen Porte d'Auteuil les 4 et 5 juin prochains ? A trois semaines du début de Roland-Garros, les premiers indicateurs se dégagent sur l'état de forme des joueuses et joueurs du circuit. Après Monte-Carlo et Barcelone, le Masters et le WTA 1000 de Madrid, jusqu'au 8 mai, seront un bon test pour confirmer ou non les bonnes sensations du début de saison, ou de monter en puissance en vue du Grand chelem parisien. 

Chez les femmes, le tableau est plus qu'ouvert en l'absence de la numéro un mondiale Iga Swiatek, comme chez les hommes qui a vu sa hiérarchie bousculée ces dernières semaines. "Chaque année, on dit que le tableau féminin est très ouvert, et je pense que cela sera aussi le cas dans le tableau masculin cette année. Je crois qu'on va donc avoir un Roland-Garros assez passionnant", projette Justine Hénin, sacrée porte d'Auteuil en 2003, 2005, 2006 et 2007. Pour franceinfo: sport, Justine Hénin, Michaël Llodra, et Patrick Mouratoglou, consultants France Télévisions, analysent le début de saison sur l'ocre en vue de Roland-Garros. 

Stefanos Tsitsipás et Iga Swiatek, les favoris incontestables

Stefanos Tsitsipás est indéniablement le favori de cette saison sur terre battue. Finaliste à Roland-Garros en 2021, double vainqueur du Masters 1000 de Monte-Carlo (2021-2022), le Grec, numéro 5 mondial, paraît le mieux armé pour s'offrir son premier titre du Grand Chelem à Paris, sur sa surface de prédilection. "Il fait partie des joueurs qui ont de l'expérience, qui n'ont pas encore gagné un tournoi du Grand chelem mais qui n'en sont pas loin", constate Michaël Llodra, triple vainqueur de Grand chelem en double.

Profitant de l'absence de Rafael Nadal sur le début de la saison de terre, et le retour de Novak Djokovic après trois mois d'arrêt, Stefanos Tsitsipas a trouvé son rythme. Après son deuxième titre à Monte-Carlo, il sera très attendu à Madrid et à Rome. "A priori, il devrait arriver en forme à Roland. Il a fait ce qu’il fallait en remportant le tournoi de Monte-Carlo, comme l’année dernière d’ailleurs. On sait que la terre battue est une très bonne surface pour lui", avance son coach Patrick Mouratoglou, entraîneur également de Serena Williams et fondateur de la Mouratoglou Academy. 

Stefanos Tsitsipas a remporté le Masters 1000 de Monte-Carlo pour la deuxième fois consécutive, le 17 avril 2022. (MAXPPP)

Chez les femmes, Iga Swiatek fait elle aussi l'unanimité. Bien qu'elle ait annoncé son retrait de Madrid le 27 avril afin de prendre du temps pour reposer son bras droit douloureux, elle conserve la casquette de favorite pour Roland-Garros.

Lauréate Porte d'Auteuil en 2020, elle a réalisé un début de saison éclatant. A 20 ans, la numéro 1 mondiale, vient de remporter en l'espace de deux mois les tournois de Doha, Indian Wells, Miami et Stuttgart et reste sur une série de 23 victoires consécutives. "Il va encore se passer beaucoup de choses avec les tournois de préparation d'ici Roland, mais je trouve qu'on a une belle numéro 1 mondiale chez les filles aujourd'hui. Swiatek assume plutôt bien son nouveau statut", relève Justine Hénin. 

Mais derrière, la concurrence sera rude. "Le retrait d'Ashleigh Barty a laissé la place à d'autres joueuses. On sent qu'on est à un carrefour où pas mal de joueuses peuvent s'extirper et créer, peut-être la sensation", estime Michaël Llodra. En tête d'affiche, la numéro 2 mondiale Paula Badosa, demi-finaliste à Stuggart et à Indian Wells cette année et quart de finaliste à Roland-Garros l'an passé, et Barbora Krejcikova, numéro 3 mondiale et tenante du titre à Paris.

Rafael Nadal et Novak Djokovic, les revenants

Alors que la saison sur terre battue bat son plein, impossible de ne pas évoquer Rafal Nadal. L'Espagnol a annoncé le 26 avril son retour à la compétition à Madrid, après un mois d'absence en raison d'une fracture de fatigue aux côtes survenue à Indian Wells. Vainqueur à quatre reprises de ce tournoi, dont la dernière en 2017, il y sera en recherche de sensations. 

"A Madrid, c'est chez lui, même si ce n'est pas le tournoi où il est le plus à son avantage. A Madrid, le terrain est très compact et cela dépend des conditions de jeu. Rafa aime bien souvent avoir un peu plus d'espace, c'est pour cela qu'il est aussi à l'aise à Roland-Garros", rappelle Michaël Llodra. Mais il ne faut jamais sous-estimer l'Espagnol. A 35 ans et alors qu'il n'avait pratiquement pas joué depuis six mois, Nadal avait signé un début de saison tonitruant, en s'emparant seul du record de trophées en Grand chelem en Australie en janvier 2022, avec un 21e sacre, et en remportant ses vingt premiers matchs de l'année, jusqu'à la finale d'Indian Wells.

Toutefois, sa blessure aux côtes a, malgré tout, empiété sur sa préparation sur terre. "Rafael Nadal ne va pas jouer beaucoup de matchs, et c’est extrêmement rare qu’il arrive à Roland avec si peu de rencontres. Donc, pour Roland-Garros, il y a une vraie inconnue pour lui. Malgré son début de saison incroyable, c’est un joueur qui a toujours eu besoin de beaucoup jouer. Il n’arrivera pas au top", analyse Patrick Mouratoglou. "La question est : peut-il encore gagner Roland-Garros au moins une fois ?, interroge Justine Hénin. Si physiquement il est en mesure de se préparer correctement, je pense que l'envie de revanche par rapport à la défaite en demi-finale l'an passé sera énorme", poursuit-elle. 

Lors du tournoi de Belgrade, Novak Djokovic a été malmené avant de perdre en finale contre Andrey Rublev. Ici, le Serbe le 21 avril 2022, lors de son match contre son compatriote Miomir Kecmanovic. (PEDJA MILOSAVLJEVIC / AFP)

Autre revenant, Novak Djokovic. Privé de tournoi d'Open d'Australie et de la tournée américaine à cause de son refus de se faire vacciner contre le covid-19, le Serbe n'a disputé que trois tournois, dont deux sur terre battue, en reprenant à Monte-Carlo, dans la douleur.

Battu d'entrée sur le Rocher, il s'est hissé en finale du tournoi de Belgrade avant de perdre contre le Russe Andrey Rublev (6-2, 6-7 [7], 6-0). "Djokovic est toujours là, mais il est en manque de matchs et de repères. On l'a vu à Monte-Carlo et à Belgrade. Mais avec ces champions, ça peut revenir très vite. Il va avoir besoin de matchs pour retrouver le rythme", analyse Michaël Llodra, qui ne le voit pas favori pour Madrid, qu'il a pourtant remporté trois fois.

Carlos Alcaraz et Alexander Zverev, les outsiders aux avant-postes

Si un nom met bien tout le monde d'accord chez les outsiders, c'est bien celui de Carlos Alcaraz. L'Espagnol, nouveau numéro 9 mondial à 18 ans, est l'étoile montante du tennis masculin. Après ses deux titres glanés en un mois, à Miami et à Barcelone, le jeune prodige n'est toujours pas rassasié, loin de là. Il a même l'appétit qui grandit.

Si Alcaraz a remporté son premier Masters 1000 sur dur à Miami et a raté son début de saison sur terre avec son élimination au premier tour de Monte-Carlo, il a ensuite pris ses repères sur l'ocre pour remporter le titre à Barcelone. "Il est très à l'aise sur terre et a une attitude incroyable. Il me fait penser à Nadal au même âge, avec encore plus de précocité", vante Michaël Llodra, qui le met dans le top 3 de ses favoris. "Malgré un début de saison sur terre raté, il a fait des progrès énormes, et je pense qu’il arrivera en forme à Roland", estime Patrick Mouratoglou. 

Alexander Zverev, lors du tournoi de Munich, le 27 avril 2022. (MAXPPP)

Dernier outsider, Alexander Zverev, qui a gagné en régularité et maturité ces derniers mois sur le terrain. "Il y a quelques années sur terre, et plus généralement en Grand chelem, il s'embarquait dans des rallyes avec des échanges longs à chaque fois. Maintenant, et alors que ce n'est peut-être pas forcément la surface qu'il préfère, je trouve qu'il a franchi un cap", remarque Michaël Llodra. 

Les trois semaines qui arrivent offriront de nouveaux enseignements avant d'ouvrir la quinzaine parisienne.

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