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Wimbledon 2023 : nouveau record en vue pour Novak Djokovic, Iga Swiatek loin de sa terre, shorties sombres autorisés... Ce qu'il faut savoir sur le Grand Chelem

Un an après les victoires du Serbe Novak Djokovic et de la Kazakhstanaise Elena Rybakina, le All England Club rouvre les portes de son jardin pour deux semaines, dès lundi.
Article rédigé par Gabriel Joly, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 6 min
Le Serbe Novak Djokovic lors de sa finale contre l'Australien Nick Kyrgios à Wimbledon, le 10 juillet 2022. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Moins d'un mois après la fin de Roland-Garros, tous les yeux sont désormais braqués sur le gazon de Wimbledon où les circuits ATP et WTA posent leurs valises, du lundi 3 au dimanche 16 juillet. Un an après une édition 2022 particulière, dont les Biélorusses et Russes étaient exclus, Novak Djokovic et Elena Rybakina remettent leurs titres en jeu.

Côté masculin, en l'absence de Rafael Nadal, blessé et forfait pour le reste de la saison, le Serbe est le grand favori pour obtenir une 8e couronne sur le gazon londonien, et ainsi égaler le record de Roger Federer. Chez les femmes, le tableau semble plus ouvert car si Iga Swiatek entend poursuivre sur sa lancée de la porte d'Auteuil, elle n'a jamais passé les huitièmes de finale à Londres. Comme il n'y a pas de points à défendre, les classements mondiaux pourraient d'ailleurs être bouleversés.

Biélorusses et Russes réintégrés, le statut de n°1 mondial mis en jeu

Ils sont de retour même s'ils doivent jouer sous bannière neutre. Sans Aryna Sabalenka, Daniil Medvedev, Andrey Rublev et l'ensemble des joueurs russes et biélorusses, exclus en 2022 par les organisateurs désireux d'afficher leur opposition à l'invasion de l'Ukraine, l'ATP et la WTA avaient décidé de ne pas distribuer de points lors de la précédente édition. Résultat : pas de capital à défendre cette année et uniquement du positif à tirer de la quinzaine. Avec 2 000 points promis aux lauréats, 1 200 aux finalistes ou encore 720 pour les perdants du dernier carré, les opportunités d'effectuer un bond au classement seront plus nombreuses pour les favoris vite passés à la trappe l'an passé.

La lutte pour la place de numéro 1 s'annonce ainsi serrée chez les hommes comme chez les femmes. Seulement 70 unités séparent Novak Djokovic et Carlos Alcaraz au classement ATP. Plus à l'aise sur l'herbe que la numéro 1 mondiale Iga Swiatek, Aryna Sabalenka, qui possède 874 points de retard sur la Polonaise, peut s'emparer pour la première fois de sa carrière du trône mondial à l'issue du tournoi. 

"Djoko" pour la passe de 24, Alcaraz enfin libéré

Quadruple tenant du titre, Novak Djokovic apparaît comme le favori incontesté chez les hommes, même sans avoir disputé une minute sur gazon cette saison. "On n’a pas besoin de voir jouer 'Djoko' pour savoir qu'il est le favori numéro 1", confirme Arnaud Clément, consultant pour franceinfo: sport. Recordman du nombre de Grand Chelem sur le circuit masculin, le Serbe peut désormais égaler le record absolu de l'Australienne Margaret Smith Court (24 titres). Mais pas seulement.

Au repos depuis son 23e sacre majeur sur la terre de Roland-Garros, le 11 juin dernier, le "Djoker" vise également la barre des huit victoires à Londres, record détenu par Roger Federer chez les hommes. S'il l'atteint, il se rapprocherait par la même occasion de son rêve de Grand Chelem calendaire, dont il était passé tout proche en 2021.

Sur sa route, le Serbe verra toutefois se dresser plusieurs obstacles. Parmi eux, Carlos Alcaraz apparaît le plus coriace après son premier succès en carrière sur gazon au Queen's. L'Espagnol espère une revanche face au Serbe, après sa demi-finale perdue sur le court Philippe-Chatrier à cause de crampes. "S’il rejoue Djokovic, est-ce qu’il sera capable de faire mieux et de répondre aux problématiques de Djoko sur gazon, se questionne Arnaud Clément. Il n’y en a pas beaucoup qui en sont capables, voire personne pour le moment."

Tandis que les finalistes malheureux des deux dernières éditions, l'Italien Matteo Berrettini et l'Australien Nick Kyrgios, semblent diminués physiquement, Jannik Sinner, Holger Rune ou encore Alexander Zverev, à leur avantage durant la saison sur herbe, peuvent aussi prétendre à un premier sacre en Grand Chelem. Mais pour l'heure, "au vu de l'état de forme de Novak Djokovic, c'est difficile de se projeter sur quelqu’un d’autre", soutient Arnaud Clément.

Iga Swiatek en danger

Dans le tableau féminin, Iga Swiatek semble partir avec une longueur d'avance sur la concurrence au vu de son niveau affiché début juin à Paris. Mais sur une surface qui lui convient bien moins que la terre (elle n'a jamais été plus loin qu'un 8e de finale à Wimbledon en trois participations), la Polonaise pourrait être mise en difficulté. "Elle a ce challenge d’aller remporter un tournoi majeur sur gazon, à Wimbledon, après s’être prouvée qu’elle était capable de gagner ailleurs que sur terre battue à l’US Open", explique Arnaud Di Pasquale, ancien 39e mondial. La Biélorusse Aryna Sabalenka, sacrée à Melbourne, reste en embuscade pour lui subtiliser la première place mondiale.

Prématurément sortie à Berlin, l'actuelle reine de "Wim", Elena Rybakina espère reverdir à Londres au même titre que la Tchèque Petra Kvitova, sacrée en Allemagne, et qui aura à cœur de faire oublier son élimination dès le premier tour à Roland-Garros. Maria Sakkari ou encore Coco Gauff tenteront également de tirer leur épingle du jeu. "En Grand Chelem, les toutes meilleures arrivent avec plus de certitudes sur ses tournois, mais ça reste un tableau très ouvert, analyse Arnaud Di Pasquale. Il y a vraiment des oppositions de styles très intéressantes." À noter, enfin, l'invitation réservée à l'Américaine Venus Willams, quintuple vainqueure du tournoi, du haut de ses 43 ans.

Les shorts colorés enfin autorisés

Pour la première fois, les joueuses pourront porter des shorties de couleur. Singularité propre à Wimbledon, l'obligation de jouer en blanc avait été critiquée par plusieurs tenniswomen en raison de l'inconfort provoqué en période de règles. Message reçu du côté du All England Club puisque sa direction a assoupli ses codes vestimentaires en novembre dernier.

"Nous espérons que ces ajustements aideront les joueuses à se concentrer uniquement sur leurs performances en éliminant une source potentielle d'anxiété", avait déclaré Sally Bolton, la patronne de WimbledonUne avancée importante alors que le règlement avait pourtant été durci en 2014, obligeant les participants et participantes à porter des sous-vêtements blancs.

Varvara Gracheva, une nouvelle parmi les 18 Tricolores en reconquête

Le clan tricolore aura à cœur de faire oublier son zéro pointé dès le troisième tour de Roland-Garros. Il y aura 15 joueurs dans le tableau final masculin (après l'admission de Harold Mayot et Laurent Lokoli, sortis indemnes des qualifications), et quatre joueuses dans le tournoi féminin. Sur qui miser ? Malgré un début de saison loin de répondre à ses ambitions, avec une sortie prématurée aux Internationaux de France et seulement deux finales disputées (et perdues à Lyon et Monterrey), Caroline Garcia, stoppée en 8es de finale l'an dernier, reste la meilleure chance française.

Naturalisée française depuis le 5 juin, Varvara Gracheva, deuxième Française au classement WTA (43e mondiale), disputera son premier Wimbledon sous bannière bleu-blanc-rouge. De son côté, Alizé Cornet s'est offert le scalp de Maria Sakkari à Nottingham, mais la Grecque s'est vite vengée la semaine suivante dans la capitale allemande.

Dans le tableau masculin, alors qu'il n'y avait aucun représentant au 3e tour en 2021 et seulement deux en 2022 (Ugo Humbert et Richard Gasquet), il n'y aura aucune tête de série tricolore au départ. Grâce à d'excellents tournois de préparation, Adrian Mannarino (quart de finaliste à 'S-Hertogenbosch, après avoir battu Daniil Medvedev, et au Queen's, en finale à Majorque) est désormais 35e joueur mondial. Il sera le Français le mieux placé au classement qui va paraître lundi, devant Ugo Humbert (39e à l'ATP). Ce dernier n'a gagné qu'un match lors des deux tournois sur gazon où il s'est aligné.

Enfin le jeune espoir Arthur Fils (58e mondial) disputera son premier Grand Chelem londonien à la faveur d'une wild-card.

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