US Open 2022 : éliminée en demi-finales, Caroline Garcia sans "solution", pas sans promesses

La Française n'a pas existé contre la Tunisienne Ons Jabeur, mais retient aussi ses progrès spectaculaires de ces dernières semaines.

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France Télévisions
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Caroline Garcia après sa défaite en demi-finale de l'US Open, contre la Tunisienne Ons Jabeur, le 8 septembre 2022 (KENA BETANCUR / AFP)

Son "rêve de gamine" ne sera pas pour cette fois. Caroline Garcia n'a pas vraiment été Caroline Garcia, en tout cas, pas celle de ces deux derniers mois dans la nuit de jeudi à vendredi 9 septembre en demi-finale de l'US Open. La cinquième mondiale Ons Jabeur l'a totalement faite déjouer et la Tricolore ne s'en est jamais relevée. Visiblement tendue avant même le début de match, quand elle espérait encore pouvoir tutoyer ce rêve au micro de la chaîne américaine ESPN, la joueuse de 28 ans n'a pas pu trouver les ressources mentales cette fois pour réaliser un nouvel exploit.

D'entrée, la francilienne a été prise à la gorge par son adversaire, concédant son service dès le premier jeu. "Ça s'est mal goupillé, le début du match n'a pas été en ma faveur, a analysé Garcia en conférence de presse. Un ou deux points où je n'y suis pas allée franchement, comme encore pas mal de points par la suite." Garcia, si conquérante depuis le cœur de l'été et ses titres à Varsovie et Cincinnati, s'est faite couper les ailes.

Cadenassée dans le jeu et crispée sur le terrain

Elle n'a jamais pu écourter l'échange et faire parler sa puissance, trop perturbée par la qualité de retour de Jabeur et la large palette de la Tunisienne. Comme si elle avait disputé sa demi-finale sans jamais pouvoir réellement la jouer. "Oui, il y a eu de la frustration. J'étais menée 6-1, 4-1, je n'arrivais pas à trouver la solution. Elle me coupait le jeu, elle lisait bien mon jeu et du coup je m'engageais dans des échanges plus longs… Mais je n'arrivais pas à frapper comme je voulais, à me libérer sur mes jambes et c'est plus ça qui me frustrait."

Ce n'était donc pas la "vraie" Caroline Garcia qui s'est présentée sur le Court Arthur Ashe. Et si son tennis n'a pas fonctionné – aucune balle de break obtenue, 48% seulement de points gagnés derrière sa première balle contre plus de 75 depuis le début du tournoi – c'est aussi parce que la tête n'a pas totalement suivi. Caro la conquérante a été rattrapée par l'enjeu, comme la débutante en demi-finales de Grand Chelem qu'elle était. "Forcément j'étais tendue ! Majoritairement, mes difficultés ce soir, c'est mental. Mais quand il y a beaucoup d'enchaînements, le stress prend beaucoup d'énergie aussi et, on ne va pas se mentir, au 14e match d'affilée, il y a forcément un peu de fatigue physique."

C'est en jouant comme ça que je kiffe ma passion.

Caroline Garcia

en conférence de presse après sa défaite en demi-finale de l'US Open

La déception est légitime. Mais Caroline Garcia retient tout autant – et à juste titre – son éclatant retour parmi les joueuses qui comptent, celles que le reste du circuit craint d'affronter. Ce qu'elle n'était plus ces dernières années, entre blessures et doutes. Ses prises de risque, "un jeu de plus en plus clair dans ma tête, qui est efficace quand j'arrive à laisser passer mon bras" décrit-elle, paient désormais. Et lui redonnent un cap à suivre pour la suite.

"Il y a quelques mois, j'aurais aimé être là où je suis aujourd'hui, assure la joueuse aux dix titres sur le circuit WTA. Forcément, il y a beaucoup de déception, de la frustration un petit peu, mais aujourd'hui j'y suis quand même allée, j'ai produit mon jeu même si c'était horrible de se prendre des passings gagnants. Mais il y a quelques années, je n'aurais pas eu cette attitude là. Mon jeu, je l'assume : quand ça marche un peu moins bien, c'est un peu moins joli à regarder, mais quand ça marche, on en a entendu de bonnes choses."

Avec son jeu retrouvé, elle figurera dans le Top 10 du classement mondial, une première depuis octobre 2018. Et Caroline Garcia peut désormais espérer figurer au Masters de fin de saison, réservé aux huit meilleures joueuses de l'année. De quoi prendre date pour la suite. "À charge de revanche" lance-t-elle-même à l'idée de recroiser un jour sa bête noire Ons Jabeur.

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