US Open 2021 : Emma Raducanu, d'"intruse du lot" à "superstar en devenir"

Emma Raducanu, 18 ans, est la plus jeune lauréate d'un tournoi du Grand Chelem depuis Maria Sharapova à Wimbledon en 2004. 

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France Télévisions
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Emma Raducanu s'est imposée en finale de l'US Open 2021 face à Leylah Fernandez (6-4, 6-3). (ELSA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

À Wimbledon, étouffée par la pression, elle avait abandonné en huitièmes de finale. Deux mois plus tard, Emma Raducanu,150e au classement WTA, devient la première joueuse de l'histoire issue des qualifications à décrocher un Grand Chelem en remportant l'US Open. À 18 ans, elle s'impose comme le nouveau visage radieux du tennis féminin.

Pour sa première participation à un Majeur, sur ses terres, à Wimbledon, Emma Raducanu avait été subitement prise de vertiges et en proie à des problèmes respiratoires, face à l'Australienne Ajla Tomljanovic. Celle qui était alors la 338e mondiale avait expliqué après son malaise "avoir sans doute mal géré le stress en jouant devant une foule si nombreuse".

Au commentaire pour ESPN, l'ancien champion John McEnroe avait estimé, avant même ses explications, que Raducanu avait "un petit peu trop" de poids sur les épaules, "l'invitant à apprendre" de ce moment. Il était loin d'imaginer la suite.

La première Britannique à remporter un tournoi du Grand Chelem depuis 1977

Force est de constater que huit semaines plus tard, Emma Raducanu, devenue la plus jeune lauréate en Majeur depuis la Russe Maria Sharapova, à Wimbledon en 2004 (17 ans), a vite appris à maîtriser ses émotions. Cela s'est vu de façon éclatante en finale contre l'autre "teenager" Leylah Fernandez, 19 ans, qui a aussi fait sensation durant la quinzaine. Comme lors de ses neuf précédents matchs, elle s'est imposée en deux sets (6-4, 6-3), devenant de surcroît la première Britannique lauréate d'un Majeur depuis Virginia Wade en 1977 à Wimbledon. Un exploit qui lui a valu les félicitations de la Reine Elizabeth II : "C'est une réussite remarquable à un si jeune âge, qui témoigne de votre travail acharné et de votre dévouement".

Nul ne sait comment la jeune femme va pouvoir gérer cette nouvelle exposition médiatique. Mais Raducanu, qui s'affiche dans la dernière édition britannique du magazine Vogue, est déjà "bankable" puisqu'elle a signé des partenariats avec les équipementiers Nike et Wilson, mais aussi le joailler Tiffany & Co. Enfant, Emma était pourtant "timide" et se sentait un peu "l'intruse du lot", a-t-elle confié au magazine.

Née à Toronto, d'un père roumain, Ian, et d'une mère chinoise, Renee, elle avait deux ans quand ils ont déménagé en Angleterre pour poursuivre leur carrière dans la finance. À Bromley, ville du grand Londres où David Bowie, qui chanta les mérites d'une autre "China Girl", a également grandi, Raducanu est du genre intrépide, alternant ballet, équitation et même karting. "J'étais la seule fille de mon groupe à en faire et du motocross aussi, je trouvais ça plutôt cool. Une fois, mon prof de motocross m'a dit 'bon, on va faire des pompes'. J'étais la seule à pouvoir les faire, j'étais fière de moi".

Un talent inné façonné par des années de travail

C'est pourtant au tennis qu'on lui prête un avenir glorieux, alors qu'elle a à peine cinq ans. "Emma tenait les échanges avec les entraîneurs. Nous n'arrivions pas à y croire. Je me souviens avoir pensé que nous la verrions un jour à Wimbledon", a raconté au Times sa professeure d'alors, Rebecca Rodger. L'histoire lui a donné raison.

Le talent ne faisant pas tout, Raducanu expliquait cette semaine à Flushing Meadows que sa mère lui a "inculqué dès (son) plus jeune âge le travail et la discipline". Elle dit aussi s'être inspirée de Li Na, l'ancienne joueuse chinoise lauréate de Roland-Garros en 2011, "rien que par sa façon d'avoir été une compétitrice acharnée"Sans savoir encore qu'elle atteindrait les sommets quelques jours plus tard, elle déclarait : "Mes parents ont de grandes attentes me concernant. J'ai toujours essayé d'être à la hauteur".

L'ancienne championne Martina Navratilova, elle, l'avait déjà annoncé durant le tournoi : "C'est une superstar en devenir. On ne veut pas trop lui mettre la pression, mais elle a ce truc qu'on a vu la première fois avec (Rafael) Nadal, (Novak) Djokovic et qu'on voit pour (l'Espagnol de 18 ans) Carlos Alcaraz. C'est là sous nos yeux. Elle est née pour ça".

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