Open d'Australie : les quatre questions que l'on se pose après la suspension de l'expulsion de Novak Djokovic

La justice australienne a suspendu l'expulsion de Djokovic vendredi, après l'annulation de son visa quelques heures plus tôt par le ministre de l'Immigration. 

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Le Serbe Novak Djokovic lors d'une séance d'entraînement, le 14 janvier 2022, deux jours avant le début de l'Open d'Australie à Melbourne.  (MARTIN KEEP / AFP)

Nouveaux rebondissements dans l'affaire Novak Djokovic. Quatre jours après la décision d'un juge du tribunal fédéral de Melbourne, cassant l'annulation du visa de Novak Djokovic, les autorités australiennes ont contre-attaqué. Le ministre de l'Immigration Alex Hawke a de nouveau annulé le visa du Serbe, entré en Australie sans avoir été vacciné contre le Covid-19.

Cette décision a été prise "sur des bases sanitaires et d'ordre public", a précisé le ministre dans un communiqué, vendredi 14 janvier. Le gouvernement australien "est fermement engagé à protéger les frontières australiennes, tout particulièrement dans le contexte de la pandémie de Covid-19", a-t-il ajouté. Une position que le Premier ministre australien a justifié à son tour dans un communiqué : "Les Australiens ont fait de nombreux sacrifices pendant cette pandémie, et souhaitent à juste titre que le résultat de ces sacrifices soit protégé."

Mais dans la foulée, une audience d'urgence s'est tenue, présidée par le juge Anthony Kelly, comme lundi, et les avocats des deux parties. Au terme de celle-ci, le juge a accepté de suspendre l'expulsion de Djokovic le temps d'examiner l'appel du Serbe et de ses avocats, mais s'est ensuite dessaisi au profit de la justice fédérale australienne. Franceinfo: sport fait le point sur les questions encore en suspens. 

Annulation du visa puis suspension, où en est la procédure ? 

Quelques heures après avoir appris l'annulation de son visa, Djokovic et ses avocats ont déposé une nouvelle injonction contre cette décision. Dans la foulée, le juge Anthony Kelly, qui avait bloqué l'expulsion du Serbe lundi, a convoqué une audience d'urgence. Après une heure d'échanges entre le juge, les avocats du numéro 1 mondial et le représentant du gouvernement, l'expulsion de Djokovic a été suspendue, le temps d'examiner son recours

À la fin de l'audience, qui a été interrompue plusieurs fois, le juge Kelly a signifié aux avocats de Djokovic qu'ils devaient déposer au plus vite une demande formelle contre l'annulation du visa. Une deuxième audience se tiendra dimanche, devant la Cour fédérale australienne. Le juge de l'État australien de Victoria a en effet annoncé, se dessaisir de l'affaire, ce qui pourrait retarder son dénouement. Le calendrier s'annonce serré alors que Djokovic doit faire son entrée en lice à l’Open d’Australie lundi 17 janvier face à son compatriote Miomir Kecmanović. 

Retournera-t-il en centre de rétention ? 

Logiquement, après la nouvelle annulation de son visa, le Serbe aurait dû retourner dans un centre de rétention. Si dans un premier temps, Novak Djokovic n'a pas été placé en rétention comme l'avaient confirmé ses avocats lors de l'audience d'urgence, la donne a changé ensuite.

L'avocat du gouvernement, Me Stephen Lloyd, a indiqué que le gouvernement souhaitait que le Serbe ne puisse sortir de rétention que pour assister, dans les bureaux de ses avocats et sous la surveillance d'agents de la police aux frontières, aux audiences en ligne de la justice. Il sera alors placé en rétention après un interrogatoire devant les services d'immigration, samedi matin, à 8h (heure locale). Cela signifierait donc que le n°1 mondial ne pourra plus s'entraîner tant que son cas ne sera pas réglé. 

Devra-t-il renoncer à l'Open d'Australie ? 

Tout dépendra de la décision définitive autour de la question de son visa. Dans l'état actuel des choses, sa participation au premier Grand Chelem de la saison est très compromise. "Chaque minute est précieuse", ont expliqué les avocats de Djokovic lors de l'audience vendredi soir. Le calendrier s'annonce serré alors que le numéro 1 mondial doit faire son entrée en lice à l’Open d’Australie lundi 17 janvier face à son compatriote Miomir Kecmanovic

Si son annulation de visa devient définitive, le Serbe devra ainsi tirer un trait sur ses chances à briguer un 21e titre du Grand Chelem, sur les terres qui l'ont vu victorieux à neuf reprises, dont les trois dernières éditions. 

Sera-t-il interdit de territoire pour trois ans ? 

C'est une autre épée de damoclès qui pèse sur la tête du joueur de 34 ans. Si le visa du Serbe est annulé définitivement, sans autre recours possible, le Serbe pourrait, dans la foulée, être interdit d'entrée sur le territoire australien pendant trois ans, pour entrée illégale dans le pays. Cette décision prend effet dès l'application de la section 133C(3) de la loi sur les migrations, loi qu'a utilisée le ministre de l'Immigration Alex Hawke pour annuler une deuxième fois le visa de Djokovic. 

"À la suite d'une décision défavorable en vertu de la section 133C(3), la personne concernée ne pourra pas se voir accorder un visa (alors qu'elle se trouve à l'étranger) pendant une période de trois ans", indique le site du gouvernementAlex Hawke pourrait cependant lui épargner cette sanction en vertus de "certaines circonstances" qui "les intérêts de l'Australie ou des circonstances humanitaires ou impérieuses affectant les intérêts d'un citoyen australien, d'un résident permanent ou d'un citoyen néo-zélandais éligible".

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