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"Je fais partie du patrimoine", estime Yannick Noah, dernier tennisman français vainqueur de Roland-Garros en simple, il y a 40 ans

Le tennisman français s'est confié sur la trace laissée par son succès, samedi, à l'occasion d'un tournoi en forme d'hommage à Taden, en Bretagne.
Article rédigé par Emmanuel Rupied, franceinfo: sport - De notre envoyé spécial à Taden
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Yannick Noah à Taden, en Bretagne, le 29 avril 2023. (LAURENT RIVIER / MAXPPP)

Il n'est décidément jamais là où on le pense. Yannick Noah va fêter dans quelques semaines les quarante ans de sa victoire à Roland-Garros et c'est à Taden, dans une petite ville bretonne d'à peine 2 300 âmes, près de Dinan, que l'ancien champion de tennis a posé ses raquettes, samedi 29 avril, pour fêter cet anniversaire si particulier aux côtés de ses potes Cédric Pioline et Mickaël Llodra. 

Un lever de rideau avant un hommage en grande pompe Porte d'Auteuil dans un peu plus d'un mois. Strappé au genou droit, le désormais chanteur à succès de 62 ans n'a pas perdu la main ni son sens du show pendant près d'une heure. Franceinfo: sport est allé à sa rencontre.

Franceinfo: sport : 40 ans après votre victoire à Roland-Garros, vous fêtez cet anniversaire, ici à Taden. Pourquoi ce lieu ?

Yannick Noah : Ici, on fête les histoires des anciens combattants. J'étais déjà invité il y a deux ans pour fêter les 30 ans de la victoire en Coupe Davis, mais je n'avais pas pu être là. C'est un bel événement, un beau tournoi. Là, on fête les 40 ans, il était temps, il faut faire vite. Ça fait plaisir de retrouver les potes ici. C'est l'occasion pour moi de voir si je peux encore taper les balles. J'ai l'impression d'être un peu chez moi, il y a des Yannick partout (rires).

Yannick Noah à Taden, en Bretagne, le samedi 30 avril 2022. (Emmanuel Rupied)

Quarante ans, c'est un anniversaire particulier ?

Ça fait quelques semaines qu'on me le rappelle. Mon âge (62 ans), on évite, mais cet événement a tellement compté pour moi et pour les amateurs de tennis... À l'époque, ça avait résonné. Je croise encore des gens qui me le rappellent et ça me surprend toujours. Pour certains, cela dure quelques secondes, mais ça représente beaucoup. Fêter cette victoire à Roland-Garros, c'est chouette. 

Quels souvenirs gardez-vous de ce succès ?

Quelques années après, les souvenirs étaient très présents. Avec le temps, ce sont des images qui restent. On a tous pris un coup de vieux ! (Il réfléchit) Il reste l'émotion. C'est très chic d'avoir l'un des plus beaux moments de ta vie en film. C'est très difficile de réécrire l'histoire, mais c'était le rêve de ma jeunesse. Il a motivé mon adolescence, c'était un objectif impossible. En tant que cadet, le rêve, c'était déjà de jouer à Roland-Garros, mais alors de gagner le tournoi… J'ai de la gratitude d'avoir atteint ce graal.

On joue pour les autres. On crée des émotions pour soi, mais aussi pour ceux qui nous regardent. Je vis de ça.

Yannick Noah

à franceinfo: sport

Comment vivez-vous le fait d'avoir autant marqué les gens ?

Je le vis bien. Les témoignages que je reçois sont toujours très bienveillants. Il y avait des gens au stade, d'autres à la télé, c'est un moment marqué d'émotion. J'ai été touché moi-même en tant que fan de sport par l'épopée de Saint-Etienne en 1976, des Bleus en 1998. Je fais partie du patrimoine. Quand j'ai commencé à jouer, ce n'était pas forcément pour ça. Et tu crées des liens avec des gens que tu ne connais pas. C'est encore plus joli, je trouve.

Avez-vous retrouvé les même émotions sur scène ?

J'ai eu beaucoup de chance de vivre d'un métier que j'adorais, et de vivre une deuxième vie à travers la musique. Aujourd'hui, je monte encore sur scène parce que j'ai envie de partager. Je vis pour ces émotions-là. Le sport, ça a été une façon d'exister à travers ma passion. De là à en faire mon métier, ce n'était pas évident. Quand j'ai commencé la musique, j'ai mis la même énergie et j'ai connu le succès mais c'est presque accessoire. Car j'aime le jeu, le tennis, me retrouver avec les potes.

Comment expliquez-vous que vous n'ayez pas encore de successeur en Grand Chelem chez les hommes ?

Il y a des joueurs qui ne sont pas passés loin. Guy Forget, Henri Leconte qui a fait une finale (Roland-Garros), Cédric Pioline qui en a fait deux (Wimbledon et US Open). Je ne pensais pas que 40 ans après, ça serait toujours le cas. 

Suivez-vous toujours le tennis ?

Je regarde de moins en moins. Je suivais quand j'étais capitaine. Quand il y a un joueur français qui assure, je commence à vibrer, mais le tennis aujourd'hui pour moi est surtout social et associatif.

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