Roland-Garros 2021 : Ashleigh Barty, la nouvelle tête de gondole du circuit féminin ?

L'Australienne Ashleigh Barty, qualifiée pour le deuxième tour, a tout pour s’installer durablement sur le trône du tennis féminin.

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France Télévisions
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Ashleigh Barty lors de son quart de finale du tournoi WTA 1000 de Rome face à Cori Gauff le 14 mai 2021. (ETTORE FERRARI / ANSA via MAXPPP)

La succession de Serena Williams au sommet du circuit féminin est toujours ouverte. Numéro 1 mondiale depuis septembre 2019, l'Australienne Ashleigh Barty (25 ans) a toutes les armes pour étendre son règne. La lauréate 2019 de Roland-Garros s'est qualifiée, mardi 1er juin, pour le deuxième tour du tournoi parisien. 

Circuit de tennis féminin professionnel cherche patronne pour CDD longue durée. Happée peu à peu par les ombres grandissantes de la retraite, Serena Williams a depuis longtemps déserté la course aux tournois et la chasse aux points. Seul le record de Margaret Court, et ses 24 titres du Grand Chelem, fait encore courir l’Américaine de 39 ans, bloquée à une unité depuis presque quatre ans et demi.

Ce job de n°1 mondiale, Angelique Kerber, Simona Halep puis Naomi Osaka n’ont fait que l’occuper par intérim. Un statut encore trop difficile à assumer sur un circuit où la densité des très bonnes joueuses balaye de nombreuses certitudes. Depuis le 9 septembre 2020, Ashleigh Barty l’occupe à plein temps, soit 89 semaines passées consécutivement au sommet de la pyramide. Le classement WTA n’a pourtant rien d’une obsession pour l’Australienne. "Ce n'est pas un objectif pour moi", a-t-elle confirmé en conférence de presse à Paris vendredi.

Mise sur orbite au cours de la dernière saison pleine du tennis pro, l’Australienne a « profité » du gel des points pour rester chez elle pendant une grande partie de la pandémie. "L'année que nous avons eue en 2019 était incroyable. Je n'ai pas l'impression de devoir prouver quoi que ce soit à qui que ce soit, avait répondu à ce sujet Barty après son titre à Miami. Chacun a le droit d'avoir sa propre opinion. C'est tout à fait normal. Je ne peux pas contrôler ce que les autres pensent ou ce que les autres disent. Je pense mériter d'être en tête du classement", avait-t-elle insisté.

Elle impose sa pause

Une mise en retrait volontaire sur son île-continent dont elle a le secret. Avant d’éclater dans le tennis, et malgré un titre junior à Wimbledon en 2011 à seulement 15 ans, Barty avait rangé ses raquettes plus de deux ans, entre 2014 et 2016, pour se lancer dans une carrière de joueuse de cricket de haut niveau. Revenue à ses premières amours, elle avait avoué ne pas regretter cette "période incroyable" en conférence de presse, après son titre à Roland-Garros 2019.

"C’était la meilleure décision de partir, et encore une meilleure décision de revenir au tennis. J’avais besoin d’un peu de recul pour vivre une vie normale, car le tennis ne permet pas une vie normale, et de temps pour mûrir."

Ashleigh Barty

au sujet de sa "pause"

Continuer à grandir et se construire auprès des siens est une clé de ses succès ultérieurs. C’était déjà une immense preuve de maturité que de différer son entrée sur le circuit principal pour se donner plus de chances de performer encore plus fort quelques années après.

Quand la pandémie de Covid-19 est arrivée, Barty a utilisé la même ficelle. Au moment de la reprise, en août dernier, elle a été l’une des seules joueuses à faire le choix de rester à la maison pour éviter tout risque de contamination. Un choix payant. À son retour sur le circuit en janvier dernier, Barty avait encore franchi un cap. Et depuis qu’elle a quitté l’Australie en mars, elle charge ses bagages de semaine en semaine.

Depuis son titre à Melbourne (WTA 500) avant l'Open d’Australie (défaite en quarts de finale), elle s’est imposée à Miami (WTA 1000) et à Stuttgart (WTA 500) avant de perdre en finale à Madrid (WTA 1000). La Barty 2.0 compte déjà 27 victoires pour 5 défaites et 3 titres.

À la force du slice

Née pour dominer les surfaces rapides, Ashleigh Barty a fait de la terre battue un de ses plus beaux lieux d’expression. Son jeu, tout en variation et en subtilité, s’adapte parfaitement aux nœuds au cerveau que procure l’ocre tapis. Si l’Australienne qualifie sa relation "d'ambivalente" avec cette surface, son seul titre du Grand Chelem a été conquis à Roland-Garros, en 2019.

L’"amour-haine" a cédé sa place à un joli flirt. Sur la terre battue européenne, la N.1 mondiale a étiré à seize sa série de succès d’affilée, avant une défaite en finale contre Aryna Sabalenka. Son arme favorite ? Le slice de revers. Ce coup un peu désuet que le tennis des temps modernes, hormis Roger Federer, avait fini par délaisser sous l’artillerie lourde d’athlètes bodybuildés.

Barty est "la preuve vivante que la variété et la finesse ont une place dans le tennis moderne, aux côtés de la puissance", avait ainsi commenté élogieusement Chris Evert, 18 titres du Grand Chelem au compteur. "Elle a un super slice, je me souviens qu'à Melbourne (quand elles se sont entraînées ensemble), c'était difficile de rester bas sur les jambes pour renvoyer ses slices", a reconnu Iga Swiatek, la tenante du titre à Paris, battue par Barty à Madrid. Je pense que ça gêne la plupart des filles.

Si ce coup est sa marque de fabrique (il suffit de taper « slice Barty » dans un moteur de recherche pour s’en rendre compte), l’Australienne dispose avant tout d’une grande boîte à outils. Pour peu que son bras droit, trop douloureux à Rome, la laisse tranquille, Barty semble prête à poser ses valises un long moment au sommet du tennis mondial.

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