Grand témoin : Élisabeth Revol, la miraculée des cimes

Il y a un an, la Française Élisabeth Revol a failli mourir lors de l'ascension du Nanga Parbat, dans la chaîne de l'Himalaya, au Pakistan. Son compagnon de cordée, en revanche, n'a pas pu être sauvé. Il lui a fallu vivre avec la culpabilité.

FRANCE 3

Elle a fait d'une montagne son obsession : le Nanga Parbat, dans l'Himalaya, surnommé la "montagne tueuse". Elle y a frôlé la mort et perdu son compagnon d'ascension en 2018. À quatre reprises, elle tente la montée avec le Polonais Tomasz Mackiewicz, sans oxygène, sans sherpa en en hiver. Il fait -40°C à -50°C. Enfin, à la nuit tombante, ils réussissent l'ascension. Elle ne le sait pas encore, mais son compagnon a un œdème cérébral. À 8 125 m d'altitude, les lieux sont inaccessibles en hélicoptère. La seule option est de redescendre le plus vite possible jusqu'à l'épuisement.  

"Le début de deuil, ça commence par la colère" 

À bout de forces, Tomasz Mackiewicz ne se relèvera jamais. "Il me dit : 'Je suis fatigué, je veux me reposer'. Ce sont ses derniers mots", confie-t-elle aux caméras de France 3. Élisabeth Revol, quant à elle, sera évacuée plus de 48 heures après par d'autres alpinistes, atteinte de graves gelures. À son retour, elle critique les secours pakistanais, trop lents, selon elle. "Le début de deuil, ça commence par la colère. C'est une réaction humaine que je n'ai pas pu contrôler, que je regrette, forcément", explique-t-elle. Après des mois de silence et de guérison, elle a écrit un livre, Vivre, une introspection sur sa pratique de l'alpinisme. En mai 2019, elle a grimpé l'Everest. Elle n'exclut pas de défier à nouveau le Nanga Parbat.

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L\'alpiniste française Elisabeth Revol, s\'exprime le 7 février 2018 à Chamonix, apès avoir été secourue.
L'alpiniste française Elisabeth Revol, s'exprime le 7 février 2018 à Chamonix, apès avoir été secourue. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)