ENTRETIEN. Surf : "Ce titre de champion d'Europe me donne beaucoup de confiance pour attaquer le circuit mondial", se réjouit Maxime Huscenot

Sacré champion d'Europe WSL, le Réunionnais de 29 ans est qualifié pour les Challenger Series et vise l'élite du surf mondial.

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Maxime Huscenot sur les Qualifying Series de la WSL, le 16 janvier 2018 à Netanya. (JACK GUEZ / AFP)

Dans les vagues de Santa Cruz, au Portugal, les meilleurs surfeurs européens enchaînent les manœuvres aériennes dans les rouleaux. Dernière étape des Qualifying Series Europe, les riders s'y disputent, jusqu'au 16 avril, les derniers tickets pour le circuit mondial. Loin de cette effervescence, Maxime Huscenot a le sourire, assuré, avant cette dernière étape du circuit, de décrocher le titre de champion d'Europe avec ses deux victoires cette saison. Mais le Réunionnais vise plus loin.

Dans son viseur, le Championship Tour, un championnat d'élite façon panthéon du surf, où évoluent Kelly Slaters, John John Florence, Gabriel Medina ou encore Italo Ferreira. Mais pour décrocher sa place, le champion du monde junior (2010) doit d'abord briller sur le circuit mondial. 

Franceinfo:sport : Que représente ce titre de champion d’Europe WSL pour vous ?

Maxime Huscenot : C’est un super accomplissement pour moi dans le sens où il y avait tous les meilleurs surfeurs d’Europe. Je suis très content de finir premier vu le niveau actuel sur le circuit. C’est à la fois une satisfaction de décrocher le titre mais aussi une confirmation. J’ai été champion d’Europe à 16 ans, chez les moins de 21 ans, puis j’ai été champion du monde junior à 17 ans. Mais chez les grands, même si je fais partie depuis six ans du top 5 européen, je n'avais pas encore décroché de titre. Il y avait 6 compétitions prévues sur le tour européen cette année : le Maroc a été annulé en février avec le covid et il n'y avait pas de vagues lors de l'étape d'Anglet. Sur les 4 étapes qu'il restait, j'en ai gagné deux et fait une cinquième place. Il reste Santa Cruz au Portugal mais je suis d'ores et déjà assuré du titre de champion d'Europe. C’est une super saison !

Quel a été le déclic pour vous imposer cette saison ?

Ce n'est pas vraiment un déclic, mais disons que, avant le covid, le circuit était un peu différent : on avait des compétitions partout dans le monde et, pour être champion d’Europe, seuls les points des épreuves européennes comptaient. Je faisais entre 15 et 20 compétitions par an un peu partout, concentré sur le classement mondial, et je ne pouvais pas toujours revenir en Europe. Ça me coûtait cher et ce n'était pas toujours facile à gérer. Avec le covid, comme on ne pouvait plus voyager, la World Surf League a fait évoluer le circuit. La première étape des Qualifying Series (QS) est donc désormais régionalisée : en Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Afrique, Japon, Hawaii/Tahiti et Australasie. On est obligés de faire les compétitions dans notre région pour ensuite faire le circuit international. Ce titre est une concrétisation de mon niveau actuel. Ça me donne beaucoup de confiance pour attaquer le circuit mondial.

L'étape suivante est donc d'être performant sur le circuit mondial des Challenger Series...

Les Challenger Series c’est le circuit mondial, la marche encore au-dessus. Ça commence le 7 mai en Australie et il y aura 8 épreuves au total où mes 4 meilleurs scores seront pris en compte pour le classement finalLes 10 meilleurs surfeurs européens y sont qualifiés, tout comme les 10 meilleurs surfeurs des 6 autres régions. Si on termine dans les 10 premiers du classement à la fin de l’année, on rentre sur le Championship Tour où il y a les meilleurs du monde : Gabriel Medina, Kelly Slater, John John Florence. Mon objectif c’est d’être dans ces 10 meilleurs là.

Fonctionnement des circuits de la World Surf League depuis la refonte de 2020. (Louise Le Borgne)

Vous avez bénéficié de deux invitations sur des étapes du Championship Tour, le championnat réservé à la crème du surf mondial. Qu'est-ce qui change ?

C’est un peu la Champions League ! C’est vraiment le top niveau mondial du surf. Il n'y a pas mieux ! J'ai eu le privilège de surfer avec Kelly Slater ou encore Mick Fanning qui sont des champions énormes. Ça a été deux superbes expériences dans une atmosphère particulière. Et maintenant, j’aimerais moi aussi en être pour, peut-être un jour, devenir champion du monde de surf. C’est ça mon objectif aujourd’hui.

La qualification pour le Championship Tour est jouable cette année ?

J’ai toujours réussi à performer sur des Challenger Series auparavant mais il me manquait de la régularité. J’avais un ou deux très gros résultats, pas cinq. Cette année, en Europe, j’ai réussi à être performant sur toutes les compétitions. Ce titre de champion d'Europe, ça montre que j’ai réussi à devenir un peu plus régulier. Maintenant je veux montrer que je peux aussi le faire sur les Challenger Series pour avoir ma place dans l'élite du surf.

Et dans un coin de la tête, il y a Paris 2024 ?

Bien sûr ! Depuis qu’il y a eu le surf aux Jeux olympiques, ça a apporté une autre dimension à notre sport. Avant on n'était concentrés que sur notre tour. C’est d’ailleurs, aujourd’hui encore, le seul qui nous permet de vivre de notre passion. Mais les Jeux olympiques ont développé beaucoup de choses aussi, par rapport aux médias, à l’attention donnée au surf, au développement de la discipline dans beaucoup de pays où il n'y avait pas forcément de surfeurs. C'est génial que notre sport puisse grandir et bénéficier de cette exposition. Ce serait un rêve pour moi de représenter la France en 2024 aux JO, à Tahiti.

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