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Ski alpin : les favoris, les Français à suivre et le calendrier... Ce qu'il faut savoir avant la reprise de la Coupe du monde

Le cirque blanc retrouve les pistes pour une nouvelle saison indécise, qui débutera à Sölden (Autriche) par le géant hommes, dimanche, après l'annulation de celui des femmes samedi.

Article rédigé par franceinfo: sport, Loris Belin
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Marco Odermatt, Tessa Worley, Alexis Pinturault, Mikaela Shiffrin : quatre des principaux acteurs à suivre lors de la Coupe du monde de ski alpin 2022-2023, qui débute le 22 octobre à Sölden. (AFP)

Les températures sont encore printanières, mais il est déjà temps de replonger dans la poudreuse. La Coupe du monde de ski alpin 2022-2023 débute ce week-end à Sölden, en Autriche, avec le géant hommes, dimanche 23 octobre, après l'annulation du géant dames samedi. Après un drôle de millésime, entrecoupé par les Jeux olympiques d'hiver, la saison devrait offrir une nouvelle lutte féroce pour les globes en fin de saison. 

Shiffrin, Vlhova... Qui sont les favorites chez les dames ?

La bataille s'annonce très serrée. Mikaela Shiffrin a retrouvé des sensations la saison passée, décrochant le quatrième gros globe de cristal de sa carrière, après des mois d'errance et des Jeux olympiques catastrophiques (9e en super-G et 18e en descente sur les deux courses qu'elle a terminées). Mais l'Américaine avait dû patienter jusqu'aux finales de Courchevel-Méribel pour repousser la Slovaque Petra Vlhova. Les deux skieuses sont de nouveau les principales prétendantes cette saison. Mikaela Shiffrin tentera par ailleurs de remporter un petit globe de spécialité, ce qu'elle n'était pas parvenue à faire en 2021-2022. 

Petra Vlhova et Mikaela Shiffrin dans l'aire d'arrivée après le slalom géant de Sölden (Autriche), le 23 octobre 2021. (JOE KLAMAR / AFP)

Aux côtés de ce duo de choc, deux délégations font figure d'arbitres désignées. Les Italiennes Sofia Goggia (six victoires la saison dernière, comme Petra Vlhova, dont quatre en descente) et Federica Brignone (troisième du classement général il y a quelques mois) sont de sérieuses outsiders. Quant aux Suissesses Lara Gut-Behrami, Michelle Gisin ou Corinne Suter, il s'agira de confirmer leur razzia de Pékin, où elles avaient décroché l'or respectivement en super-G, combiné et descente.

Odermatt, Kilde... Qui sont les favoris chez les hommes ?

Chez les hommes, la question est plutôt de savoir qui va bien pouvoir concurrencer le nouveau roi du circuit, Marco Odermatt. Le Suisse, vainqueur du gros globe du classement général la saison passée pour la première fois de sa carrière, a le profil idéal pour prendre la suite de l'Autrichien Marcel Hirscher comme glouton de la Coupe du monde. D'une régularité et d'une complémentarité rare sur les courses de vitesse (descente et super-G), comme en slalom géant, le skieur de 25 ans peut briller sur presque tous les terrains et ainsi engranger les points.

Leader incontesté du classement général de la Coupe du monde, le Suisse Marco Odermatt est l'homme fort de cette saison 2021-2022. (TIZIANA FABI / AFP)

Ce dont peuvent difficilement se targuer ses principaux rivaux pour le général. Les Norvégiens Aleksander Aamodt Kilde et Henrik Kristoffersen, deuxième et troisième en 2022, s'illustrent, l'un principalement en descente et Super-G, l'autre entre les piquets du slalom. Même constat pour les Autrichiens Matthias Mayer (champion olympique du super-G) et Vincent Kriechmayr, ou le Suisse Beat Feuz (en or à Pékin sur la descente), très sérieux prétendants quand il faut faire parler leur vitesse, mais absents sur les disciplines techniques.

Pinturault, Noël, Worley... Qui seront les Français à suivre ?

Une présentation des favoris sans Alexis Pinturault ? Non, nous ne sommes pas devenus fous. C'est l'intéressé lui-même qui l'assure, il ne fera pas du classement général son objectif cette saison. Après s'être longuement interrogé sur son envie ou non de poursuivre sa carrière, le vainqueur du gros globe 2021 s'est fixé les Mondiaux comme principale échéance. Le contingent tricolore aura de toute façon bien d'autres arguments aux podiums. Clément Noël, seul Français vainqueur la saison dernière, voudra confirmer son rang de champion olympique de slalom.

Autre médaillé à Pékin, Mathieu Faivre (en bronze sur le slalom géant) semble revenu proche de son meilleur niveau après un début d'hiver 2021-2022 poussif. Johan Clarey - deuxième de la descente olympique - cherchera pour sa part des derniers frissons, pour son ultime saison, à bientôt 42 ans. Son compère de vitesse, Blaise Giezendanner visera, lui, un nouveau podium en Coupe du monde après sa troisième place à Kitzbühel (Autriche) le 21 janvier dernier.

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L'autre tête d'affiche du ski français, Tessa Worley, est toujours au rendez-vous. Lauréate du globe du géant pour la deuxième fois, la skieuse de 33 ans aura fort à faire face à Mikaela Shiffrin ou la Suédoise Sara Hector. Tessa Worley n'est plus un étendard un peu esseulé du ski féminin tricolore. Romane Miradoli, belle surprise de la saison passée avec son premier succès en Coupe du monde en super-G, doit désormais confirmer et s'installer avec régularité parmi les cadors mondiales.

Premières épreuves transfrontalières, Mondiaux en France... Quelles particularités en 2022-2023 ?

Cette saison 2022 marque le premier "retour à la normale" après deux saisons largement perturbées par le Covid-19. Les hommes auront ainsi le droit à une deuxième tournée outre-Atlantique en fin de saison à Tahoe City et Aspen (Etats-Unis) entre le 25 février et le 12 mars 2023. Le calendrier se garnit par ailleurs de cinq épreuves supplémentaires par rapport à 2021-2022 chez les hommes, et quatre pour les dames. Egalement à noter, l'organisation d'épreuves sur les stations de Zermatt, en Suisse, et de Cervinia, en Italie, pour les premières épreuves transfrontalières de l'histoire, sur un glacier à 3 700 mètres d'altitude.

Ce genre de nouveautés et cet agenda 2022-2023 n'a d'ailleurs pas fait que des heureux. Chez les messieurs, l'équilibre entre les épreuves de vitesse et de technique fait pencher la balance largement vers la descente avec 14 épreuves cette saison, quatre de plus que pour le slalom et le géant, le double des super-G. Ce déséquilibre avait notamment été pointé du doigt par Alexis Pinturault, le poussant à écarter le classement général.

Alexis Pinturault pourra toutefois plus que se consoler avec le grand rendez-vous de la saison, les championnats du monde à Courchevel et Méribel. "Pintu" y évoluera à domicile, du 6 au 19 février prochain. Sur les pistes qui ont accueilli les finales de la Coupe du monde en mars dernier, les Tricolores voudront faire mieux que lors des derniers Mondiaux à domicile, à Val d'Isère en 2009, quand ils avaient terminé en argent à trois reprises sans décrocher de titre.

Enfin, la saison se terminera du côté de Soldeu, en Andorre, avec les traditionnelles finales qui se dérouleront du 15 au 19 mars 2023.

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